BIOGRAPHIE
PIERRE PLANTARD
1920 - 2000
Pierre PLANTARD
est un des personnages centraux de l'affaire de Rennes-le-Château,
parce qu'il a été documentaliste de nombreux auteurs
sur l'affaire, et sur d'autres, et en particuliers de
Gérard De SEDE. Mais aussi parce qu'il a toujours entretenu
le mystère sur sa personnalité, ses activités... et
que le sort l'y a bien aidé.
Le personnage est d'autant plus ambigu,
que l'on ne sait pas vraiment si l'organisation connue
sous le nom d'Ordre du Prieuré de Sion, qu'il a dirigée
pendant de nombreuses années, est a classer parmi les
sectes (elle figure dans "L'encyclopédie des
sectes dans le monde" de PLUME et PASQUINI
dès 1984) ou est une simple association de plaisantins.
Dresser sa biographie va donc s'avérer
difficile. Pourtant, de livres en livres, au hasard
de recherches, de témoignages, des bribes apparaissent
qui ne demandent qu'a être mises bout à bout. C'est
ce que nous allons essayer de faire ici pour éclairer
sa vie et son oeuvre.
Vous trouverez ici la retranscription
de son dossier de police tel qu'il est consultable actuellement
à la préfecture de Police de Paris sous
la côte 1GaP7.
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TOUTES INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
BIENVENUES
Paris, le 16 décembre 1940
Monsieur le Maréchal PETAIN
Chef de l’état Français
Vichy
Monsieur le Maréchal,
Veuillez m’excuser si je prends la
grande liberté de vous écrire ce soir, car malgré
mon activité, mes conférences, mon journal,
je suis peut être resté pour vous un inconnu,
un jeune inconnu, mais qu’importe, vous devez me comprendre,
surtout me croire.
Je vous écrit ce soir, comme j’écrivais
le 8 septembre 1939 (lettre recommandée du 8.9.39 N°
255 du bureau de Paris N° 37) à Edouard DALADIER,
pour le supplier « d’arrêter une guerre
créée par les juifs, dans laquelle tant de vies
humaines tomberaient et dont nous ne serions pas les vainqueurs
» ; employé, il est de mon devoir de vous exposer
la vérité en quelques phrases rapides.
Je sais que vous souffrez au plus profond
de votre cœur de grand soldat, de savoir le peuple de
France, douter de votre sincérité et de votre
patriotisme, plus peut être que de notre récent
désastre, mais je connais aussi votre immense amour
pour notre pays, et je suis certain que vous tenterez l’impossible
pour le sauver encore une fois.
Monsieur le Maréchal, il faut agir
et vite, Oh ! ne croyez pas à des ordres de ma part,
car ce ne sont que des supplications, supplications d’un
jeune Français et d’un homme d’étude,
lequel connaissant la vérité a essayé
depuis trois ans de faire profiter son pays du peu qu’il
savait ; il pensait qu’en criant bien haut ce qu’il
fallait crier, il serait écouté et que ce qu’il
savait serait utile pour limiter les dégâts menaçant
sa patrie. Dans cette action si stérile qu’elle
soit, il a fait son devoir, cependant, encore une fois, même
s’il n’est pas écouté , il doit
crier la vérité si terrible soit elle : «
Monsieur le Maréchal, votre vie est menacée,
la révolution est en marche, toute proche, dans huit
jour peut être aura-t-elle éclaté….
»
Il FAUT AGIR ! Il faut qu’immédiatement
le reçu de cette lettre, des ordres sévères
mais secrets soient donnés. Il faut arrêter dès
sa venue ce terrible complot « franc maçon et
juif » afin d’éviter un effroyable carnage
à la France et au monde.
Pour l’instant, je dispose d’une
centaine d’hommes sûrs et dévoués
à notre cause, ils sont prêts jusqu’à
leur dernière force à combattre sous vos ordres,
cependant qu’est cela contre les forces dont disposent
nos ennemis ? Quoi qu’il en soit, ils lutteront avec
moi si utilité pour notre cause.
Dévoué à vos ordres
Varran de Verestra
Varran de Vérestra
22 place Malesherbes
Paris (17ème)
2 janvier 1941
NOTE
pour Monsieur le Directeur des Renseignements Généraux
En transmettant la lettre ci-jointe de M.
Varran de Verestra dénonçant un prétendu
complot franc-maçon et juif M. le Ministre Secrétaire
d’Etat à l’Intérieur demande à
la Préfecture de Police de vouloir bien lui faire parvenir
tous renseignements qui pourront être recueillis sur
le signataire de la lettre en question.
