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Rennes le château, une affaire paradoxale

 
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Dernière mise à jour
le 30 janvier 2010



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LA NOTICE DELMAS

 

La notice DELMAS est un manuscrit rédigé par René DESCADEILLAS à l'attention de Germain BLANC-DELMAS, fils du maire de Rennes le château.

Ce document, rarement exploité est pourtant passionnant. Outre qu'il est de la plume d'un des premiers chercheurs de Rennes, grand contradicteur de Gérard de SEDE, il est aussi plus ancien que tous les livres sur le sujet.

On y retrouve les grands traits de l'histoire, avec l'appréciation toute personnelle de l'auteur, tirés d'une étude systématique de la documentation de l'époque qui semble avoir été alors plus accessible (par exemple, il a consulté le registre des délibérations du conseil municipal postérieur à 1883 qui ont disparus depuis).

Il semble aussi avoir eu pas mal d'info sur la vie scandaleuse d'Alfred SAUNIERE (une de mes passions personnelle au sein de l'affaire), mais malheureusement, il ne les développe pas.

Pour certains, ce document en recoupe d'autres... En vérité il est plus ancien et les amateurs sauront exploiter certains détails qui le rendent extrêmement riche et intéressant.

Les renvois sont des commentaires personnels.

Les abréviations que DESCADEILLAS utilisent sont :

CM : Conseil municipal
BS : Bérenger SAUNIERE
MD : Marie DENARNAUD
CF : Crédit Foncier

 

 

Notice donnée par Mr. DESCADEILLAS au fils du Maire de Rennes le Château - Mr. DELMAS -


 

Notice sur Rennes et sur l'Abbé Béranger Saunière

 

 

        Par ses vestiges d'anciennes fortifications on devine aisément qu'en raison de sa situation élevée et des obstacles naturels qui en rendent l'approche et l'accès difficile de Rennes le Château a toujours joué dans le passé un rôle militaire évident.

 

        On présume la découverte de squelettes entassés en divers lieux (près du village, ROC DE BATAILLE (1)) que Rennes a toujours été habité - même avant que les Romains ne viennent en Gaule.

 

         En 1709, Rennes occupait environ 200 habitants et ce jusqu'en 1850 environ où par phénomène de surpeuplement de la zone pré-pyrénéenne ou au 19e siècle elle arrivait à ce moment là au chiffre record de 450 habitants.

 

        Depuis cette époque le phénomène inverse de dépeuplement de notre région montagnarde a ramené ce chiffre à 100 habitants. Il est pénible de constater que dans moins d'un quart de siècle Rennes sera à peu près déserte. Quelques gros propriétaires auront la main mise sur l'ancienne citadelle qui ne pourra plus se targuer d'une puissance autrefois redoutée et qui sera ainsi tombée au plus bas de son histoire.

 

        Heureusement qu'involontairement l'abbé Béranger Saunière, ancien curé de Rennes, par son secret perpétuera à jamais cette fièvre qui ramène vers nous à chaque belle saison ces touristes ingrats et aussi ces "marchands de trésor" destructeurs inassouvis de cette ancienne puissance militaire qui mérite bien qu'elle trouve ses défenseurs pour la protéger d'un véritable raz de marée de phobie de destruction systématiquement. Cette "fièvre de l'or" permettra de soutenir dans les rues et sentiers de Rennes ce courant de curieux  d'un monde devenue soudainement amorphe et plat, mais ce courant ne vaut-il pas mieux qu'un abandon systématique?

 

        Quand le 1er juin 1885 le curé Béranger Saunière fut nommé à la succursale de Rennes, le village comptait 300 habitants.

 

        Alors âgé de 33 ans ce prêtre venait d'un petit village du Pays de Sault - Le CLAT, proche de l'ARIÈGE. Il était né à MONTAZELS, commune jointe à COUIZA, dans la vallée de l 'Aude, à 5 Km de Rennes, le11 avril 1852. C'était un jeune curé de campagne, de haute taille, fortement charpenté: un paysan. On le tenait pour intelligent en 1885. Avant les élections - il déclame du haut de sa chaire; "Il faut voter et bien voter. Les femmes doivent éclairer les élections pour les déterminer à nommer des défenseurs de la religion que le 18 octobre devienne pour nous une journée de délivrance ..."

 

         Ces propos, on s'en doute, ne plurent point à tout le monde, et ils firent rapporter au préfet qui saisit le ministre.

 

        L'Évêque questionné sur la véracité, ayant répondu par des aveux et se refusant à déplacer le prêtre - le préfet conclu à une suspension de traitement à la date du 1er avril 1886.

 

        Béranger Saunière montrant par la suite une tenue concrète, le traitement lui fut rendu au bout de quelques mois.

 

        A son arrivée Béranger Saunière, trouva l'église dans le plus triste état : intérieur en parti ruiné, extérieur dégradé : le clocher menaçant ruine, voûte fissurée, vitraux brisés étant remplacés par des panneaux en bois. Il pleuvait sur le maître autel. Renouvelant les démarches de ses prédécesseurs, Saunière tenta d'obtenir une aide de la municipalité pour réparer le monument.

 

        C'est en 1888 que commencent les réparations. On remarque à ce moment dans les délibérations du conseil de fabrique (archive de l'AUDE, V 88) que le curé Saunière avance à la caisse une somme de 518 F (2).

