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Rennes le château, une affaire paradoxale

 
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Octonovo




Dernière mise à jour
le 30 janvier 2010


L'Histoire
 

 

A PROPOS DU DEPLACEMENT DE LA TOMBE DE L'ABBE SAUNIERE

Le déplacement de la tombe de Bérenger SAUNIERE ne me dérangerait pas plus que cela s'il ne s'agissait, d'une façon évidente, d'un prétexte fallacieux pour faire payer l'entrée du musée municipal.

Par contre, je trouve proprement scandaleux que le reste du cimetière soit laissé totalement à l'abandon, sans aucune considération pour la foule d'ossements de toutes sortes qui se répand, laissés à la disposition des amateurs de scabreux

Il est tout à fait exceptionnel que je consacre un travail à l'actualité de Rennes le château. En règle générale, je préfère travailler loin des passions et attendre que celles ci soient retombées pour essayer de me livrer à des travaux sereins.

Mais en cette mi-octobre 2004, je reviens de Rennes le château et j'ai un sérieux coup de moutarde qui me monte au nez. Je me rappelle du proverbe préféré de mon grand père : le respect, c'est comme les coups de pieds au cul, ça se mérite !

Donc acte...

AU DEPART

Je dois confesser que le déplacement de la tombe de l'abbé SAUNIERE était un sujet qui me laissait froid. Je connais les principaux arguments des détracteurs de cette action :

- L'abbé est enterré en domaine privé (ce qui ne devrait pas durer)
- Il n'est pas enterré en terre consacrée (ce qui est un comble pour un curé, car faut-il le rappeler, BS fût un prêtre attaché à sa fonction).
- L'action révolte 80% des personnes interrogées (selon un sondage portail-rennes-le-château.com).
- L'emplacement avait été choisi par l'abbé lui-même.
- Il est enterré avec Marie, avec qui il fût inséparable de son vivant et qui témoigna une fidélité exemplaire à sa mémoire.

Je connais aussi les arguments des promoteurs de cette action :

- Elle est engagée pour protéger la dépouille mortelle de l'abbé
- Elle est menée en concertation avec la famille (qui depuis 1917 ne s'en était jamais soucié, mais c'est une autre histoire...)
- Elle a été menée légalement, avec autorisation préfectorale et concours de la force publique (ce dernier point est quand même totalement surréaliste).

Et j'en oubli certainement...

Pour ma part, je me souviens que l'abbé avait lui-même déplacé les tombes du cimetière, ce qui avait provoqué des lettres de plaintes des habitants du village au préfet :

(...) Nous électeurs, protestons, qu'à leur décision, le dit travail (dans le cimetière ndlr), que l'on donne droit au curé de continuer n'est d'aucune utilité

(...)qu'après que nous ayons fait des embellissements ou placé des croix et des couronnes, que tout soit remué, levé, changé dans un coin.

Déjà ce n'était d'aucune utilité..., mais bref, passons

 

PASSONS VOIR LE CURE

Profitant de mon passage à Rennes, je décide d'aller voir ce brave curé dans sa nouvelle demeure. Arrivé devant le presbytère-musée, un premier problème se pose évidemment :

- Je souhaiterais aller me recueillir sur la tombe de l'abbé SAUNIERE.
- C'est 4,25 euros...

Je vous épargne la suite. Le musée, je m'en contrefous, je le connais par coeur, Et j'ai déjà payé cet été pour faire la visite à des journalistes de passage (même pas un tarif réduit... je rêve!), ET je ne vais rester que 5 minutes, ET je ne viens que pour la tombe de l'abbé ET je suis honorablement connu depuis le temps (il faudrait envisager un abonnement pour les gens comme moi) ET... je m'arrête là.

C'est 4,25 euros!

Seule échappatoire "vous êtes de la famille, parce que là c'est gratuit, cela a été négocié avec la mairie".

Je ne suis pas menteur, c'est donc 4,25 euros...

Cette plaque est donc un faux récent...

 

C'EST TOUT PROPRE, C'EST TOUT NEUF, C'EST TOUT CON

Me voilà donc enfin, grâce à cette modeste contribution (versée de bon coeur, il va sans dire, on ne va pas revenir sans fin sur ce détail...) devant ce magnifique monument posé au milieu de l'ancienne basse cour du domaine (un symbole?).

 

C'est 4,25 € le spectacle, mais c'est beau...

 

Première réflexion, le cénotaphe est trop court, l'abbé a donc été réduit (pour ceux qui ignorent la chose, cela consiste à ranger les ossements des jambes et des bras dans la cage thoracique, pour "raccourcir" le squelette). Mon mauvais esprit me fait penser qu'un cénotaphe plus long aurait été trop cher : la fortune de l'abbé n'est plus ce qu'elle était.