Le chef du 1er Bureau
21/I/41
Il existe un mouvement appelé «
JEUNESSE DE FRANCE » qui a ronéotypé un
tract récemment appelé « Jeunes, ouvriers,
paysans, fonctionnaires, étudiants, nous allons vers
une renaissance totale.
Ce tract était signé : VARRAN
DE VERESTRA et l’adresse était indiqué
: 22, Place Malhesserbes (sic), Paris 17°.-
Ce tract est rédigé d’une
telle façon qu’il prend une allure gaulliste.
Le 31 ,janvier 1941
Le Nommé Plantard Pierre Athanase
Marie dit Varran de Verestra est né le 18 mars 1920
à Paris (7°).
Célibataire il habite avec sa mère
domiciliée depuis plusieurs années, 24 place
Malesherbes, ou elle occupe un très petit logement
Plantard est ajourné de la classe
1940.
Il se dit journaliste et a pris son pseudonyme
depuis quelques mois.
Sa mère fait des extras comme cuisinière
en maisons bourgeoises.
Plantard serait l’animateur d’un
nouveau groupement qu’il intitule « Jeunesse de
France » et a signé dernièrement un tract
ronéotypé dont une information a signalé
la diffusion. En réalité il s’agit d’une
organisation peu imposante et qui n’a rien de commun
avec le « Conseil Jeunesse de France ».
Dans son entourage on apprends pas qu’il
aurait de la sympathie pour l’Angleterre ou pour le
général de Gaulle, par contre il ferait de la
propagande pour la politique suivie par le maréchal
Pétain.
Au privé il ne fait l’objet
d’aucune remarque particulière.
Il est inconnu à la direction des
Renseignements Généraux ainsi qu’aux sommiers
judiciaires.
Signé BERTHAUX.
8 Février 1941
A.S. du nommé PLANTARD
Pierre dit « Varran de
Verestra »
A la demande de M. le
Ministre Secrétaire
d’Etat à l’Intérieur
L’auteur de la lettre communiquée
adressée au Maréchal Pétain, chef de
l’Etat Français et dans laquelle est dénoncée
un prétendu complot franc-maçon n’est
autre que : PLANTARD Pierre Athanase Marie, dit « VARRAN
» de Verestra, né le 18 mars 1920 à Paris
(7ème) de Pierre et de Raulo Amélie Marie, de
nationalité française, célibataire.
Depuis 1927, il demeure 22 place Malesherbes
à Paris (17ème) où il occupe avec sa
mère au 6ème étage un logement de deux
pièces réservé aux concierges et cédé
par ceux ci moyennant une indemnité annuelle de quinze
cents francs.
Fils unique issu d’une famille très
modeste, son père exerçait la profession de
valet de chambre. Plantard est entièrement à
la charge de sa mère, laquelle, sans profession, possède
un faible revenu assuré par une pension qui lui a été
allouée à la suite de la mort de son mari, décédé
des suites d’un accident du travail.
Après avoir fait ses études
primaires à Paris, Plantard qui dit avoir toujours
eu un penchant pour la politique, a formé dès
1937 en compagnie de jeunes gens de son âge, un des
divers groupements constitués à cette époque,
mais dont on ignore la dénomination.
Ce mouvement, non déclaré à
la Préfecture de Police et qui n’avait pas de
siège social bien défini, aurait réuni
une centaine de membres.
Anti-juif, et anti-maçonnique, il
se donnait pour but « l’épuration et la
rénovation de la France » et avait pour emblème,
à l’époque de sa fondation le coq blanc
qui a d’ailleurs été adopté par
la suite par « Le Front de la Jeunesse », dont
le président était M. Jean Charles Legrand.
A ce sujet, on apprend que Plantard aurait
demandé en 1938 à M. Daladier, l’autorisation
de faire paraître à l’intention des membres
de son groupement un journal intitulé « La Rénovation
Française ». Cette autorisation lui ayant été
refusée, il aurait fait paraître cette feuille
sous forme de tracts hebdomadaires imprimés à
10.000 exemplaires et distribués gratuitement.
La « Rénovation Française
» ayant cessé de paraître en 1939, Plantard
aurait adressé, en octobre 1940 aux autorités
d’occupation une demande afin d’être autorisé
à faire publier à nouveau cette feuille. Jusqu’ici
sa demande est restée sans résultat.
En dehors de son activité politique,
Plantard aurait dirigé le « Groupement Catholique
de la Jeunesse » mouvement officieux destiné
à la récréation des jeunes gens de diverses
paroisses et dont les adhérents se réunissent
dans les patronages catholiques de la capitale.