       Le prêtre avait donc de l'argent et personnellement. Or on ne lui avait jamais connu de ressources particulières et il reste douteux que le montant des économies qu'il avait pu réaliser à Rennes sur son traitement et casuel atteignait en deux ans et demi plus de 500 F, somme élevée  à cette époque. Or cette libéralité n'est que la première et la moins importante de toutes celles par lesquelles l'abbé Saunière va se singulariser.

 

        L'église de Rennes, de construction très ancienne si on en croit l'architecte diocésain Le CALS, de CARCASSONNE (archives Aude, série O-RENNES) possédait un autel primitif, fait d'une dalle de pierre soutenue en avant par deux piliers carrés dont l'un partait des sculptures archaïques. Il parait - plusieurs témoins existent encore, et ils sont formels - qu'on dis - scellant l'entablement, on découvrait une cavité emplie de fougères sèches, au milieu de laquelle on distinguait 2 ou 3 rouleaux en bois et quelques bijoux d'aspects inusités; il s'agissait de parchemins dont le curé se saisit. Il déclara - c'est un témoin qui parle - qu'il allait les traduire s'il pouvait.

 

        Le maire informé du fait, demanda la traduction au curé; celui-ci lui confia après une traduction écrite de sa main. Le texte traduit rapportait, parait-il, à la construction de l'église et de l'outil. On ne sait pas ce qu'est devenue ce document (3).

 

        Le curé aurait descellé également les dalles qui pavaient l'église et fouillé le sol. Il aurait ainsi mis à jour une dalle sculptée où on voit deux cavaliers montant le même cheval. (musée lapidaire de la cité de CARCASSONNE).

 

        Une soeur de lait de la bonne du curé, qui vit encore, ne dissimule pas qu'en réparant l'église, le curé aurait trouvé une OULE remplie de pièces d'or (4). Ici il faut se transporter 100 ans plutôt (septembre 1792) époque à laquelle les évènements contraignent le prédécesseurs de B. S. l'abbé Antoine BIGOU de passer la frontière des Pyrénées. C'était un vieillard de 70 ans qui ne pouvait évidemment pas transporter dans sa fuite un magot de cette importance (si toute fois il en avait un).

 

        Une enquête sur Rennes au 18e siècle permet de soutenir cette hypothèse.

 

        Quoiqu'il en soit, à partir de ce moment (la période de 1888 à 1890) le curé va consentir des dépenses et de libéralités surprenantes.

 

        Je les résume rapidement :

  1. 21/06/1891 : à l'occasion de la 1ère communion le curé fait installer une statue de la vierge, qu'il appelle notre dame de Lourdes et qui a pour socle un des deux piliers qui soutenait jadis le maître autel. Un emplacement triangulaire est consacré exclusivement à celle-ci.

  2. 15/02/1891 : Il saisit le conseil municipal d'une autorisation d'utilisation du terrain devant l'église, de clôturer ce terrain à ses frais, d'y élever des monuments religieux. Le C. M. cède le terrain qui reste toutefois la propriété exclusive de la commune qui demande au curé entre autre que toutes les portes qui fermeront les différentes entrées de cette place seront pourvues de clés dont une sera déposée chez le maire. Tout à été fait régulièrement .

        Mais l'abbé outrepasse ses droits car il fait élevée dans cet espace dans un angle joignant le cimetière un petit édifice, ce qui lui était interdit explicitement.

 

        L'abbé avait installé dans la maisonnette son cabinet de travail et sa bibliothèque.

 

        L'édicule était surélevé par rapport au niveau du jardin, et selon la coutume dans ce pays - dépourvu d'eau, on avait creusé le sol au dessous - de la construction pour pratiquer une vaste cavité : c'était une citerne.

 

   3.   14/07/1895 : Un incendie ravage 2 ou 3 bâtiments près de l'église. Le feu menaçant de prendre tout un quartier tous les gens de Rennes mettent à la disposition des pompiers venus de COUIZA (?) toutes les citernes en leur possession. Seul B. S. s'oppose et ferme toutes les serrures. Il fallut entrer de force. Le 15/07 l'abbé dépose à la gendarmerie de COUIZA une plainte pour violation de domicile. Le 20/07 le C. M. prend une nouvelle délibération; il ordonne au curé de réintégrer le presbytère et d'installer ailleurs son cabinet de travail et sa bibliothèque. Le local resterait fermé seulement au loquet ... quand aux issues elles ne seraient dorénavant  plus fermées à clés - mêmes pendant la nuit.

 

        Le curé s'inclina et réintégra le presbytère - il reprocha au C. M. son éviction (ne voulait-il pas payer les impôts de cet emplacement mais la commune s'y opposa craignant qu'ainsi il deviendrait par la suite propriétaire de ce morceau de terre et de ce "square" - comme l'appelait B. S).

 

       A noter que B. S. lui-même transporta depuis les grottes de "LIBALS" les concrétions calcaires qui ornaient d'une "façon merveilleuse" (Thème d'une délibération du C. M. au cours de l'exercice 1907). Le jardin d'agrément pour lequel la commune payait les impôts à ce titre. Le transport de ces concrétions par B. S. à dos depuis le "LIBALS" montre tout de même l'extraordinaire foi qu'avait cet homme pour la reconstruction de Rennes ou du moins de ces édifices religieux et dépendances.

