A propos de mon livre
Si vous avez apprécié le site, vous devriez apprécier mon livre :
Rennes le château, une affaire paradoxale

 
ACCUEIL


 


 
Infos

La vie du site

Après 4 ans de mise en sommeil, le site reprend son activité :

- mises à jour,

- corrections,

- diversification

En espérant que vous y trouverez toujours de nouveaux éléments pour satisfaire à votre curiosité.

Octonovo




Dernière mise à jour
le 30 janvier 2010


L'Histoire
 


< Retour

BIOGRAPHIE

PIERRE PLANTARD

1920 - 2000

 Pierre PLANTARD est un des personnages centraux de l'affaire de Rennes-le-Château, parce qu'il a été documentaliste de nombreux auteurs sur l'affaire, et sur d'autres, et en particuliers de Gérard De SEDE. Mais aussi parce qu'il a toujours entretenu le mystère sur sa personnalité, ses activités... et que le sort l'y a bien aidé.

Le personnage est d'autant plus ambigu, que l'on ne sait pas vraiment si l'organisation connue sous le nom d'Ordre du Prieuré de Sion, qu'il a dirigée pendant de nombreuses années, est a classer parmi les sectes (elle figure dans "L'encyclopédie des sectes dans le monde" de PLUME et PASQUINI dès 1984) ou est une simple association de plaisantins.

Dresser sa biographie va donc s'avérer difficile. Pourtant, de livres en livres, au hasard de recherches, de témoignages, des bribes apparaissent qui ne demandent qu'a être mises bout à bout. C'est ce que nous allons essayer de faire ici pour éclairer sa vie et son oeuvre.

Vous trouverez ici la retranscription de son dossier de police tel qu'il est consultable actuellement à la préfecture de Police de Paris sous la côte 1GaP7.

 

TOUTES INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES BIENVENUES

 


Paris, le 16 décembre 1940

Monsieur le Maréchal PETAIN
Chef de l’état Français
Vichy


Monsieur le Maréchal,

Veuillez m’excuser si je prends la grande liberté de vous écrire ce soir, car malgré mon activité, mes conférences, mon journal, je suis peut être resté pour vous un inconnu, un jeune inconnu, mais qu’importe, vous devez me comprendre, surtout me croire.

Je vous écrit ce soir, comme j’écrivais le 8 septembre 1939 (lettre recommandée du 8.9.39 N° 255 du bureau de Paris N° 37) à Edouard DALADIER, pour le supplier « d’arrêter une guerre créée par les juifs, dans laquelle tant de vies humaines tomberaient et dont nous ne serions pas les vainqueurs » ; employé, il est de mon devoir de vous exposer la vérité en quelques phrases rapides.

Je sais que vous souffrez au plus profond de votre cœur de grand soldat, de savoir le peuple de France, douter de votre sincérité et de votre patriotisme, plus peut être que de notre récent désastre, mais je connais aussi votre immense amour pour notre pays, et je suis certain que vous tenterez l’impossible pour le sauver encore une fois.

Monsieur le Maréchal, il faut agir et vite, Oh ! ne croyez pas à des ordres de ma part, car ce ne sont que des supplications, supplications d’un jeune Français et d’un homme d’étude, lequel connaissant la vérité a essayé depuis trois ans de faire profiter son pays du peu qu’il savait ; il pensait qu’en criant bien haut ce qu’il fallait crier, il serait écouté et que ce qu’il savait serait utile pour limiter les dégâts menaçant sa patrie. Dans cette action si stérile qu’elle soit, il a fait son devoir, cependant, encore une fois, même s’il n’est pas écouté , il doit crier la vérité si terrible soit elle : « Monsieur le Maréchal, votre vie est menacée, la révolution est en marche, toute proche, dans huit jour peut être aura-t-elle éclaté…. »

Il FAUT AGIR ! Il faut qu’immédiatement le reçu de cette lettre, des ordres sévères mais secrets soient donnés. Il faut arrêter dès sa venue ce terrible complot « franc maçon et juif » afin d’éviter un effroyable carnage à la France et au monde.

Pour l’instant, je dispose d’une centaine d’hommes sûrs et dévoués à notre cause, ils sont prêts jusqu’à leur dernière force à combattre sous vos ordres, cependant qu’est cela contre les forces dont disposent nos ennemis ? Quoi qu’il en soit, ils lutteront avec moi si utilité pour notre cause.