Ce groupement organise chaque année
une colonie de vacances à Plestin-les-Grèves
(côtes du Nord), laquelle en 1939, comptait 75 jeunes
gens.
Plantard aurait pris la parole au cours de
plusieurs conférences destinées à la
jeunesse et organisées par le « Groupement Catholique
de la Jeunesse » notamment le 20 juin 1939 à
la salle « Villiers » rue du Rocher.
En ce qui concerne la lettre communiquée,
dont il est le signataire, elle serait parvenue au Maréchal
Pétain par l’entremise de M. de Brinon. Aussi
semble-t-il que l’envoi de celle-ci ne serait qu’une
sorte de subterfuge destiné à attirer sur son
expéditeur, l’attention du Chef de l’Etat.
En effet, Plantard qui se targue d’être
en relations avec de nombreux hommes politiques, apparaît
comme l’un de ces jeunes gens illuminés et prétentieux,
chefs de mouvements plus ou moins fictifs, voulant se donner
de l’importance et qui profitent du mouvement actuel
en faveur de la jeunesse pour tenter de se faire prendre en
considération par le Gouvernement.
Au privé, Plantard ne fait l’objet
d’aucune remarque particulière.
Il n’est pas noté au sommiers
judiciaires.
VARRAN DE VERESTRA22, place MalesherbesParis (17°) Paris,
le 21 avril 1941Monsieur MARCHANDPréfecture de PoliceBoulevard
du PalaisParis
Monsieur le Préfet,
A l’égal du Rassemblement National
Populaire, pour notre groupement « RENOVATION NATIONALE
FRANCAISE » déclaré le 4 avril 1941, nous
vous informons de notre décision de prendre possession,
étant appuyé par les hautes Autorités
Allemandes, du local inoccupé situé 22, place
malhesherbes - 1er étage – fond cour (immeuble
URBAINE – gérant M. FLAMANT 10 Bd Haussmann)
loué à un juif anglais Monsieur SHAPIRO, combattant
avec les siens dans les armées anglaises.
Donc vue cette décision sus-dite,
nous vous prions, Monsieur le Préfet, de bien vouloir
faire le nécessaire pour les constations d’usage
qu’exige notre cas, lors de la prise de possession de
ce local par nous le samedi 26 avril 1941 à 15 heures
précises.
A titre purement documentaire nous vous signalons
que les termes de ce local évalués à
Frs 12.000 n’ont pas été soldés.
Nous vous prions d’agréer Monsieur
le Préfet l’expression de notre haute considération.
Pour le R.N.F.
Le chef responsable
Plantard dit « Varran de Verestra »
25 avril 1941
Un sieur PLANTARD, dit « VARRAN de
VERESTRA » demeurant 22 place Malesherbes a adressé
à la Préfecture de Police une lettre signalant,
qu’avec l’accord des autorités allemandes,
il avait décidé de prendre possession le 26
avril à 15 heures d’un local inoccupé,
loué à un sieur SHAPIRO, 22 place Malesherbes
pour y installer le groupement dont il est le président
intitulé « Rénovation Nationale Française
», convoqué ce jour, il a affirmé avoir
l’accord des autorités allemandes mais il ne
lui a pas été possible d’en justifier.
Il devait revenir dans le courant de l’après-midi
mais il n’a pas déféré à
cette nouvelle convocation.
9 mai 1941
A.G. de la « Rénovation Nationale
Française »
Sous le titre « Rénovation Nationale
Française » un groupement vient de se former
en vertu de la loi du 1er Juillet 1901.
Son siège est installé 24,
place Malesherbes.
Aux termes de ses statuts, cette association
a pour but « de grouper la jeunesse française,
de lui créer un idéal sain entraînant
et novateur, nommé Action sociocratique ».
A cet effet, elle organise principalement
:
- des cercles d’études, de conférences,
des manifestations de toutes sortes,
- des réunions d’éducation physique, de
sport, des camps de jeunesse,
- des salles de jeux, des séances récréatives,
artistiques et récréatives, artistiques et cinématographiques.
Il est dans les intentions de ses dirigeants
de créer une section dans chaque chef lieu de département
et une division dans chaque chef lieu d’arrondissement,
ainsi que des centres dans les chefs lieux de canton et des
groupes dans les communes.