Deuxième réflexion, un simple pied de biche doit suffire pour l'ouvrir alors que la précédente sépulture avait toujours résisté aux précédents profanateurs. Mais ce n'est maintenant plus la peine d'espérer trouver quelque chose dedans, les autorités publiques sont passées avant tout le monde. C'est normal après tout, ce sont nos représentants.

Cela appelle quand même de ma part une troisième réflexion, un tantinet morbide: ou sont passés les effets personnels de l'abbé? Vu qu'il a été raccourci, c'est qu'il en a été débarrassé. Et son ordo, qu'il tenait en main comme compagnon d'éternité ?

Mais ce qui retiens véritablement mon attention, c'est l'emplacement choisi. Si le but, c'est de soustraire la dépouille mortelle de l'abbé SAUNIERE à l'action d'éventuels profanateurs, c'est véritablement très con!

D'abord le domaine n'est pas un lieu inviolable loin de là. Si vous en faites le tour et que vous ne trouvez pas 100 façons de rentrer nuitamment, c'est que vous êtes tétraplégiques.

L'une des méthodes les plus connues consisterait à passer par... le cimetière justement. Il existe un raccourci qui est connu pour avoir (peut être) permis à Bérenger SAUNIERE de passer du cimetière au domaine sans avoir à faire le tour de l'église et du presbytère, et surtout sans se faire voir des habitants du village (pratique non?). Le truc est connu des chercheurs, et Alain FERAL l'avait même montré à des journalistes qui en avaient fait des articles, c'est vous dire si c'est un secret !

De même, tous les habitants du village savent (et on peut s'étonner que M. le maire soit le seul à ne pas savoir) que les véritables tentatives de profanation se font par la falaise qui bordent le cimetière et non par le dessus. Je m'en suis moi-même entretenu avec le cantonnier, en lui demandant quand on allait bétonner ces trous (qui datent de plusieurs années) pour protéger les tombes d’éventuels profanateurs, ce qui n'est toujours pas fait depuis des années. Nous aurons l'occasion d'y revenir...

Mais le pire, c'est qu'en voyant l'emplacement du cénotaphe, je pense à 2 ou 3 choses que je ne vous dirais pas (je ne tiens pas à ce que d'éventuels profanateurs profitent de mes indications...), mais qui me font dire : si le but c'est de "protéger" les restes de l'abbé, on n'a pas fait plus con depuis longtemps!

Je ressors du domaine 4 minutes 15 plus tard (1 euro la minute, mais on ne va pas y revenir sans cesse...), et je me dis que je vais aller sur la tombe de Marie DENARNAUD, car Marie est un de mes personnages préférés de l'affaire (je la préfère même à Bérenger si vous voulez tout savoir).

LE CIMETIERE

Je ressors donc du musée avec le triste sentiment que décidément, mon village préféré est devenu un village de fous, et je vais au musée demander les clés du cimetière qui est fermé.

"C'est interdit maintenant, vous ne pouvez plus rentrer au cimetière" me dit la caissière (celle des 4,25 euros justement).

Ben voyons, compte dessus !

J'ai bien du faire 50 mètres dans le village avant de rencontrer un ami, qui accepte de m'accompagner au cimetière.

L'ancienne tombe de Bérenger SAUNIERE

(manque le panneau à vendre suite à expropriation)

L'ancienne plaque est en pièce.

L'abbé Bruno De MONTS pensait qu'il pouvait s'agir de l'ancienne dalle de Marie De NEGRE D'ABLES réutilisée et que les anciennes inscriptions auraient pu se retrouver derrière.

On est pas prêt de le savoir...

 

Le tombe de Marie est à peu prêt intacte. Le spectacle qui s'offre à moi concernant la tombe de l'abbé n'a rien d'extraordinaire. Simplement la tombe a été cassée et c'est un peu comme si l'histoire se répétait.

(...) qu'après que nous ayons fait des embellissements ou placé des croix et des couronnes, que tout soit remué, levé, changé dans un coin.

L'histoiore de Rennes serait elle un éternel recommencement ?

 

A CE MOMENT LA

Bref, arrivé là, je pense en avoir fini de ma visite. Mes sentiments sont partagés. Vous avez le droit de penser ce que vous voulez du déplacement de la tombe de l'abbé SAUNIERE, mais moi, c'est réellement un sujet qui m'indiffère, du moment que c'est fait, non pas avec le respect du aux morts, mais au respect du aux anciens vivants, comme nous le serons tous un jour vous et moi.