Dévoué à vos ordres

Varran de Verestra

Varran de Vérestra
22 place Malesherbes
Paris (17ème)

2 janvier 1941

NOTE
pour Monsieur le Directeur des Renseignements Généraux

En transmettant la lettre ci-jointe de M. Varran de Verestra dénonçant un prétendu complot franc-maçon et juif M. le Ministre Secrétaire d’Etat à l’Intérieur demande à la Préfecture de Police de vouloir bien lui faire parvenir tous renseignements qui pourront être recueillis sur le signataire de la lettre en question.

Le chef du 1er Bureau

21/I/41

Il existe un mouvement appelé « JEUNESSE DE FRANCE » qui a ronéotypé un tract récemment appelé « Jeunes, ouvriers, paysans, fonctionnaires, étudiants, nous allons vers une renaissance totale.

Ce tract était signé : VARRAN DE VERESTRA et l’adresse était indiqué : 22, Place Malhesserbes (sic), Paris 17°.-

Ce tract est rédigé d’une telle façon qu’il prend une allure gaulliste.

Le 31 ,janvier 1941

Le Nommé Plantard Pierre Athanase Marie dit Varran de Verestra est né le 18 mars 1920 à Paris (7°).

Célibataire il habite avec sa mère domiciliée depuis plusieurs années, 24 place Malesherbes, ou elle occupe un très petit logement

Plantard est ajourné de la classe 1940.

Il se dit journaliste et a pris son pseudonyme depuis quelques mois.

Sa mère fait des extras comme cuisinière en maisons bourgeoises.

Plantard serait l’animateur d’un nouveau groupement qu’il intitule « Jeunesse de France » et a signé dernièrement un tract ronéotypé dont une information a signalé la diffusion. En réalité il s’agit d’une organisation peu imposante et qui n’a rien de commun avec le « Conseil Jeunesse de France ».

Dans son entourage on apprends pas qu’il aurait de la sympathie pour l’Angleterre ou pour le général de Gaulle, par contre il ferait de la propagande pour la politique suivie par le maréchal Pétain.

Au privé il ne fait l’objet d’aucune remarque particulière.

Il est inconnu à la direction des Renseignements Généraux ainsi qu’aux sommiers judiciaires.

Signé BERTHAUX.

8 Février 1941

A.S. du nommé PLANTARD
Pierre dit « Varran de
Verestra »
A la demande de M. le
Ministre Secrétaire
d’Etat à l’Intérieur

L’auteur de la lettre communiquée adressée au Maréchal Pétain, chef de l’Etat Français et dans laquelle est dénoncée un prétendu complot franc-maçon n’est autre que : PLANTARD Pierre Athanase Marie, dit « VARRAN » de Verestra, né le 18 mars 1920 à Paris (7ème) de Pierre et de Raulo Amélie Marie, de nationalité française, célibataire.

Depuis 1927, il demeure 22 place Malesherbes à Paris (17ème) où il occupe avec sa mère au 6ème étage un logement de deux pièces réservé aux concierges et cédé par ceux ci moyennant une indemnité annuelle de quinze cents francs.

Fils unique issu d’une famille très modeste, son père exerçait la profession de valet de chambre. Plantard est entièrement à la charge de sa mère, laquelle, sans profession, possède un faible revenu assuré par une pension qui lui a été allouée à la suite de la mort de son mari, décédé des suites d’un accident du travail.

Après avoir fait ses études primaires à Paris, Plantard qui dit avoir toujours eu un penchant pour la politique, a formé dès 1937 en compagnie de jeunes gens de son âge, un des divers groupements constitués à cette époque, mais dont on ignore la dénomination.

Ce mouvement, non déclaré à la Préfecture de Police et qui n’avait pas de siège social bien défini, aurait réuni une centaine de membres.

Anti-juif, et anti-maçonnique, il se donnait pour but « l’épuration et la rénovation de la France » et avait pour emblème, à l’époque de sa fondation le coq blanc qui a d’ailleurs été adopté par la suite par « Le Front de la Jeunesse », dont le président était M. Jean Charles Legrand.

A ce sujet, on apprend que Plantard aurait demandé en 1938 à M. Daladier, l’autorisation de faire paraître à l’intention des membres de son groupement un journal intitulé « La Rénovation Française ». Cette autorisation lui ayant été refusée, il aurait fait paraître cette feuille sous forme de tracts hebdomadaires imprimés à 10.000 exemplaires et distribués gratuitement.