La « Rénovation Nationale Française
» est dirigée par un chef, avec l’aide
d’un conseil, lequel se compose : d’un président,
d’un secrétaire général, d’un
secrétaire adjoint, d’un secrétaire adjoint,
d’un trésorier, de quatre membres des services
de propagande, de l’orde, sanitaire et des camps de
jeunesse et de douze membres remplissant diverses fonctions,
soit au total vingt membres.
Les sections, divisions, centres et groupes
se composeront d’un président, d’un secrétaire
et d’un trésorier.
Pour être admis membre de l’association,
il faut avoir dix-sept ans au moins et quarante au plus. En
outre, peuvent être admis comme membres aspirants les
enfants âgés de 7 à 17 ans, dont la demande
d’admission aura été approuvée
par les parents.
Les membres du conseil doivent avoir au moins
le certificat d’études primaires.
Le Comité directeur de « La
Rénovation Nationale Française » est actuellement
constitué comme suit :
- Chef : M. PLANTARD
- Président : M. BERGERAND (1)
- Secrétaire : Mlle BUE
- Trésorier Mlle GRUBIUS.
M. PLANTARD, Pierre, Athanase, dit Varran
de Verestra » né le 18 mars 1920 à Paris
(7ème), de feu Pierre et de Rauko, Amélie, est
célibataire.
Il habite chez sa mère domiciliée depuis quinze
ans, 22 Place Malesherbes, au loyer annuel de 1.600 francs.
M. PLANTARD se dit journaliste ; en réalité
il est entièrement à la charge de sa mère
titulaire d’une pension allouée à la suite
du décès de son mari survenu accidentellement.
De confession catholique, antijuif et antimaçonnique,
M. PLANTARD se donne pour but « l’épuration
de la France ».
En 1938, il aurait demandé à M. Daladier l’autorisation
de faire publier un journal intitulé : « Rénovation
Nationale Française ». Un refus lui ayant été
opposé, M. PLANTARD aurait fait paraître cette
feuille sous forme de tract hebdomadaire, tiré à
10.000 exemplaires distribués gratuitement.
Ce tract ayant cessé de paraître en 1939, M.
Plantard aurait demandé, en octobre 1940, aux autorités
allemandes, l’autorisation de faire paraître «
Rénovation Française » mais jusqu’à
ce jour, cette demande ne semble pas avoir reçu de
suite.
M. Plantard aurait dirigé le « Groupement Catholique
de la Jeunesse », mouvement officieux destiné
à la récréation des jeunes gens de diverses
paroisses et dont les adhérents se réunissent
dans les patronages de la capitale. Ce groupement organisait
chaque année une colonie de vacances à Plestin-les-Grèves
(Côtes-du-Nord), en 1939 cette colonie groupait 75 jeunes
gens.
Il aurait pris la parole au cours de plusieurs conférences
destinées à la jeunesse et organisées
par le « Groupement Catholique de le Jeunesse »,
notamment le 20 juin 1939, à la salle Villiers, rue
du Rocher.
M. Plantard qui se targue d’être en relation avec
de nombreux hommes politiques, peut être assimilé
à des jeunes gens illuminés et prétentieux,
chefs de groupements plus ou moins fictifs, voulant se donner
de l’importance et qui profitent du mouvement actuel
en faveur de la jeunesse, pour gagner la considération
du Gouvernement.
Au privé, il ne fait l’objet d’aucune remarque
particulière.
Il n’est pas noté au Sommiers Judiciaires.
M. BERGERAND, André, Charles, né
le 22 janvier 1920 à Paris, est célibataire.
Il est domicilié 23 allée de la Perspective
à Draveil (Seine-et-Oise).
Mlle BUE, Simone Gabrielle, est née
le 5 mai 1920 à la Garenne Colombes (Seine). Elle est
domiciliée chez ses parents 12, rue Kleber, à
la Garenne-Colombe, au loyer annuel de 1.300 frs.
Elle exerce la profession de sténo-dactylographe dans
un établissement de La Garenne Colombes.
Son père est maître d’hôtel dans
un cercle.
Elle est de confession catholique.
Au privé Mlle Bué ne fait l’objet d’aucune
remarque particulière.
Elle n’attire pas l’attention au point de vue
politique.
Elle n’est pas notée au Sommiers Judiciaires.
Mme GRUBIUS est née Berot, France,
le 7 avril 1917 à Pau (basses-Pyrénées).
Elle est domiciliée 47 rue Jouffroy au loyer annuel
de 2.400 francs.
Son mari est prisonnier de guerre en Allemagne.
Elle exerce la profession de secrétaire dans un établissement
de produits d’entretien.
Elle est de confession catholique.
