A propos de mon livre
Si vous avez apprécié le site, vous devriez apprécier mon livre :
Rennes le château, une affaire paradoxale

 
ACCUEIL


 


 
Infos

La vie du site

Après 4 ans de mise en sommeil, le site reprend son activité :

- mises à jour,

- corrections,

- diversification

En espérant que vous y trouverez toujours de nouveaux éléments pour satisfaire à votre curiosité.

Octonovo




Dernière mise à jour
le 30 janvier 2010


L'Histoire
 

Si l'on devait choisir une date à laquelle démarre l'histoire, je pense que tout le monde s'accorderait pour le 1er juin 1885. C'est vers cette date que l'abbé Bérenger SAUNIERE gravit la route qui monte à Rennes-le-Château. Probablement celle qui monte de Couiza et qui part de l'actuel cimetière. On imagine notre curé, montant, toujours probablement, sous un soleil écrasant vers ce qui va devenir sa cure. En effet, il vient d'y être nommé par son évêque, Monseigneur BILLARD.

Rennes-le-Château est un petit village, de 300 ou 400 âmes. Pas d'industrie comme dans la vallée où on fait des chapeaux de feutre "à la mode de Paris". Des cultivateurs et des éleveurs sur une terre qui, si elle est située en hauteur, n'en reste pas moins aussi basse qu'ailleurs, voire plus basse encore.

Pourtant, ce petit village ramassé en haut de la colline, avec ses fermes alentours a été, sous le nom de Rhédae (1) le chef-lieu du Razès, un comté hérité de l'époque wisigothique. Si des auteurs du XIXe siècle ont largement exagéré la population de cette ville (en lui donnant 30.000 habitants vers 600 EC comme Louis FEDIE), on se souvient néanmoins que les missi dominici de Charlemagne, en 796, l'ont citée comme troisième place d'importance dans la région après Narbonne et Carcassonne.

Un véritable casse-tête d'ailleurs que le passé de Rennes-le-Château. Place d'importance, on ne peut pas le nier... Mais de quelle importance, cela reste difficile à préciser. Lors de la croisade des Albigeois (XIIIe siècle), on signale la prise de deux châteaux alentours (Le Bézu et Coustaussa), mais rien sur Rhedae. La ville ne semble donc plus avoir d'importance stratégique dès cette époque. Au XIVe siècle, elle est attaquée et ses derniers  remparts ruinés. Pour les époques préalables, le matériel d'étude est rare... Mis à part la mention qu'en font les missi dominici de Charlemagne, quelques vestiges épars et mal étudiés...

Pourtant, indéniablement, Rhédae fût une place d'importance dans une région au passé riche. Dans les alentours, Rennes-les-Bains est une station thermale dès le Ier siècle AEC, avec de nombreux vestiges gallo-romains. Couiza est la patrie des Ducs de JOYEUSE, qui s'illustrèrent sous Henri III, mais aussi une voie de communication importante. Les Templiers étaient présents à Campagne sur Aude, et les cathares omniprésents comme dans tout le Languedoc à l'époque.

Les différentes populations qui occupèrent les lieux, celtibères, Wisigoths, Sarrasins, gens d'Oc, ont tous participé à une histoire locale, qui, si elle est parfois dure à recomposer, est riche et intéressante.(*)

Il est d'ailleurs à noter, que l'histoire de Rennes-le-Château et de sa région, depuis des temps reculés, relate des légendes tenaces de trésors. Or du Diable, de faux monnayeurs de bonne famille, de Wisigoths en fuite, ou de Reines blanches, voire de berger égaré, les histoires vont déjà bon train avant même l'arrivée de notre curé.

Nous l'avions laissé grimpant la colline. Maintenant imaginons-le arriver au village.

Il n'est pas vraiment un étranger (bien que dans le pays, la notion d'étranger soit beaucoup plus contagieuse qu'ailleurs, et que venant du village d'à- côté...) puisqu'il est natif du village de Montazels (le village d'à-côté justement, en bas dans la vallée, de l'autre côté de Couiza). Lui, c'est une masse, un géant, un colosse pour l'époque. Tous ceux qui l'ont décrit, en bien ou en mal, insistent sur son charisme étonnant. Il est né en 1852 d'une famille de 7 enfants, dont il est l'aîné. Famille de notable du village mais village modeste... Brillant sans être un génie, il se destine à la carrière de prêtre, comme le fera aussi l'un de ses cadets, le très étonnant Alfred SAUNIERE. En 1885, il est nommé à côté de sa famille donc, à Rennes-le-Château

Voisin, mais un peu étranger donc, et qui plus est "pauvre corbeau" (pauvre curé de campagne qui fait "crois! crois! crois!"), il arrive dans un village ou le presbytère est inhabitable et l'église en piètre état.(2) Il s'en va loger chez l'habitant, et de ses premières années, on retiendra surtout son dénuement et sa rencontre avec Marie DENARNAUD qui va devenir sa fidèle servante.