 

        Cette foi se transforma peu à peu.

 

    4.  14/03/1895 : Pétitions des gens de Rennes contre le curé qui remue le cimetière comme un vulgaire jardin déplaçant croix, pierres tombales, couronnes, etc....  Là aussi le préfet doit intervenir et le C. M. enjoint au curé B. S. de cesser ses agissements dans le cimetière.

 

        Mais qu'y faisait-il ?

 

    5.  9 et 10/11/1897 : L'abbé B. S. subvient aux frais de restaurations du cimetière. (mur de clôture : ce mur était tombé et les troupeaux passaient dans le cimetière).

 

    6.  Fin avril 1897 : L'église de Rennes a été entièrement réparée (voûte repeinte entre 1er/11/1896 et avril 1897) En même temps il réparait le presbytère dans lequel il habitait avec sa "bonne" Marie DENARNAUD. L'abbé B. S. payait toujours en un désir de possession d'abord indécis et imprécis mais il connaît déjà devant ce formidable envol de constructions d'un goût bizarre qui clôturait le nord du plateau de Rennes et qui démontre bien que B. S. voulait rester maître chez lui, après Dieu peut-être comme il le dira un jour, mais avant l'église du moment, ce qu'il dira d'ailleurs aussi à ses supérieurs.

 

        Il est certain que la commune empêcha B. S. de tourner les choses comme il désirait et qu'il en fut certainement fort vexé.

 

        Qui poussait cet homme au quai vers d'aussi étranges dessins ? C'était un homme juste dit l'histoire mais étrangement positif. Un véritable manieur de situations contradictoires. Un homme inspiré par quelque chose qui échappe à tout le monde, mais une inspiration très puissante vraiment qui le guida dans une oeuvre extraordinaire de fécondité, hardiesse et de paradoxes - je ne pense pas et ne crois pas que cette inspiration fut occulte mais bel et bien entretenue par un courant très fort qui ne peut être que l'argent que cet homme, on peut le supposer, obtint à l'aide de son frère ALFRED, de personnages hauts placés. Il s'aida de forces occultes, certes son frère Alfred grand voyageur l'appuya aussi devant faire passer son frère François Béranger Saunière pour un homme empreint de grande force mystique ce qui est le nerf de cette affaire, mais un nerf qui montera bientôt peu à peu pour arriver à fleur de peau. Nous y reviendrons plus loin.

 

    7.  Courant 1900 : Il acquiert des terrains non bâtis au sud de l'église et du presbytère et en bordure du plateau. Il achète également quelques vieilles granges dans la périphérie et à l'intérieur de ce périmètre dans le but bien évident d'avoir un grand espace où il est le seul maître et où il pourra donner libre cours à ses "talents d'architecte".

 

        Il convient de préciser qu'il n'acquit point ces terrains à son nom mais au nom de diverses personnes de leurs relations et notamment de Marie DENARNAUD, originaire de COUIZA et de 20 ans plus jeune que lui.

 

    8.  Courant 1901 : Constructions en pierres de taille, d'un goût discutable, de "la VILLA BETHANIA", de style Renaissance. En face de "la villa" de l'autre côté de la rue il fit dessiner un jardin, édifier des serres et des remises.

 

    9.  1902 à 1907 : Il entreprend les grands travaux. En bordure du plateau rocheux jusqu'à la limite du cimetière et de l'église, plateau parsemé d'excroissances rocheuses, et qui supportait les anciennes fortifications il entreprit de remblayer tout ce terrain. Pour cela faire, il fit transporter des tonnes et de terres meuble qu'il tassa et qui rendit aussi une large langue de terre sur laquelle il refit l'ancien mur d'enceinte du village minant l'angle arrondi du plateau mur d'une grande épaisseur, creux et contenant de grandes citernes. A chaque extrémité, une tour; une modeste ne dépassant pas le niveau de rempart et surmonté d'une verrière en forme de belvédère; l'autre à deux étages au dessus du rempart, munie de créneaux et d'une échauguette (tour de veille). Le tout avec un double escalier d'accès. Et surtout l'espace ainsi délimité et clôturé du côté sud par une grille en fer il fit dessiner des jardins. Il installa son cabinet de travail et sa bibliothèque dans la tour à étage, dite tour MAGDALA, qui dominait le pays et devint bientôt célèbre.

 

    10. 1908 : Ces constructions finies il fallait aménager. Entre autre un négociant en meubles de Carcassonne lui livra quatre bibliothèques d'angle en chêne au prix de 10.000 F qu'il disposa dans la tour MAGDALA et dans lesquelles il enferma tous ses livres.

 

        Ici intervint un fait curieux aux milieu de si luxueuses richesses courant 1907 (24/03) il loue à la commune pour 20 F par an et pour 5 ans le presbytère dans lequel il continuera à habiter, ainsi la "villa BETHANIA" demeura inhabitée, n'est-ce pas là un paradoxe, un de ces innombrables paradoxes !! ... (5).

 

    11. 1er février 1909 : L'abbé B. S. démissionne de la succursale de Rennes. Coup de tonnerre dans un ciel trop clair à partir de ce moment là il dira ses messes dans l'autel qu'il a fait installer dans une dépendance de la villa Béthania.