Au privé Mme Grubius ne fait l’objet d’aucune
remarque particulières.
Elle n’est pas noté aux Sommiers Judiciaires.
« La Rénovation Nationale Française
» paraît être un groupement fantôme
dont la création est due à l’imagination
de M. Plantard. Ce dernier accuse 3245 membres adhérents,
alors que cette association ne comprendrait actuellement que
les quatre membres du bureau. Il convient de noter que parmi
ceux ci, Mme Grubius est la fille du concierge de l’immeuble
situé 22 place Malesherbes, ou se trouvent les locaux
loués à M. Shapiro, israélite, que M.
Plantard, prétendant avoir une autorisation des autorités
allemandes, voulait occuper afin d’y installer le siège
de l’association. M. Plantard n’ayant pas pu présenter
cette autorisation , les locaux n’ont pas été
occupés.
Le siège de la « Rénovation
Nationale Française » est fixé au domicile
de M. Plantard qui, avec sa mère, occupe seulement
au 6ème étage, deux chambrés de bonnes
sous louées par le concierge de l’immeuble.
Aucune réunion n’a été, jusqu’ici,
tenue au domicile de M. Plantard.
Cette association sans avenir semble-t-il, paraît être
vouée à l’échec.
3 janvier 1943
A. du journal « Vaincre »
et de son gérant M. Plantard
Pierre
Le journal intitulé : « Vaincre
» sera la propriété de M. Plantard Pierre,
qui en sera le directeur gérant.
Cet organe dont le siège social sera
situé au domicile de M. Plantard, 10 rue Lebouteux,
paraîtra mensuellement.
Edité sur quatre pages de petit format « Vaincre
», dans un premier numéro gratuit paru le 21
Septembre dernier, déclare « vouloir redonner
à la Patrie la puissance de vivre avec un idéal
chevaleresque et l’abnégation du moi ».
Il prône également l’entr’aide nationale
et l’entente des peuples unis dans un véritable
socialisme, bannissant à jamais les querelles crées
par les intérêts capitalistes. En dernière
page, il publie les statuts d’une association dite «
L’Alpha Galates » grand ordre de chevalerie.
D’après les derniers renseignements
recueillis, cette association qui paraît être
l’œuvre d’un individu « illuminé
» ne se composerait encore que des quatre personnes
qui forment son bureau.
« Vaincre » sera tiré à 1.500 exemplaires
environ à l’imprimerie Poirier Murat, 45 rue
du Rocher et paraîtra sous la signature de M. Plantard
Pierre son directeur gérant.
M. Plantard Pierre, Athanase, Marie dit «
Pierre de France » dit « Varran de Verestra »
né le 18 mars 1920 à Paris (7e) de feu Pierre
et Raulo Amélie, de confession catholique est célibataire.
Depuis un an, il est domicilié 10,
rue Lebouteux avec sa mère veuve. Auparavant, il demeurait
22 place Malesherbes.
Fils unique, issu d’une famille très
modeste, son père exerçait la profession de
Valet de chambre, M. Plantard se dit journaliste ; en réalité
il a vécu jusqu’ici entièrement à
la charge de sa mère, titulaire d’une pension
qui lui a été allouée à la suite
du décès de son mari survenu accidentellement.
Mme Plantard fait également des «
extras » comme cuisinière dans des maisons bourgeoises.
Anti-juif et anti franc-maçon, M.
Plantard se serait donné pour but l’épuration
et la rénovation de la France.
En 1938, il aurait demandé à
M. Daladier, Président du Conseil à cette époque,
de faire paraître un journal intitulé «
Rénovation Française ». Un refus lui ayant
été opposé, il a fait paraître
cette feuille sous forme de tracts hebdomadaire tirés
à 10.000 exemplaires, distribués gratuitement
et qui ont cessé de paraître ne 1939.
M. Plantard aurait dirigé un mouvement
destiné à la récréation des jeunes
gens de diverses paroisses, connu sous le nom de « Groupement
Catholique de la Jeunesse » et aurait pris la parole
au cours de plusieurs conférences destinées
aux jeunes du groupement précité qui n’a
d’ailleurs jamais eu une grande importance, sauf dans
l’esprit de son créateur qui se targue par ailleurs
d’être en relations avec de nombreux hommes politiques
connus, ce qui est faux.
Le 16 décembre 1940, il a adressé
au Maréchal Pétain une lettre dans laquelle
il lui dénonçait un prétendu complot
juif et gaulliste qui comme l’a prouvé l’enquête
faite à cette époque n’a jamais existé
que dans son imagination.