La « Rénovation Française » ayant cessé de paraître en 1939, Plantard aurait adressé, en octobre 1940 aux autorités d’occupation une demande afin d’être autorisé à faire publier à nouveau cette feuille. Jusqu’ici sa demande est restée sans résultat.

En dehors de son activité politique, Plantard aurait dirigé le « Groupement Catholique de la Jeunesse » mouvement officieux destiné à la récréation des jeunes gens de diverses paroisses et dont les adhérents se réunissent dans les patronages catholiques de la capitale.

Ce groupement organise chaque année une colonie de vacances à Plestin-les-Grèves (côtes du Nord), laquelle en 1939, comptait 75 jeunes gens.

Plantard aurait pris la parole au cours de plusieurs conférences destinées à la jeunesse et organisées par le « Groupement Catholique de la Jeunesse » notamment le 20 juin 1939 à la salle « Villiers » rue du Rocher.

En ce qui concerne la lettre communiquée, dont il est le signataire, elle serait parvenue au Maréchal Pétain par l’entremise de M. de Brinon. Aussi semble-t-il que l’envoi de celle-ci ne serait qu’une sorte de subterfuge destiné à attirer sur son expéditeur, l’attention du Chef de l’Etat.

En effet, Plantard qui se targue d’être en relations avec de nombreux hommes politiques, apparaît comme l’un de ces jeunes gens illuminés et prétentieux, chefs de mouvements plus ou moins fictifs, voulant se donner de l’importance et qui profitent du mouvement actuel en faveur de la jeunesse pour tenter de se faire prendre en considération par le Gouvernement.

Au privé, Plantard ne fait l’objet d’aucune remarque particulière.

Il n’est pas noté au sommiers judiciaires.


VARRAN DE VERESTRA22, place MalesherbesParis (17°) Paris, le 21 avril 1941Monsieur MARCHANDPréfecture de PoliceBoulevard du PalaisParis


Monsieur le Préfet,

A l’égal du Rassemblement National Populaire, pour notre groupement « RENOVATION NATIONALE FRANCAISE » déclaré le 4 avril 1941, nous vous informons de notre décision de prendre possession, étant appuyé par les hautes Autorités Allemandes, du local inoccupé situé 22, place malhesherbes - 1er étage – fond cour (immeuble URBAINE – gérant M. FLAMANT 10 Bd Haussmann) loué à un juif anglais Monsieur SHAPIRO, combattant avec les siens dans les armées anglaises.

Donc vue cette décision sus-dite, nous vous prions, Monsieur le Préfet, de bien vouloir faire le nécessaire pour les constations d’usage qu’exige notre cas, lors de la prise de possession de ce local par nous le samedi 26 avril 1941 à 15 heures précises.

A titre purement documentaire nous vous signalons que les termes de ce local évalués à Frs 12.000 n’ont pas été soldés.

Nous vous prions d’agréer Monsieur le Préfet l’expression de notre haute considération.

Pour le R.N.F.
Le chef responsable

Plantard dit « Varran de Verestra »

25 avril 1941

Un sieur PLANTARD, dit « VARRAN de VERESTRA » demeurant 22 place Malesherbes a adressé à la Préfecture de Police une lettre signalant, qu’avec l’accord des autorités allemandes, il avait décidé de prendre possession le 26 avril à 15 heures d’un local inoccupé, loué à un sieur SHAPIRO, 22 place Malesherbes pour y installer le groupement dont il est le président intitulé « Rénovation Nationale Française », convoqué ce jour, il a affirmé avoir l’accord des autorités allemandes mais il ne lui a pas été possible d’en justifier. Il devait revenir dans le courant de l’après-midi mais il n’a pas déféré à cette nouvelle convocation.

9 mai 1941

A.G. de la « Rénovation Nationale Française »

Sous le titre « Rénovation Nationale Française » un groupement vient de se former en vertu de la loi du 1er Juillet 1901.

Son siège est installé 24, place Malesherbes.

Aux termes de ses statuts, cette association a pour but « de grouper la jeunesse française, de lui créer un idéal sain entraînant et novateur, nommé Action sociocratique ».

A cet effet, elle organise principalement :
- des cercles d’études, de conférences, des manifestations de toutes sortes,
- des réunions d’éducation physique, de sport, des camps de jeunesse,
- des salles de jeux, des séances récréatives, artistiques et récréatives, artistiques et cinématographiques.

Il est dans les intentions de ses dirigeants de créer une section dans chaque chef lieu de département et une division dans chaque chef lieu d’arrondissement, ainsi que des centres dans les chefs lieux de canton et des groupes dans les communes.