Ce qui me préoccupe, c'est plus la mauvaise ambiance qui règne dans mon village préféré et alentours. L'histoire du "curé aux milliards" a des répercussions que je juge proprement surréalistes. Le déplacement de la tombe de l'abbé SAUNIERE n'en est pour moi qu'une parmi d'autres, mais ce qui devrait être une histoire merveilleuse vire au sordide quotidien depuis quelques années.

C'est à ce moment là que la personne qui m'accompagne m'interpelle : " Par contre, ce qui se passe en bas, c'est vraiment dégueulasse. Ca tu devrais en parler sur ton site".

Je me penche pour regarder, je vois bien ce qu'il me montre, mais j'avoue avoir du mal à y croire. C'est à ce moment précis que j'ai décidé d'écrire ce texte, car clairement de qui se fout-on?

 

LE CHEMIN EN CONTREBAS...

En contrebas du cimetière et du domaine de l'abbé SAUNIERE, il y a un chemin que je connais bien, et que le maire de Rennes le château a fait refaire récemment, sans qu'on ne puisse très bien comprendre pourquoi. Et encore une fois ces travaux se sont fait au détriment de vestiges archéologiques qu'ils n'ont probablement pas été reconnus. Mais ceci est une autre histoire...

Le beau chemin tout neuf.

A gauche, la bordure du cimetière,

dessous, des vestiges archéologiques

 

Le chemin a été refait à grand prix, mais légèrement au-dessus, les trous à flancs de cimetière sont toujours béants. C'est bien la peine d'avoir déplacé autant de terre et de gravats pour ne même pas être foutu de mettre un coup de ciment 3 mètres à côté !

Des trous sous le cimetière, en veux-tu ? En voilà !

 

Je précise que selon la rumeur, ce chemin a été fait soit pour couvrir des fouilles clandestines (il s'agit probablement de rumeurs malveillantes, mais cela vous donne une idée de l'ambiance au village) soit pour servir d'aire de pique nique. Je le dis, pour bien que vous compreniez l'absurdité de la situation...

PETITE LECON D'ANATOMIE

Mon ami me montre tout d'abord un crane, en me précisant qu'il y en avait d'autres mais que probablement "des gens ont du en emporter". Mon oeil exercé à l'anatomie reconnaît des vertèbres, une côte flottante, un cubitus qui a du appartenir à un enfant de 8 ou 10 ans, une calotte crânienne d'adulte, des têtes de fémur, et des ossements qui ont du appartenir à un bébé (la mortalité infantile était importante encore il y a un siècle)...

Le crane est en exposition gratuite, mais hors du musée municipal
Tous mes souvenirs d'anatomie livrés aux vents

Je vous passe le détail, il y a là, sans gratter la terre, de quoi reconstituer plusieurs personnes. Il y a aussi des vestiges de vêtements et des décors funéraires ou des ferrures de cercueils !

Godillot (vers 1850) et ferrure de cercueil (vers la même époque)
Une aire de pique nique fleurie...

 

Le tout à l'abandon le plus complet (sur une aire de pique nique?), En voyant cela, il me revient en mémoire l'épitaphe de François VILLON :

Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car si pitié de nous avez,
Dieu en aura plus tôt de vous merci,

Je ne suis pas quelqu'un de religieux, mais j'avoue avoir été pris d'une grande pitié pour ces "anciens vivants" mes frères.

LA CERISE SUR LE GATEAU

En rentrant, mon ami me montre le communiqué de la mairie sur le déplacement des restes de l'abbé SAUNIERE (c'est moi qui souligne les passages qui m'énervent plus particulièrement)..

OBJET : TRANSFERT DES RESTES MORTELS DE L'ABBE SAUNIERE

De plein droit, la famille de l'abbé SAUNIERE a souhaité le transfert des restes mortels. Ce transfert a eu lieu le 14 septembre 2004 entre 07 heures et 10 heures dans le plus grand respect de l'Homme et des Lois.

L'abbé repose maintenant en paix dans le Domaine.

Je souhaite à tous les défunts, nos parents qui reposent dans le cimetière communal, la même paix.

Respectueusement

J.-F. LHUILLIER maire

C'est vraiment ce que j'appelle se foutre de la gueule du monde !

Je me rappelle du paradoxede l'homme politique qui explique bien des échecs comme celui ci : est-il un brave homme qui veut rendre service à la collectivité, mais d'une incompétence rare, ou bien est-il parfaitement compétent, auquel cas il est un vrai salaud ?

En attendant que la question soit tranchée, il serait bon que ces foutus trous soient enfin maçonnés et les "restes mortels", "respectueusement" remis à l'ossuaire.

Octonovo, le 22 octobre 2004

 


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