En résumé, M. Plantard est
un jeune homme prétentieux, sans grande formation intellectuelle,
mais qui cherche à profiter du mouvement actuel en
faveur de la jeunesse pour créer des mouvements plus
ou moins fictifs et se donner ainsi de l’importance
afin de tenter de gagner la considération et l’appui
du gouvernement.
Son nom est inconnu sur les listes de recensement
des israélites du Département de la Seine.
Il n’est pas noté aux sommiers judiciaires.
30 septembre 1944
A.S. de la revue « Vaincre »
Et de son gérant
PLANTARD Pierre
La demande d’autorisation de paraître concernant
la revue « Vaincre », avec sous titre «
magazine » ne constitue qu’un dépôt
de titre, destiné à en conserver la propriété
en vue d’une publication ultérieure, dont la
date n’est pas encore déterminée.
Ce journal aura pour directeur-gérant,
M. PLANTARD.
PLANTARD Pierre, Athanase, Marie dit « Pierre de France
», né le 18 mars 1920 à Paris (7°),
de feu Pierre et de Raulo Amélie, est célibataire
et fils unique.
Depuis deux ans environs, il est domicilié
chez sa mère, 10 rue Lebouteux (17°). Auparavant,
il demeurait 22, place Malesherbes (17°).
Planatrd se dit journaliste. En réalité
il a vécu jusqu’ici entièrement à
la charge de sa mère, titulaire d’une pension
allouée à la suite du décès accidentel
de son mari qui était valet de chambre. Mme Plantard
fait des « extras » comme cuisinière dans
des maisons bourgeoises.
Plantard Pierre aurait dirigé un mouvement
connu sous le nom de « Groupement Catholique de la Jeunesse
» qui groupait les jeunes gens de diverses paroisses,
et pris la parole au cours de conférences organisées
à l’intention de ces jeunes gens. Ce mouvement
n’a d’ailleurs, jamais fait preuve d’une
grande activité, sinon dans l’esprit de son créateur
qui se targue d’être en relation avec de nombreux
hommes politiques.
En avril 1941, Plantard avait adressé
au Préfet de Police, une lettre dans laquelle il faisait
connaître son intention d’installer le siège
de son groupement dans un local innocpé, loué
à un nommé Shapiro, israélite, et situé
22 place Malesherbes (17°). Sous le titre « Rénovation
Nationale Française », ce mouvement se serait
proposé de grouper la jeunesse française en
vue de lui donner un idéal. Aucune suite n’a
été donnée à ce projet.
En résumé, Plantard peut être
considéré comme un jeune homme prétentieux,
sans grande formation intellectuelle qui a cherché
à profiter du mouvement en faveur de la jeunesse pour
créer des groupements plus ou moins fictifs et se donner,
ainsi de l’importance.
Son nom n’est pas noté aux Sommiers
Judiciaires.
13 février 1945
A.S. de l’association :
« ALPHA GALATES »
L’association dite « Alpha Galatès
», ayant pour sous titre « Grand Ordre d’entraide
social », fondé le 6 Septembre 1944 a été
déclarée le 12 septembre suivant à la
préfecture de Police et enregistré sous le n°
75.501.6873, conformément à la loi du 1er juillet
1901.
Son siège social est situé
10, rue Lebouteux.
Aux termes de ses statuts, elle a pour mot
d’ordre : Honneur (sic) et Patrie, et pour signe distinctif
: un coq gaulois et un lion.
Elle a pour but :
- La création, l’entretien,
le développement d’un ou plusieurs centre d’entr’aide
aux jeunes ayant souffert de l’oppression allemande.
(S.T.O. – déportation – emprisonnement).
- L’organisation de cours, de cercles d’études
et de conférence, de séances théâtrales,
cinématographiques et musicales, de centres d’éducation
physique, de gymnastique et de scoutisme, et enfin, chaque
année, de voyages et séjours en vacances.
- La publication d’une revue spéciale concernant
les centres, la propagande et tout ce qui s’y rapporte
; généralement tout ce qui pourra contribuer
au progrès de leur organisation.
La durée de l’association est
illimitée.
Pour être membre de l’association,
il faut :
- Remplir une demande d’admission sur
laquelle le comité statue en toute souveraineté.
- N’avoir appartenu à aucune organisation allemande
ou pro allemande (milice, L.V.F., etc…) (sic)
- Avoir versé le droit d’entrée de 5 francs,
et la cotisation annuelle de 50 francs. Cette cotisation peut
être rachetée pour une somme de 500 francs. La
cotisation annuelle des membres d’honneur est de 1.000
francs.