La « Rénovation Nationale Française » est dirigée par un chef, avec l’aide d’un conseil, lequel se compose : d’un président, d’un secrétaire général, d’un secrétaire adjoint, d’un secrétaire adjoint, d’un trésorier, de quatre membres des services de propagande, de l’orde, sanitaire et des camps de jeunesse et de douze membres remplissant diverses fonctions, soit au total vingt membres.

Les sections, divisions, centres et groupes se composeront d’un président, d’un secrétaire et d’un trésorier.

Pour être admis membre de l’association, il faut avoir dix-sept ans au moins et quarante au plus. En outre, peuvent être admis comme membres aspirants les enfants âgés de 7 à 17 ans, dont la demande d’admission aura été approuvée par les parents.

Les membres du conseil doivent avoir au moins le certificat d’études primaires.

Le Comité directeur de « La Rénovation Nationale Française » est actuellement constitué comme suit :

- Chef : M. PLANTARD
- Président : M. BERGERAND (1)
- Secrétaire : Mlle BUE
- Trésorier Mlle GRUBIUS.

M. PLANTARD, Pierre, Athanase, dit Varran de Verestra » né le 18 mars 1920 à Paris (7ème), de feu Pierre et de Rauko, Amélie, est célibataire.
Il habite chez sa mère domiciliée depuis quinze ans, 22 Place Malesherbes, au loyer annuel de 1.600 francs.
M. PLANTARD se dit journaliste ; en réalité il est entièrement à la charge de sa mère titulaire d’une pension allouée à la suite du décès de son mari survenu accidentellement.
De confession catholique, antijuif et antimaçonnique, M. PLANTARD se donne pour but « l’épuration de la France ».
En 1938, il aurait demandé à M. Daladier l’autorisation de faire publier un journal intitulé : « Rénovation Nationale Française ». Un refus lui ayant été opposé, M. PLANTARD aurait fait paraître cette feuille sous forme de tract hebdomadaire, tiré à 10.000 exemplaires distribués gratuitement.
Ce tract ayant cessé de paraître en 1939, M. Plantard aurait demandé, en octobre 1940, aux autorités allemandes, l’autorisation de faire paraître « Rénovation Française » mais jusqu’à ce jour, cette demande ne semble pas avoir reçu de suite.
M. Plantard aurait dirigé le « Groupement Catholique de la Jeunesse », mouvement officieux destiné à la récréation des jeunes gens de diverses paroisses et dont les adhérents se réunissent dans les patronages de la capitale. Ce groupement organisait chaque année une colonie de vacances à Plestin-les-Grèves (Côtes-du-Nord), en 1939 cette colonie groupait 75 jeunes gens.
Il aurait pris la parole au cours de plusieurs conférences destinées à la jeunesse et organisées par le « Groupement Catholique de le Jeunesse », notamment le 20 juin 1939, à la salle Villiers, rue du Rocher.
M. Plantard qui se targue d’être en relation avec de nombreux hommes politiques, peut être assimilé à des jeunes gens illuminés et prétentieux, chefs de groupements plus ou moins fictifs, voulant se donner de l’importance et qui profitent du mouvement actuel en faveur de la jeunesse, pour gagner la considération du Gouvernement.
Au privé, il ne fait l’objet d’aucune remarque particulière.
Il n’est pas noté au Sommiers Judiciaires.

M. BERGERAND, André, Charles, né le 22 janvier 1920 à Paris, est célibataire.
Il est domicilié 23 allée de la Perspective à Draveil (Seine-et-Oise).

Mlle BUE, Simone Gabrielle, est née le 5 mai 1920 à la Garenne Colombes (Seine). Elle est domiciliée chez ses parents 12, rue Kleber, à la Garenne-Colombe, au loyer annuel de 1.300 frs.
Elle exerce la profession de sténo-dactylographe dans un établissement de La Garenne Colombes.
Son père est maître d’hôtel dans un cercle.
Elle est de confession catholique.
Au privé Mlle Bué ne fait l’objet d’aucune remarque particulière.
Elle n’attire pas l’attention au point de vue politique.
Elle n’est pas notée au Sommiers Judiciaires.

Mme GRUBIUS est née Berot, France, le 7 avril 1917 à Pau (basses-Pyrénées).
Elle est domiciliée 47 rue Jouffroy au loyer annuel de 2.400 francs.
Son mari est prisonnier de guerre en Allemagne.
Elle exerce la profession de secrétaire dans un établissement de produits d’entretien.
Elle est de confession catholique.
Au privé Mme Grubius ne fait l’objet d’aucune remarque particulières.
Elle n’est pas noté aux Sommiers Judiciaires.