 

        Ainsi est passé une première fois son mépris de l'ordre ecclésiastique car sa démission sans motif apparent est anormale ou plutôt semble. Mais B. S. était fin renard ! avec le recul du temps on s'aperçoit en effet tout tant que Mgr. FÉLIX-ARSÈNE BILLARD est à la tête du diocèse, nul ne demanda d'exploitations à l'abbé B. S.. Mais celui-ci fut remplacé par Mgr. de BEAUSEJOUR avec qui il en fut autrement. L'abbé prévoyant, plutôt que d'affronter son supérieur préféra démissionner croyant ainsi qu'il éviterait de donner des explications. L'histoire nous dira qu'il recula pour mieux sauter.

 

        Revenons quand même à l'apogée de B. S. et de M. D. c'est l'époque heureuse. La grande vie chez lui on tenait table ouverte et postérieurement à 1900, il n'était plus de semaine où il ne reçut pas fastueusement ou faisait état de ses relations avec EMMA CALVET de l'Opéra, originaire de l'AVEYRON, avec DUJARDIN-BEAUMETZ député aux Beaux Arts, conseiller général de LIMOUX, avec de chefs locaux ou régionaux des partis industriels, avec des négociants etc... Saunière n'avait pas de préjugés sociaux. Il traitait également bien les ouvriers qui venaient à Rennes travailler pour son compte : ceux-ci déjeunaient chez lui copieusement à leur arrivée le matin et à midi. Certains de ses confrères avaient pris l'habitude de venir souvent le voir et même de séjourner chez lui. M. D. était paraît-il, une incomparable cuisinière, on trouvait aussi une cave remarquable, comme dans toute la contrée.

 

        Tous les crus les meilleurs étaient chez lui et au cours des ans de sa belle vie les années fameuses pour les crus étaient aussitôt achetés. On consommait chez lui beaucoup de Rhum.

 

        En résumé cher B. S. on mangeait bien et on buvait sec.

 

        Une anecdote en passant : Mgr. BILLARD son supérieur indulgent des belles années avait du fréquenter cette bonne table car en 1899 le curé B. S. avait proposer pour un avancement (le personnat). En ce temps là l'église n'était pas séparée de l'État et le fonctionnaire délégué par le préfet pour enquête répondit à celui-ci : "Mr l'abbé B. S. est dans une situation de fortune aisé. Il n'a pas de charge de famille (?). Sa conduite est bonne. IL professe des opinions antigouvernementales."

 

        Attitude : réactionnaire militant. 

 

        Avis : défavorable. (Archives de l'Aude.)

 

        L'abbé B.S. ne fut pas nommé, mais il n'est pas certain qu'il ait désiré quitter Rennes (!!!). D'ailleurs en 1899 son comportement au point de vue politique dément les relations qu'il aura 5 ou 6 ans plus tard avec des hommes de gauche ( il est alors question de la séparation de l'église et de l'État (!!!)). Cela est encore une anomalie de B. S. Et ce n'est pas la dernière!

 

        Encore une anecdote sur B. S. qui montre vraiment le savoir faire du curé qui était vraiment un monstre d'habilité.

 

        On avait remarqué que le prêtre s'absentait fréquemment et pendant plusieurs jours sans autorisation de l'ordinaire. Voilà le stratagème qu'il invente pour éluder la difficulté.

 

        Il supportait avant de partir la qualité des personnes qui pourraient lui écrire et il préparait d'avance les réponses. Il y en avait pour l'évêque, pour le chancelier de l'évêché le grand vicaire, des curés , bref le gratin ecclésiastique. La bonne M. D. bien entendu était le lien indispensable. Les réponses invariablement disait..."Pris par un occupation urgente, permettez moi de remettre à quelques jours ma réponse...".

 

        Invariablement quand le curé prenait le chemin de fer, en gare de Couiza, il prenait la même direction : PERPIGNAN. Il est permis de penser que, dans cette ville toute proche et hors du diocèse, il avait des intérêts. Quoique nous parlons d'intérêts notons en passant qu'à certaines périodes le curé de Rennes recevait chaque jour pour une grande quantité de mandats; jusqu'à 100 à 150 par jour, partant sur de petite sommes allant de 5 à 40 F ces mandats lui étaient payé à Rennes. Beaucoup d'autres lui étaient adressés par poste restante à COUIZA où il allait les monnayer. Ces mandats étaient d'origines diverses. Beaucoup d'entre eux venaient de France; mais beaucoup aussi du Bhénanie, de Suisse, d'Italie du nord. Certain comme en fait foi un fragment du registre émanaient de communautés religieuses. Ces mandats présentaient des intentions de messes.

 

        L'abbé B. S. trafiquait de la messe.

 

        Ici nous rejoignons le raisonnement que nous avons plus haut au sujet d'ALFRED SAUNIERE qui a été certainement celui qui a aidé le mieux son frère pour arriver à faire son trafic de messe.

 

        Je disais également plus haut que devant Mgr. de BEAUSEJOUR, B. S. avait reculé pour mieux sauter. En effet voilà ce qui arriva.