Sans rentrer en détail dans la chronologie ..., Bérenger SAUNIERE va entreprendre des travaux dans son église. Que trouve t'il exactement, en une ou plusieurs fois? A quelle date?

Pour faire un résumé, durant les années de restauration de l'église, découvertes, fouilles et comportements étranges  alternent(3). Toujours est- il qu'en 1897, lors de la visite de son église par l'évêque de Carcassonne, les travaux sont finis. L'église a été refaite de fond en comble, dans le style Saint Sulpicien qui plaisait beaucoup à l'époque, et qui aurait plutôt tendance à déplaire fortement de nos jours. Enfin! Cela fait "propre" et soit dit entre nous, cela a déjà coûté des sommes considérables. C'est à dire, bien plus que le curé ne gagnait.(*)

Après la maison de Dieu, la maison de son représentant. D'abord le presbytère, puis la construction d'une villa (la villa Béthanie). Une pure horreur néo-gothique, mais à la mode de l'époque! Avec tour (la tour Magdala qui lui sert de bibliothèque), verrière, jardins, fontaines, potager et j'en passe. Là encore, cela coûte plus que ce qu'est sensé gagner le curé (les factures et les détails de sa comptabilité le prouvent).

Enfin, le style de vie est à l'avenant. Là encore, le curé dépense sans compter (4) pour lui, sa bonne et ses nombreux invités. La vie qu'il mène là- haut après 1900 est restée dans les annales. L'abbé était un bon vivant!

Malheureusement, un tel bonheur ne peut pas être fait pour durer! Un petit retour sur la chronologie s'impose.

 L'évêque de Carcassonne, Monseigneur BILLARD, qui est sensé lui avoir été très favorable durant toutes ces années décède en 1901. Il va être remplacé par Monseigneur de BEAUSEJOUR, qui est un homme d'une autre trempe.

En 1905, c'est son frère Alfred qui décède à Montazels. Alfred, c'est l'autre curé SAUNIERE. Je vous l'ai donné comme très étonnant tout à l'heure. Il faut dire qu'a côté de lui, Bérenger à presque l'air d'un premier communiant (5). Amant d'une marquise, père de deux enfants... de mères différentes, pris dans un obscur scandale qui lui vaut d'être mis à la retraite dès 1894, il fréquenta les milieux occultistes de l'époque (6), et mourut alcoolique (*)

C'est vers 1909 que les nuages commencèrent à s'amonceler au dessus de la tête de Bérenger SAUNIERE. Monseigneur de BEAUSEJOUR commence à s'intéresser à l'origine de la fortune de l'abbé, et de fil en aiguille lui intente un procès pour trafic de messes. A l'époque, un curé peut dire des messes contre rétribution, messe que des fidèles adressent généralement à la mémoire d'un être cher. On l'accuse d'en avoir sollicité un maximum (ce qui est vrai) et de ne pas les avoir dites ou fait dire (ce qui se discute encore de nos jours). Le procès, de manoeuvres dilatoires, en appels et tractations, va s'éterniser (Je ne suis pas sûr de la bonne foi de Monseigneur de BEAUSEJOUR, mais en revanche, je vous assure de la parfaite mauvaise foi de Bérenger SAUNIERE!) (*)

Notre abbé va se retrouver interdit d'exercice. Mais il refusera de quitter son domaine. Ces  luttes vont épuiser sa santé. Après un long combat pour son honneur de prêtre, il décède début 1917.

Ce que l'on retient de sa vie, c'est qu'il a vraiment dépensé beaucoup d'argent pour un "pauvre" curé de campagne, qu'il a aussi eu de drôles de fréquentations, et de drôles d'activités.