« La Rénovation Nationale Française » paraît être un groupement fantôme dont la création est due à l’imagination de M. Plantard. Ce dernier accuse 3245 membres adhérents, alors que cette association ne comprendrait actuellement que les quatre membres du bureau. Il convient de noter que parmi ceux ci, Mme Grubius est la fille du concierge de l’immeuble situé 22 place Malesherbes, ou se trouvent les locaux loués à M. Shapiro, israélite, que M. Plantard, prétendant avoir une autorisation des autorités allemandes, voulait occuper afin d’y installer le siège de l’association. M. Plantard n’ayant pas pu présenter cette autorisation , les locaux n’ont pas été occupés.

Le siège de la « Rénovation Nationale Française » est fixé au domicile de M. Plantard qui, avec sa mère, occupe seulement au 6ème étage, deux chambrés de bonnes sous louées par le concierge de l’immeuble.
Aucune réunion n’a été, jusqu’ici, tenue au domicile de M. Plantard.
Cette association sans avenir semble-t-il, paraît être vouée à l’échec.

3 janvier 1943

A. du journal « Vaincre »
et de son gérant M. Plantard
Pierre

Le journal intitulé : « Vaincre » sera la propriété de M. Plantard Pierre, qui en sera le directeur gérant.

Cet organe dont le siège social sera situé au domicile de M. Plantard, 10 rue Lebouteux, paraîtra mensuellement.
Edité sur quatre pages de petit format « Vaincre », dans un premier numéro gratuit paru le 21 Septembre dernier, déclare « vouloir redonner à la Patrie la puissance de vivre avec un idéal chevaleresque et l’abnégation du moi ». Il prône également l’entr’aide nationale et l’entente des peuples unis dans un véritable socialisme, bannissant à jamais les querelles crées par les intérêts capitalistes. En dernière page, il publie les statuts d’une association dite « L’Alpha Galates » grand ordre de chevalerie.

D’après les derniers renseignements recueillis, cette association qui paraît être l’œuvre d’un individu « illuminé » ne se composerait encore que des quatre personnes qui forment son bureau.
« Vaincre » sera tiré à 1.500 exemplaires environ à l’imprimerie Poirier Murat, 45 rue du Rocher et paraîtra sous la signature de M. Plantard Pierre son directeur gérant.

M. Plantard Pierre, Athanase, Marie dit « Pierre de France » dit « Varran de Verestra » né le 18 mars 1920 à Paris (7e) de feu Pierre et Raulo Amélie, de confession catholique est célibataire.

Depuis un an, il est domicilié 10, rue Lebouteux avec sa mère veuve. Auparavant, il demeurait 22 place Malesherbes.

Fils unique, issu d’une famille très modeste, son père exerçait la profession de Valet de chambre, M. Plantard se dit journaliste ; en réalité il a vécu jusqu’ici entièrement à la charge de sa mère, titulaire d’une pension qui lui a été allouée à la suite du décès de son mari survenu accidentellement.

Mme Plantard fait également des « extras » comme cuisinière dans des maisons bourgeoises.

Anti-juif et anti franc-maçon, M. Plantard se serait donné pour but l’épuration et la rénovation de la France.

En 1938, il aurait demandé à M. Daladier, Président du Conseil à cette époque, de faire paraître un journal intitulé « Rénovation Française ». Un refus lui ayant été opposé, il a fait paraître cette feuille sous forme de tracts hebdomadaire tirés à 10.000 exemplaires, distribués gratuitement et qui ont cessé de paraître ne 1939.

M. Plantard aurait dirigé un mouvement destiné à la récréation des jeunes gens de diverses paroisses, connu sous le nom de « Groupement Catholique de la Jeunesse » et aurait pris la parole au cours de plusieurs conférences destinées aux jeunes du groupement précité qui n’a d’ailleurs jamais eu une grande importance, sauf dans l’esprit de son créateur qui se targue par ailleurs d’être en relations avec de nombreux hommes politiques connus, ce qui est faux.

Le 16 décembre 1940, il a adressé au Maréchal Pétain une lettre dans laquelle il lui dénonçait un prétendu complot juif et gaulliste qui comme l’a prouvé l’enquête faite à cette époque n’a jamais existé que dans son imagination.