 

        L'évêché reçut des lettres de personnes privées qui demandaient si on pouvait avoir confiance dans l'abbé B. S. et lui confier des intentions de messes. Le fait n'était pas nouveau et déjà sans l'autorité de Mgr. Billard on avait défendu au curé de Rennes de quémander des intentions de messes hors du diocèse. Or des demandes de renseignements arrivaient encore, alors que, d'autre part les constructions au curé de Rennes et sa vie fastueuse , en tous cas très au-dessus de ses moyes réguliers provoquaient dans le clergé et jusqu'au chef lui même des commentaires.

 

        Mgr. de BEAUSEJOUR demanda donc à B. S. une justification de ses ressources. Une discussion s'ensuivit à sens unique. Mgr. en conclut que B. S. ne voulait pas parler, aussi le nomma-t-il à une nouvelles cure dans les CORBIÈRES. B. S. visita la cure, parut accepter et tout d'un coup écrit à son évêque une lettre où il disait en substance "...notre religion nous commande de considérer avant tout nos intérêts spirituels et si ceux-ci sont assurément là-haut, elle ne nous ordonne pas de négliger nos intérêts matériels, qui sont ici-bas. Et les miens sont à Rennes et non ailleurs. Je vous le déclare Mgr. avec toute la fermeté d'un fils respectueux : Mgr. je ne m'en irais jamais..."

 

        L'affaire rebondissait. Il désobéissait à l'Église en termes surprenants qui tendent à bouleverser nos idées reçues sur la discipline ecclésiastique Mgr. de BEAUSEJOUR réagit vivement et ne voulait pas laisser bafouer son autorité et piétiner de principes sacro-saints traduisit le 27/05/1910. B. S. devant l'officialité du diocèse est cité à comparaître le 16/07/1910. Il ne se présente pas. Convoqué le 23/07 par citation péremptoire, il ne comparaît pas d'avantage. B. S. laissait alors, pour ce qu'on appelle plus communément aujourd'hui vice de forme, remettre son "procès". Le 23/08 il désigne son avocat (Me MIS du barreau de LIMOUX), puis le docteur chanoine HUGUET curé de ESPIENS au diocèse d'AGENT. On pense qu'il a alors dressé enfin son plan de défense. Le 15/10 débat contradictoire, sur renvoi; B. S. qui ne s'est pas rendu à la citation, est représenté par le chanoine HUGUET. Le 05/11 la sentence exige que B. S. se rende dans une maison de retraite pendant 10 jours et s'y livre à des exercices spirituels, qu'il rende compte à son évêque dans les délais d'un mois et qu'il lui fournisse communication des sommes exacte qu'il a indiqué dans sa défense.

 

        Le 30/12 constatant que B. S. ne sait pas plié aux exigences, l'official le cite à comparaître devant l'évêque le 09/01/1911 avec ses comptes. B. S. joue alors la carte de ROME où il écrit pour se faire réintégrer dans la cure de Rennes. Il sollicite des délais puis affirme que son état de santé très sérieux ne lui permet pas de supporter quelques émotions que ce soit. Il lui est répondu qu'il expédie les comptes demandés par la poste puisqu'il ne peut lui-même se présenter (6).

 

        Il semble alors, voyant que tout est contre lui qu'il veuille enfin comparaître devant l'officialité. Mais il est trop tard.

 

        Le 05/12/1911 la sentence par défaut est rendue : il est reconnu coupable de dilapidation et de détournements de fonds dont il était dépositaire et condamné à une suspense a divinis de 3 mois et en tout cas jusqu'à ce qu'il ait opéré la restitution des sommes détournées, le tout par contumace et sans appel. La semaine religieuse et le journal l'Éclair de MONTPELLIER publient à cette date un communiqué informant les fidèles que B. S. n'a plus le droit de dire la messe à partir du 05/12/1911. En un mot il est privé de ses fonctions sacerdotales. C'est là le tournant de la vie de B. S.

 

        Voyons maintenant ce que B. S. avait préparé pour sa défense.

 

        a) A la demande des frais engagés par lui à Rennes il donna la liste suivante :

 

1 Achat de terrain  1 550 F
2 Restauration église 16 200 F
3 Calvaire 11 200 F
4 Villa Béthania 90 000 F
5 Terrasses-jardins 19 000 F
6 Tour Magdala 40 000 F
7 Aménagement du tout  5 000 F
8 Ameublement  10 000 F

TOTAL 

193 950 F

       

         b) Aux questions posés par l'official il se proposait de répondre ceci : 

 

        Sur l'explication à fournir pour savoir d'où venaient ces revenus énormes pour cette époque là : 

 

        1°) Il y a 20 ans, j'ai pris chez moi une famille composée du père, de la mère et de 2 enfants. Nos revenus étaient mis en commun. La famille appartenait à l'industrie des chapeaux, et gagnait pour le père et la mère chacun 300 Fr. par mois. Nous avons ainsi économisé 5 200 Fr.

 

        2°) Un tronc était destiné aux visiteurs qui me rémunéraient par un pourboire de mes explications sur Rennes. Ces visiteurs venaient de Rennes les Bains et étaient très nombreux et généreux.

 

        3°) Je faisais des loteries.

 

        4°) Mon frère étant prédicateur avait de nombreuses relations. Il servait d'intermédiaire pour m'envoyer de généreux et nombreux clients.

 

        5°) J'ai fait faire 31 vues de Rennes. On se les arrachait et les vendait par lot de 31 au prix de 3Fr10. Je pouvais tout juste soutenir la demande.