Aucun papier du mouvement n’est valable
s’il ne porte le cachet et la signature du Président.
Les ressources de l’association se
composent de subventions, cotisations, revenus de ses biens.
En cas de dissolution, le comité désigne
un ou plusieurs liquidateurs, détermine leurs pouvoirs
et les modalités de leurs opérations.
Actuellement, l’association est dirigée
par un bureau composé comme suit :
- Président : M. PLANTARD dit Pierre
de France
- Vice-président : M. THEUREAU dit Vallauris
- Secrétaire : Mlle LIBRE dite Dartois Francine
- Trésorier : M. TILLIER.
M. PLANTARD, Pierre Athanase, Marie dit «
Pierre de France », né le 18 mars 1920 à
Paris (7°), de Pierre et de Raulo Amélie, est célibataire.
Depuis le 1er juillet 1942, il est domicilié 10, rue
Lebouteux (17°) avec sa mère. Précédemment
il habitait 22, place Malesherbes (même arrondissement).
Se disant journaliste, conférencier, il n’exerce
actuellement aucune profession. Il a été pendant
plusieurs années sacristain de la paroisse Saint Louis
d’Antin. En réalité, il paraît être
à la charge de sa mère pensionnée depuis
la mort de son mari, tué dans un accident de travail.
M. Plantard a essayé en 1937 de fonder un mouvement
politique anti-juif et anti-maçonnique ayant pour but
« l’épuration et la rénovation de
la France ». Il avait alors sollicité de %. Daladier,
alors Président du Conseil, l’autorisation de
faire paraître, à l’intention des membres
de ce groupement, un journal intitulé « La Rénovation
Française ».
Cette autorisation lui ayant été refusée,
il a alors fait paraître ce journal sous la forme de
tracts, jusqu’en 1939. En 1940, il a adressé
une demande aux autorités d’occupation aux fins
de reprendre la publication de ce journal. Cette demande est
restée sans suite.
D’autre part, il a dirigé le « groupement
catholique des jeunes » mouvement officieux destiné
à la récréation des jeunes gens de diverses
paroisses de la capitale. Ce groupement organisait chaque
année une colonie de vacances à Plestin-les-Grèves
(Côte du Nord), et comptait en 1939, 75 jeunes gens.
Plantard a pris la arole au cours d’une conférence
destinée aux jeunes, organisée par le ‘groupement
catholique de la jeunesse », le 20 juin 1939 à
la salle Villiers.
Il a adressé, le 16 décembre 1940 , au maréchal
Pétain une lettre, qui, sous prétexte de dénoncer
un complot juif et maçonnique paraissait plutôt
être destinée à attirer l’attention
sur lui.
Enfin, il a fondé en mai 1941, une association dite
« Rénovation nationale Française »,
d’ailleurs restée sans activité, l’autorisation
lui ayant été refusée par les autorités
allemandes le 3 septembre 1941.
Le 24 octobre 1942, Plantard a fait l’objet d’une
enquête de la part de nos services à la demande
des autorités allemandes, pour avoir sollicité
l’autorisation, qui d’ailleurs lui a été
refusée, de fonder l’association dont il est
actuellement question.
Ces diverses demandes et peut être son attitude vis
à vis des autorités d’occupation lui ont
valu une incarcération de 4 mois à la prison
de Fresnes.
Plantard apparaît comme un jeune homme illuminé
et dégénéré, se croyant seul capable
de bien diriger la jeunesse française.
Il n’attire pas autrement l’attention, tant au
privé qu’au point de vue politique, et un bulletin
de recherches établi à son nom est revenu des
Sommiers Judiciaire avec la mention « Inconnu ».
M. THEUREAU, dit « Vallauris »,
Jacques, né le 8 juin 1921 à Paris (17°),
est célibataire.
Depuis sa naissance, il habite avec ses parents, domiciliés
12, rue Jouffray (17°), au loyer annuel de 3.000 francs.
Artiste dramatique, M. Theureau est actuellement employé
au Ministère de l’information et détaché
au poste de « Radio 45 ».
Favorablement représenté au privé, il
n’attire pas d’autre part l’attention au
point de vue politique.
Il est inconnu aux Archives de la Police Judiciaire.
Son nom n’est pas noté au Sommiers Judiciaires.
Mlle LIBRE Suzanne, dite « Dartois
Francine » est née le 7 mars 1922 à Arras
(Pas de Calais).
Elle habite chez ses parents, domiciliés 127 boulevard
Pereire (17°), depuis 1940, au loyer annuel de 7.000 francs.