En résumé, M. Plantard est un jeune homme prétentieux, sans grande formation intellectuelle, mais qui cherche à profiter du mouvement actuel en faveur de la jeunesse pour créer des mouvements plus ou moins fictifs et se donner ainsi de l’importance afin de tenter de gagner la considération et l’appui du gouvernement.

Son nom est inconnu sur les listes de recensement des israélites du Département de la Seine.
Il n’est pas noté aux sommiers judiciaires.


30 septembre 1944

A.S. de la revue « Vaincre »
Et de son gérant
PLANTARD Pierre


La demande d’autorisation de paraître concernant la revue « Vaincre », avec sous titre « magazine » ne constitue qu’un dépôt de titre, destiné à en conserver la propriété en vue d’une publication ultérieure, dont la date n’est pas encore déterminée.

Ce journal aura pour directeur-gérant, M. PLANTARD.


PLANTARD Pierre, Athanase, Marie dit « Pierre de France », né le 18 mars 1920 à Paris (7°), de feu Pierre et de Raulo Amélie, est célibataire et fils unique.

Depuis deux ans environs, il est domicilié chez sa mère, 10 rue Lebouteux (17°). Auparavant, il demeurait 22, place Malesherbes (17°).

Planatrd se dit journaliste. En réalité il a vécu jusqu’ici entièrement à la charge de sa mère, titulaire d’une pension allouée à la suite du décès accidentel de son mari qui était valet de chambre. Mme Plantard fait des « extras » comme cuisinière dans des maisons bourgeoises.

Plantard Pierre aurait dirigé un mouvement connu sous le nom de « Groupement Catholique de la Jeunesse » qui groupait les jeunes gens de diverses paroisses, et pris la parole au cours de conférences organisées à l’intention de ces jeunes gens. Ce mouvement n’a d’ailleurs, jamais fait preuve d’une grande activité, sinon dans l’esprit de son créateur qui se targue d’être en relation avec de nombreux hommes politiques.

En avril 1941, Plantard avait adressé au Préfet de Police, une lettre dans laquelle il faisait connaître son intention d’installer le siège de son groupement dans un local innocpé, loué à un nommé Shapiro, israélite, et situé 22 place Malesherbes (17°). Sous le titre « Rénovation Nationale Française », ce mouvement se serait proposé de grouper la jeunesse française en vue de lui donner un idéal. Aucune suite n’a été donnée à ce projet.

En résumé, Plantard peut être considéré comme un jeune homme prétentieux, sans grande formation intellectuelle qui a cherché à profiter du mouvement en faveur de la jeunesse pour créer des groupements plus ou moins fictifs et se donner, ainsi de l’importance.

Son nom n’est pas noté aux Sommiers Judiciaires.


13 février 1945

A.S. de l’association :
« ALPHA GALATES »

L’association dite « Alpha Galatès », ayant pour sous titre « Grand Ordre d’entraide social », fondé le 6 Septembre 1944 a été déclarée le 12 septembre suivant à la préfecture de Police et enregistré sous le n° 75.501.6873, conformément à la loi du 1er juillet 1901.

Son siège social est situé 10, rue Lebouteux.

Aux termes de ses statuts, elle a pour mot d’ordre : Honneur (sic) et Patrie, et pour signe distinctif : un coq gaulois et un lion.

Elle a pour but :

- La création, l’entretien, le développement d’un ou plusieurs centre d’entr’aide aux jeunes ayant souffert de l’oppression allemande. (S.T.O. – déportation – emprisonnement).
- L’organisation de cours, de cercles d’études et de conférence, de séances théâtrales, cinématographiques et musicales, de centres d’éducation physique, de gymnastique et de scoutisme, et enfin, chaque année, de voyages et séjours en vacances.
- La publication d’une revue spéciale concernant les centres, la propagande et tout ce qui s’y rapporte ; généralement tout ce qui pourra contribuer au progrès de leur organisation.

La durée de l’association est illimitée.

Pour être membre de l’association, il faut :

- Remplir une demande d’admission sur laquelle le comité statue en toute souveraineté.
- N’avoir appartenu à aucune organisation allemande ou pro allemande (milice, L.V.F., etc…) (sic)
- Avoir versé le droit d’entrée de 5 francs, et la cotisation annuelle de 50 francs. Cette cotisation peut être rachetée pour une somme de 500 francs. La cotisation annuelle des membres d’honneur est de 1.000 francs.

Aucun papier du mouvement n’est valable s’il ne porte le cachet et la signature du Président.