 

        6°) Ma collection de vieux timbres se chiffre par 100 000. Elle est complète, et pour la vente je me conforme aux prix adopté. Les amateurs très heureux de se fournir ne marchandent jamais.

 

        7°) J'ai fait des fouilles dans le pays et j'ai récupéré des faïences, des vieux meubles et des étoffes que j'ai revendus.

 

        8°) Les copies, je les fait faire par de jeunes gens pour le compte de journaux et des prospectus. Ils sont satisfaits du prix que je leur offre et j'ai encore un avantage sur eux.

 

        9°) A mon actif j'ai à mettre encore des transports gratuits et pourquoi pas mon travail personnel ? N'était-ce pas là une économie réelle pour moi. Qu'on eu juge défenses fragiles ? En tout cas bien discrètes sur certains points (7).

 

        Qu'advient-il maintenant au curé de Rennes ?

 

Dès novembre 1911, étant interdit et appréhendant une diminution de ses revenus, il ne dissimule pas ses inquiétudes dans ses lettres au chanoine HUGUET (son avocat), ou à ses amis. Il envisage alors de vendre ce qu'il possède à Rennes et de se retirer dans une retraite plus modeste et de moindre frais. Il a chargé le chanoine HUGUET de rechercher justement ce pied à terre et celui-ci lui écrit : "Dans mon endroit natal, à 1 Km. de la gare, je connais un établissement valant d'après le public 60 000 Fr. mais que son propriétaire, un chanteur ayant mal tourné laisserait à 12 000 Fr. Vous tirerez la révérence à Carcassonne et je vous patronnerait près de mon évêque et vous vivriez tranquille dans cette situation splendide. Vendez et nous verrons.."

 

        Le 27/11 B. S. s'adresse à la banque PETITJEAN (siège à Paris) qui envoie un de ses préposés Mr. de BEAUVIERE en poste à Agen. L'affaire échoua car B. S., on le devine, avait demandé au fondé de pouvoir de traiter la vente de ses biens pour son compte, sans y mêler la banque, en promettant une commission substantielle. Me de BEAUVIERE était prudent. L'affaire en resta là.

 

        En octobre 1912, comprenant qu'on ne lui achèterait pas Rennes, B. S. chercha un autre moyen de se procurer de l'argent. Il s'adresse à son ancien avocat le chanoine Huguet, et lui demande quelle marche suivre pour recevoir du crédit foncier un prêt avantageux. Le C. F. fait son enquête, estime l'immeuble, établit sa valeur vénale et son délégué fit un rapport. Entre temps le chanoine Huguet écrit à B. S. une lettre dans laquelle il lui disait en substance "Je comprends, votre désir, de vous soustraire aux soucis pécuniers qui résultent de votre situation ..." Puis plus tard ..."Dieu veuille que vous ayez réussi ..." Après la visite du délégué du crédit foncier.

 

        Le 31/01/1913 HUGUET écrit à B. S. : "j'ai trouvé votre lettre une telle impression de découragement que j'étais désireux de remonter un peu votre aspect. Je devine la déception que vous avez du éprouver en apprenant que le crédit foncier ne vous accordait qu'une si petite somme en retour des garanties que vous lui offrirez .....il faut espérer que vous aurez la bonne fortune de trouver quelques acheteurs qui se coiffera de votre immeuble et que le prix de vente vous dédommagera des sommes considérables dépensées à votre villa ...".

 

        Nous savons maintenant que B.S. ne vendit jamais ses bâtisses et qu'il resta là gêné, peut-être besogneux, désormais sans moyen de se procurer de l'argent. Il avait même des dettes.

 

        Au temps de la prospérité quand il commandait une marchandise, il versait un acompte et signait des traites pour le solde. Mais aucune de ses traites ne dépassait 500 Fr. Encore avait-il soin de les échelonner afin de reporter les échéances proportionnellement à ses rentrés de fonds. Ce fait nous porte à croire que le trafic des messes produisait un revenu régulier et que l'abbé savait parfaitement jusqu'à quel point il pouvait s'engager. Quand il fut interdit des traites restaient en circulation. Celles par exemple de la bibliothèque, due à Mr NOUBEL de Carcassonne, et qui ne furent jamais finies de régler. A ce train là, le 02/08/1917 à la déclaration de guerre, l'aura du curé de Rennes étaient franchement mauvaise. Le docteur ESPEZEL de Couiza, proclamait dans les rues et ailleurs, urbi et orbi , que B. S. était un espion à la solde de l'Allemagne. Ici commence la période encore controversée de l'"espionnite" qui sévissait en France. Ne disait-on pas que les terrasses construites par B. S. étaient destinées à recevoir des pièces d'artillerie !

 

Absurdité de la gent populaire d'Alors.

 

Mais ce qui est certain c'est qu'il y a l'histoire de l'étranger et qu'on dit qu'il a été un aristocrate austro-hongrois, sujet de François Joseph.

 

        Il est certain que B. S. avec l'aide de son frère Alfred recevait des dons et tous n'étaient pas à titre charitable. Il devait rendre service à une ou des personnes qui mêlées dans leur pays à des actes répréhensibles, plus vraisemblablement des intrigues étaient découvertes, de devoir s'expatrier. Il est fort plausible que cet étranger ou ce dignitaire ait imaginé par l'intermédiaire d'Alfred de se faire construire loin de chez eux, dans un pays perdu, une retraite solitaire, ignorée et proche d'une frontière. A cela, le curé de Rennes avait grand avantage : il employait de l'argent à réparer son église, refaire son cimetière, vers 1900 ? 1908 ? peut-on penser l'"arrosage" était terminé.