Sa bonne, Marie DENARNAUD, un véritable exemple de dévouement et de fidélité, a été sa légataire universelle. Elle devient rapidement pauvre et elle a réglé de nombreuses dettes par cession de meubles et d'objets. Elle a laissé la bibliothèque de l'abbé se disperser aussi...

L'affaire, finalement, ne demandait pas mieux qu'à s'intégrer dans le folklore local, et à être oubliée. Je connais d'autres histoires de curés qui ont trop dépensé. Je connais d'autres histoires étonnantes qui peu ou prou sombrent dans l'oubli. L'histoire du curé? Pour les gens du village, elle était claire: l'abbé avait trouvé un trésor dans l'église et il en avait profité.

L'affaire était -elle finie?

Après la guerre, un dénommé Noel CORBU rachète le domaine de l'abbé en viager à Marie DENARNAUD. Elle meure en 1953. Il va le transformer en hôtel "de la Tour". Aux curieux, il raconte "l'histoire". De fil en aiguille arrivent les chercheurs de trésor: Robert CHARROUX, CHOLET, MALACAN, Jean PELLET et avec lui Henri BUTHION qui reprendra le domaine à la famille CORBU. Les fouilles commencent, hautes en couleurs, et elles iront bon train.

Un premier article est publié en 1956. Un premier livre en 1967. Des bruits étranges, des documents étranges commencent à circuler. Des sociétés discrètes, plus ou moins héritières de celles que fréquentaient Alfred SAUNIERE, ou qui aimeraient le faire croire, s'agitent dans l'ombre. Les fouilles continuent, mais en douce car elles ont été interdites par arrêté municipal. Et en 1967 parait LE livre sur l'affaire: "L'or de Rennes" de Gérard de SEDE (plusieurs centaines de milliers d'exemplaires). Suite à ce fabuleux coup, les touristes et les curieux commencent à affluer au village. D'autres livres seront publiés, certains extrêmement sérieux, d'autres non (7).

En 1984, parait le plus gros tirage concernant l'affaire de Rennes: L'Enigme Sacrée (voir (7) justement).

Voilà, vous avez maintenant quelques bases concernant l'affaire.

VOIR SUR LE SITE :

Quelques documents sont repris sur ce site retraçant spécifiquement l'histoire "classique"

Le manuscrit CORBU

Notice sur Rennes le Château (René DESCADEILLAS)

Notice DELMAS (René DESCADEILLAS)

(*) C'est vraiment très résumé, on est bien d'accord!

(1) Le nom de Rhédae, qui sera retenu ici pour désigner l'ancien nom de Rennes-le-Chateau est approximatif. Suivant les auteurs et les époques, on trouve Réda, Rédae, Rédé, Aereda, etc... etc... On s'accorde généralement sur l'origine Wisigothique du nom... (parfois ce serait celtique, c'est selon...)

(2) Il faut bien poser la situation de départ. Le presbytère est en ruine et fait l'objet de litiges depuis des décennies entre la mairie et l'évêché. L'église est elle aussi à la limite de l' insalubrité et pose des problèmes depuis longtemps aux élus du village. Cette situation a vu par le passé les autorités religieuses refuser un curé au village compte tenu des conditions d'exercice du culte et de logement réservées au desservant.

(3) Par exemple, la population se plaint au Préfet, par l'intermédiaire du conseil municipal, du saccage nocturne du cimetière qui jouxte l'église par l'abbé qui prétend... restaurer le dit cimetière.

(4) A vrai dire, c'est une jolie formule très à la mode dès que l'on parle des dépenses de l'abbé SAUNIERE. Pourtant, un examen plus attentif de sa comptabilité nous montre que si certaines factures étaient payées rubis sur l'ongle, d'autres pouvaient rester en souffrance plusieurs années. D'ailleurs, je pense que l'on doit posséder autant de factures que de relances.

(5) J'ai pas pu m'en empêcher...

(6) Franc-maçonnerie "égyptienne", martinistes, R+C cela commence à faire beaucoup, mais le mélange des genres était de mise à l'époque, pour ceux qui "côtoyaient".

(7) certains auteurs ont manifestement "les fils qui se touchent" pour reprendre une expression que j'adore

 

 


A propos de Octonovo | Copinages | Lettre d'information | Droits

La liste de diffusion est effective depuis janvier 2002. Elle est déclarée à la CNIL et ne sera en aucun cas revendue, cédée pour exploitation etc...
- Copyright © 2003-2010, Octonovo.org - Tous droits réservés -