Les ressources de l’association se composent de subventions, cotisations, revenus de ses biens.

En cas de dissolution, le comité désigne un ou plusieurs liquidateurs, détermine leurs pouvoirs et les modalités de leurs opérations.

Actuellement, l’association est dirigée par un bureau composé comme suit :

- Président : M. PLANTARD dit Pierre de France
- Vice-président : M. THEUREAU dit Vallauris
- Secrétaire : Mlle LIBRE dite Dartois Francine
- Trésorier : M. TILLIER.

M. PLANTARD, Pierre Athanase, Marie dit « Pierre de France », né le 18 mars 1920 à Paris (7°), de Pierre et de Raulo Amélie, est célibataire.
Depuis le 1er juillet 1942, il est domicilié 10, rue Lebouteux (17°) avec sa mère. Précédemment il habitait 22, place Malesherbes (même arrondissement).
Se disant journaliste, conférencier, il n’exerce actuellement aucune profession. Il a été pendant plusieurs années sacristain de la paroisse Saint Louis d’Antin. En réalité, il paraît être à la charge de sa mère pensionnée depuis la mort de son mari, tué dans un accident de travail.
M. Plantard a essayé en 1937 de fonder un mouvement politique anti-juif et anti-maçonnique ayant pour but « l’épuration et la rénovation de la France ». Il avait alors sollicité de %. Daladier, alors Président du Conseil, l’autorisation de faire paraître, à l’intention des membres de ce groupement, un journal intitulé « La Rénovation Française ».
Cette autorisation lui ayant été refusée, il a alors fait paraître ce journal sous la forme de tracts, jusqu’en 1939. En 1940, il a adressé une demande aux autorités d’occupation aux fins de reprendre la publication de ce journal. Cette demande est restée sans suite.
D’autre part, il a dirigé le « groupement catholique des jeunes » mouvement officieux destiné à la récréation des jeunes gens de diverses paroisses de la capitale. Ce groupement organisait chaque année une colonie de vacances à Plestin-les-Grèves (Côte du Nord), et comptait en 1939, 75 jeunes gens.
Plantard a pris la arole au cours d’une conférence destinée aux jeunes, organisée par le ‘groupement catholique de la jeunesse », le 20 juin 1939 à la salle Villiers.
Il a adressé, le 16 décembre 1940 , au maréchal Pétain une lettre, qui, sous prétexte de dénoncer un complot juif et maçonnique paraissait plutôt être destinée à attirer l’attention sur lui.
Enfin, il a fondé en mai 1941, une association dite « Rénovation nationale Française », d’ailleurs restée sans activité, l’autorisation lui ayant été refusée par les autorités allemandes le 3 septembre 1941.
Le 24 octobre 1942, Plantard a fait l’objet d’une enquête de la part de nos services à la demande des autorités allemandes, pour avoir sollicité l’autorisation, qui d’ailleurs lui a été refusée, de fonder l’association dont il est actuellement question.
Ces diverses demandes et peut être son attitude vis à vis des autorités d’occupation lui ont valu une incarcération de 4 mois à la prison de Fresnes.
Plantard apparaît comme un jeune homme illuminé et dégénéré, se croyant seul capable de bien diriger la jeunesse française.
Il n’attire pas autrement l’attention, tant au privé qu’au point de vue politique, et un bulletin de recherches établi à son nom est revenu des Sommiers Judiciaire avec la mention « Inconnu ».

M. THEUREAU, dit « Vallauris », Jacques, né le 8 juin 1921 à Paris (17°), est célibataire.
Depuis sa naissance, il habite avec ses parents, domiciliés 12, rue Jouffray (17°), au loyer annuel de 3.000 francs.
Artiste dramatique, M. Theureau est actuellement employé au Ministère de l’information et détaché au poste de « Radio 45 ».
Favorablement représenté au privé, il n’attire pas d’autre part l’attention au point de vue politique.
Il est inconnu aux Archives de la Police Judiciaire.
Son nom n’est pas noté au Sommiers Judiciaires.

Mlle LIBRE Suzanne, dite « Dartois Francine » est née le 7 mars 1922 à Arras (Pas de Calais).
Elle habite chez ses parents, domiciliés 127 boulevard Pereire (17°), depuis 1940, au loyer annuel de 7.000 francs.
Actuellement elle suit des cours d’art dramatique.
Mlle Libre fait l’objet de bons renseignements au point de vue conduite et moralité.
Elle ne paraît manifester aucune opinion politique, et n’a jamais attiré l’attention de nos services à ce sujet.
Mlle Libre n’a pas d’antécédents judiciaires.