 

        Une circonstance accidentelle, le décès du principal intéressé par exemple a rendu toute liberté au curé de Rennes le délivrant à jamais de ses obligations. Ne parait-il pas naturel qu'il ait alors profité personnellement de tout ce qu'il avait primitivement entrepris pour le compte d'un autre ? et qu'il ait donné libre cours à ses fantaisies d'architecte ?

 

        En tout cas, une fois l'arrosage terminé, il fallait tout de même créer une autre source de revenus. C'est pour cela qu'il avait créer patiemment avec l'aide de son frère, tout un trafic de messes destiné à lui assurer avec le temps une aisance suffisante.

 

        Revenons à B. S. à l'époque de son procès où nous l'avons laissé. A ce moment là il écrivait : 

 

        " Monseigneur veut absolument la source, l'origine de tout cet argent qui m'a servi à ces constructions. Il tient absolument à connaître le nom des personnes qui me l'ont donné, les sommes qu'elles m'ont données et confiées et la fin pour laquelle, dans l'intention de ces personnes, cet argent m'a été donné. Il veut en un mot que je lui présente un livre de comptes de mes travaux avec le détail des recettes et des dépenses. Or ce livre qu'il réclame n'existe pas (8). Il ne reste que quelques reçus et quittances insignifiants et dans la supposition que ce livre existerait, je ne me croirais point obligé en conscience entre ses mains. Il ne saurait non plus m'obliger à divulguer les noms de mes donateurs et donatrices, car les faire connaître au jour sans y être autorisés serait m'exposer à porter le trouble dans certaines familles ou ménages dont les membres m'ont donné les uns en cachette de leurs mains, les autres de leurs enfants ou de leurs héritiers ...".

 

        Je suis persuadé que B. S. n'a pas menti et que seuls les dons qu'il  a reçus lui ont permis de mener à bien tant d'entreprises.

 

        De son vivant, B. S. laissait dire évidemment qu'il avait trouvé un trésor. De tout temps, il y a eu dans le pays de Rennes les Bains et le Château une histoire tenace de trésor. Déjà LABOUISSE ROCHEFORT en 1803 mettait en exergue cette histoire, cela faisait l'affaire de B. S. car derrière ce paravent, ne pouvait-il pas en toute tranquillité continuer ses agissements ?

 

        Il fit ce qu'il put pour entretenir la légende et la fortifier. Il s'agissait d'or gardé par le diable. Et bien il fit sculpter le diable, gueule ouverte, ailes déployées aux yeux brillants, qu'il installa à l'entrée de son église pour soutenir un bénitier du 13e siècle. Il inspirait ainsi une crainte superstitieuse qui entretenait ainsi ce souffle de sorcellerie, dans ce pays réputé depuis 1700 et même avant pour s'en donner à la sorcellerie, à la magie. Il est certain qu'à notre époque, cette histoire de diable n'aurait attisé rien du tout mais pour les anciens de ce pays la manoeuvre était habile - habile comme B. S. 

 

        Je ne crois pas que B. S. ait été ainsi noir qu'on le dit ou qu'on le laisse entendre, je le répète encore une fois, B. S. avec l'aide de son frère se faisait passer pour un mystique puissant.

 

        Il en retira le fruit des messes noires (9).

 

        Son frère, encore grand voyageur, lui fit connaître de nombreuses personnes.

 

        Il en retira le fruit de généreux dons, dont un du donateur intéressé assurément à vivre retiré dans un coin perdu du monde, loin des intrigues qu'il avaient nouées et qui se sont certainement retournées contre lui. C'était le plus important qui avait permis de financer toutes ces constructions.

 

        Le fruit des messes noires fut recueilli par Monseigneur de BEAUSEJOUR qui s'intéressa de trop près à celles-ci. Le fruit des généreux (ou du généreux) donateurs fut recueilli lors de la disgrâce qui l'interdisait et par la mort certainement prématurée de ce prince austro-hongrois. 

 

        La cueillette était terminée. Il ne restait plus que l'arbre mais il était vieux et il mourut. Parce que trop bien soigné et surtout arrosé, avec cet arbre mort s'éteignit cette histoire de rêves. B. S. vieillissait dans son domaine, entouré des soins de sa servante M. D. encore jeune et coquette. Un après-midi de janvier 1917 dans son cabinet de travail de la tour Magdala il fut frappé d'une attaque. Aussitôt informé son confrère de la cure d'Espéraza, un vieillard qui n'entretenait  avec B. S. que des rapports assez froids monta jusqu'à Rennes porter au malheureux les derniers sacrements. Il trouva B. S. abattu mais lucide et en état de parler. Il reçut sa confession quelques heures après, B. S. trépassa (le 22/01/1917).

 

        Le curé d'Espéraza fut le seul à connaître (?) le secret. Jamais un mot n'est sorti de sa bouche qui put mettre des tiers sur la voie de la vérité. Mais nous tenons ce détail d'un prêtre.