Actuellement elle suit des cours d’art dramatique.
Mlle Libre fait l’objet de bons renseignements au point
de vue conduite et moralité.
Elle ne paraît manifester aucune opinion politique,
et n’a jamais attiré l’attention de nos
services à ce sujet.
Mlle Libre n’a pas d’antécédents
judiciaires.
M. TILLIER Jules, Joseph, Alfred, né
le 26 avril 1896 à Boulogne-sur-Mer (Pas de Calais),
de Alfred, Philias, et de GUYOT marie, Joséphine, est
divorcé n’a pas d’enfant.
Il est domicilié 14, boulevard Ney (18°) depuis
1914.
M. TILLIER est comptable principal à la « compagnie
des forges et aciéries de la Marine d’Homécourt
» 12, rue de la Roche Foucault (9°).
Il a été classé service auxiliaire à
la suite de blessure reçue au cours de la guerre 1914-1918,
et a été mis en affectation spéciale
en 1939. Il est titulaire de la Croix de guerre avec 2 citations.
Favorablement représenté au privé, il
n’attire pas par ailleurs l’attention au point
de vue politique.
M. Tillier est inconnu de nos services, ainsi que des archives
de la Police Judiciaire.
Son nom n’est pas noté aux sommiers judiciaires.
D’après les renseignements recueillis,
cette association n’a jusqu’alors manifesté
aucune activité. Elle compte une cinquantaine d’adhérents,
lesquels d’ailleurs démissionnent à tour
de rôle dès qu’ils ont apprécié
le Président de l’association et constaté
que celle-ci n’a aucun caractère sérieux.
Le 4 mai 1954
Préfecture de Police
Cabinet du Préfet
1ère Dion Adinistrative
1er bureau
N° du D 90.009
N° de la Note 6271 Cab/SD
A.S. de M. Plantard qui sollicite la
Délivrance d’un certificat d’internement.
M. PLANTARD Pierre Athanase Marie dit «
Pierre de France », dit « Varran de Verestra »,
né le 18 mars 1920 à Paris (7ème) de
feu Pierre et de Raulo Amélie est marié et a
une file âgée de 3 ans environs.
Avant son mariage, il demeurait chez sa mère
domiciliée depuis 1942 au 10, rue Lebouteux (17ème).
Celle ci, qui est sans nouvelle de lui depuis mai 1951, affirme
qu’il se trouverait actuellement dans la région
d’Annemasse (Haute Savoie).
M. Plantard se dit journaliste, mais en réalité
a vécu jusqu’à son mariage, entièrement
à la charge de sa mère, titulaire d’une
pension qui lui a été allouée à
la suite du décès de son mari, survenu accidentellement.
Il est considéré dans son entourage
comme un jeune homme prétentieux, sans grande formation
intellectuelle, ayant cherché pendant l’occupation,
en créant des mouvements plus ou moins fictifs, à
se donner de l’importance pour tenter de gagner la considération
et l’appui du gouvernement. Anti juif et anti franc-maçon,
il se serait donné pour but pendant l’occupation
« l’épuration et la rénovation de
la France ».
C’est ainsi que le 16 décembre
1940, il a adressé à l’ex Maréchal
Pétain une lettre dans laquelle il dénonçait
un prétendu complot juif et gaulliste qui, comme l’a
montré l’enquête, n’a jamais existé.
Par ailleurs, il a fondé en mai 1941 un groupement
dit « Rénovation Nationale Française »
qui n’a jamais eu d’activité, les allemands
ayant refusé en septembre 1941 l’autorisation
de fonctionner à cette organisation. D’autre
part, le 24 octobre 1942, M. Plantard a fait l’objet
d’une enquête à la demande des autorités
allemandes pour avoir sollicité l’autorisation
de créer l’association dite « Alpha Galatès
» autorisation qui fût également refusée.
Au sujet de l’attestation de M. Plantard,
sa mère déclare : « Mon fils a été
arrêté par les allemands à une date que
je ne puis préciser, souffrant d’amnésie.
L’appartement n’a pas été fouillé
par la police française mais par des gendarmes allemands
accompagnés de civils allemands. Mon fils est resté
incarcéré quatre à cinq mois à
la prison de Fresnes ou il a subi de nombreux sévices
».
Les vérifications faites dans les
divers services administratifs de ma Préfecture de
Police n’ont pas permis de trouver trace de l’arrestation
de M. Plantard.
Son nom n’est pas noté aux Sommiers
Judiciaires.
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