M. TILLIER Jules, Joseph, Alfred, né le 26 avril 1896 à Boulogne-sur-Mer (Pas de Calais), de Alfred, Philias, et de GUYOT marie, Joséphine, est divorcé n’a pas d’enfant.
Il est domicilié 14, boulevard Ney (18°) depuis 1914.
M. TILLIER est comptable principal à la « compagnie des forges et aciéries de la Marine d’Homécourt » 12, rue de la Roche Foucault (9°).
Il a été classé service auxiliaire à la suite de blessure reçue au cours de la guerre 1914-1918, et a été mis en affectation spéciale en 1939. Il est titulaire de la Croix de guerre avec 2 citations.
Favorablement représenté au privé, il n’attire pas par ailleurs l’attention au point de vue politique.
M. Tillier est inconnu de nos services, ainsi que des archives de la Police Judiciaire.
Son nom n’est pas noté aux sommiers judiciaires.

D’après les renseignements recueillis, cette association n’a jusqu’alors manifesté aucune activité. Elle compte une cinquantaine d’adhérents, lesquels d’ailleurs démissionnent à tour de rôle dès qu’ils ont apprécié le Président de l’association et constaté que celle-ci n’a aucun caractère sérieux.


Le 4 mai 1954

Préfecture de Police
Cabinet du Préfet
1ère Dion Adinistrative
1er bureau
N° du D 90.009
N° de la Note 6271 Cab/SD

A.S. de M. Plantard qui sollicite la
Délivrance d’un certificat d’internement.

M. PLANTARD Pierre Athanase Marie dit « Pierre de France », dit « Varran de Verestra », né le 18 mars 1920 à Paris (7ème) de feu Pierre et de Raulo Amélie est marié et a une file âgée de 3 ans environs.

Avant son mariage, il demeurait chez sa mère domiciliée depuis 1942 au 10, rue Lebouteux (17ème). Celle ci, qui est sans nouvelle de lui depuis mai 1951, affirme qu’il se trouverait actuellement dans la région d’Annemasse (Haute Savoie).

M. Plantard se dit journaliste, mais en réalité a vécu jusqu’à son mariage, entièrement à la charge de sa mère, titulaire d’une pension qui lui a été allouée à la suite du décès de son mari, survenu accidentellement.

Il est considéré dans son entourage comme un jeune homme prétentieux, sans grande formation intellectuelle, ayant cherché pendant l’occupation, en créant des mouvements plus ou moins fictifs, à se donner de l’importance pour tenter de gagner la considération et l’appui du gouvernement. Anti juif et anti franc-maçon, il se serait donné pour but pendant l’occupation « l’épuration et la rénovation de la France ».

C’est ainsi que le 16 décembre 1940, il a adressé à l’ex Maréchal Pétain une lettre dans laquelle il dénonçait un prétendu complot juif et gaulliste qui, comme l’a montré l’enquête, n’a jamais existé. Par ailleurs, il a fondé en mai 1941 un groupement dit « Rénovation Nationale Française » qui n’a jamais eu d’activité, les allemands ayant refusé en septembre 1941 l’autorisation de fonctionner à cette organisation. D’autre part, le 24 octobre 1942, M. Plantard a fait l’objet d’une enquête à la demande des autorités allemandes pour avoir sollicité l’autorisation de créer l’association dite « Alpha Galatès » autorisation qui fût également refusée.

Au sujet de l’attestation de M. Plantard, sa mère déclare : « Mon fils a été arrêté par les allemands à une date que je ne puis préciser, souffrant d’amnésie. L’appartement n’a pas été fouillé par la police française mais par des gendarmes allemands accompagnés de civils allemands. Mon fils est resté incarcéré quatre à cinq mois à la prison de Fresnes ou il a subi de nombreux sévices ».

Les vérifications faites dans les divers services administratifs de ma Préfecture de Police n’ont pas permis de trouver trace de l’arrestation de M. Plantard.

Son nom n’est pas noté aux Sommiers Judiciaires.

 




< Retour


A propos de Octonovo | Copinages | Lettre d'information | Droits

La liste de diffusion est effective depuis janvier 2002. Elle est déclarée à la CNIL et ne sera en aucun cas revendue, cédée pour exploitation etc...
- Copyright © 2003-2010, Octonovo.org - Tous droits réservés -