 

        les auxiliaires et amis du curé d'Espéraza qu'à partir de ce jour-là, ce vieux curé ne fut plus le même homme (10).

 

        Longtemps Marie vécut au presbytère puis à la ville Béthanie, 3 mois après la mort du curé. Elle avait renouvelé à son nom le bail passé jadis entre B. S. et la commune (11).

 

        D'après le testament elle était substitué au curé de Rennes dans tous les biens de celui-ci.

 

        - meubles et immeubles, B. S. avait dit : "Je veux absolument soustraire ma légataire universelle à tout inventaire" (1912).

 

        Marie continuait à payer les intérêts de la somme prêté par le C. F. Elle vécut gênée. Elle eut à répondre aux créanciers qui vinrent solliciter le paiement des factures arriérées ou laissées en souffrance. Elle fit à certains d'entre ces créanciers des versements symboliques (50/100 Fr.) puis on cessa de la persécuter.

 

        Pressée par le besoin elle vendit beaucoup d'objets. Elle en laissa emporter d'autres. Les collections de timbres de B. S. furent pillées. Marie était dans la misère.

 

        Marie mourut en 1953, le 29/01/53.

 

        Comme on le sait le comportement de B. S. et ensuite de M. D. à partir de 1910 n'est pas celui de personnes qui ont trouvé un trésor et qui l'exploite. Au départ il y a un magot qui a pu être découvert et qui a servi à B. S. à lancer cette fabuleuses histoire. Des circonstances heureuses permirent à B. S. de continuer dans son oeuvre (dons).

 

        Puis une savante combinaison de trafic de messes aurait permis à B. S. de vivre tranquillement à Rennes dans son fief jusqu'à sa mort, préservant la vieillesse de Marie.

 

        Le comportement, emprunt de curiosité mais normal de Monseigneur de BEAUSEJOUR flanquèrent l'édifice par terre.

 

        Tout cela incite à dire que le trésor de Rennes s'il y en a un, n'a pas été découvert par B. S. Mais le secret des dons mirobolants subsiste.

 

        La version que nous en avons donné parait plausible. Tout ce que nous pouvons faire pour établir une autre hypothèse tangible sera tentée.

 

        Pour l'instant le secret du curé de Rennes subsiste. C'est en lui que réside le mystère.

 

        J'ai bien peur qu'à tout jamais nos ancêtres l'aient emporté dans leurs tombes.

 

 

 

 

Texte parallèle à cette notice

 

ALFRED SAUNIÈRE - né le 17/0/1855 à Montazels (Aude)

                                      1879 - 1893 - enseigne dans des établissements de Jésus sans avoir adhéré à l'ordre.

                                      1893 - professeur au séminaire de Narbonne.

                                      1897 - aumônier au séminaire de Narbonne.

 

        Spécialiste d la prédication il sortait beaucoup, voyageait, avait le génie des affaires. (lors de la succession Saunière à Montazels) c'est à lui qu'échurent tous les biens.

 

        Il fit de mauvaises affaires.

 

        Il menait une vie immorale et ce fut un natif qui amena son interdiction - il eut un enfant avec une religieuse.

 

        Malade, retiré dans sa maison natale racheté par sa soeur - en 1904, alcoolique, il mourut le 09/11/1905.

 

 

(1) Aussi appelé "col du pas du loup".

(2) Il semble que Bérenger SAUNIERE ait fait un petit héritage d'une paroissienne à cette époque. Son ordinaire au début de son ministère était, d'après ses carnets personnels, plutôt restreint. De mémoire, et à titre d'évaluation, le traitement annuel d'un curé de campagne devait être de 900 francs or.

(3) Ceux publiés depuis, en particuliers dans l'énigme sacrée, sont des faux généralement attribués à Philippe de CHERISEY.

(4) Il l'aurait trouvé dans un tombeau, en soulevant la dalle dite des chevaliers, au pied de l'autel primitif.

(5) Par contre, il y recevait ses invités. Il déclarera à son évêque qu'il projetait d'en faire une maison de retraite pour prêtres agés. Les véritables motivations de la construction du domaine et de sa mise au nom (essentiellement) de Marie restent un mystère. Il est possible que l'abbé ait simplement voulu anticiper la loi de séparation de l'église et de l'état de 1905 et mettre son oeuvre à l'abri. La situation politique était déjà tendue avec l'église au début des travaux.

(6) Si sur la fin de sa vie, Bérenger SAUNIERE était réellement souffrant, on sait aujourd'hui par l'étude de sa correspondance que ses certificats médicaux produits devant le tribunal de l'officialité étaient de pure complaisance.

(7) Sans rentrer dans les détails, le déroulement de ce procès est mieux connu de nos jours. La version développée ici par René DESCADEILLAS est assez approximative.

(8) Bérenger SAUNIERE ment clairement en disant cela. On a retrouvé dans ses affaires de nombreux carnets avec le détail de toutes ses dépenses, jusqu'aux demi journées de travail des ouvriers et les repas servis.

(9) Des preuves eurent été bienvenues, comme des détails.

(10) L'auteur, non seulement se contredira plus tard, mais fera d'affreux reproches à Gérard de SEDE pour avoir repris cette idée dans son livre l'or de Rennes en 1967... ironie de l'histoire.

(11) Marie aussi souhaitait vivre dans le presbytère et non dans la villa.

 



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