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Rennes le château, une affaire paradoxale

 
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Dernière mise à jour
le 30 janvier 2010



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Esquisse d’architecture
ou notion générale
sur le caractère et l’objet du Rit Primitif.

N.B. Quoique cet écrit soit destiné uniquement aux FF(1) il faut penser que bien des circonstances peuvent en égarer quelques copies, et la faire tomber entre des mains profanes. Ainsi on a dû s’attacher à ne compromettre aucun des secrets qui sont de l’essence de l’A.R. C’est dans cette vue que les phrases les plus clairement énoncées, les plus scientifiques en apparence, ne veulent à peu près rien dire, tandis que les FF instruits retrouveront peut-être les documents les plus curieux, toute la pensée du R .P. dans les expressions les plus simples, les plus insignifiantes et jusque dans les locutions les plus défectueuses.
M. IV. 16.
L’association connue sous la dénomination de Franche-maçonnerie, a eu, comme beaucoup d’autres sociétés, ses temps romanesques et fabuleux, et ses époques historiques ; encore faut-il distinguer dans ces dernières, ce qui appartient véritablement à l’histoire, d’avec ce que l’enthousiasme, l’engouement, ou des motifs quelconques, ont fait ajouter à la vérité des faits ; en un mot, d’avec tout ce que l’on pourrait nommer la broderie. Il faut convenir encore, que cette société a éprouvé dans ses formes, ses dogmes et sa coordination, une infinité de schismes et d’hérésies, s’il est admissible d’appliquer ici ces expressions consacrées à des objets plus relevés.
Soit par l’impulsion de ce sentiment, que l’on nomme esprit de corps, soit par l’effet d’un zèle plus ardent que réfléchi, on a pris à tache de donner le change aux observateurs, sur l’origine et le but de cette association.
C’est de là qu’est provenue cette multitude innombrable de rits, de grades, de titres, de décoration, cette variété de couleurs, et cette foule de soi-disant Maitres, de Sages, de Philosophes, d’Excellens, de Sublimes, de Précepteurs de la sagesse, de Docteurs en toutes science, de demi-Dieux, de Thaumaturges en toute espèce de superlatifs, qui (s’il pouvait être permis d’employer une pareille image dans ce discours), du haut de leurs traiteaux, s’écrient sur tous les tons, chacun de son coté : Venez à moi, je suis le vrai Polichinelle ; accourez tous, mon baume est le meilleur.
Impossible au milieu de cette effervescence presque générale, et fixés dans leur croyance m, les FF\ anciens du R.P. ont toujours conservé, dans leur pureté originelle, les notions traditionnelles sur l’essence des motifs de l’institut des Francs-Maçons.
Mais comme ils tenaient à ces notions, par conviction, et non par entêtement, ni par prévention de secte ; et que des trésors précieux sont quelquefois enfouis sous des tas de décombres, les FF\ anciens n’ont pas dédaigné de rechercher dans les divers systèmes m\ ce qu’ils pouvaient renfermer de bon et d’analogue aux notions primitives. Liés l’un à l’autre par une confiance réciproque et par un zèle à toute épreuve pour les progrès de l’A.R\ ils ont saisi toutes les circonstances heureuses qui les ont mis en mesure d’explorer les ateliers les plus illustres du monde connu. Les principaux O\ de France, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie ; ceux de la côte de Syrie et des établissements européens dans les deux Indes, ont été visités par quelques-uns de ces FF\. On les a admis avec urbanité dans les ateliers peu connus qui existent en Chypre, en Hollande, en Suède, dans la partie occidentale de l’Ecosse, et dans les cercles mystérieux tracés aux pied des montagnes bleues. A une grande distance des sources contestées du Nil, père des eaux, ils ont vu de très près le prétendu Grand-Cophte, enseveli sous son grand voile noir. Près des bords couronnés de Lauriers, ils ont pénétré dans la Crypte auguste ou P.. RR. présente aux regards et à la réflexion des mortels étonnés, les trois clefs, en faisceau, qui lui ont été confiées. Enfin, non loin des rives fortunées du fleuve des délices, existe à jamais pour eux l’O\ de tous les O\ de la terre, berceau originel de l’institut fondamental et primitif de toute franche-maçonnerie.
De sorte qu’il ne peut guères y avoir de parties de connaissances dites m\ qui aient échappé aux études et aux observations des FF\ anciens. Il a résulté de leurs notices et découvertes rapprochées et comparées, une immense nomenclature de dénominations et de prétendus grades, mais aussi les documents de quelques vérités utiles. Cependant, ces FF\ sont très éloignés de regarder comme rigoureusement apocryphes, les Rits ou Régimes m\ dont les cahiers se distinguent par la beauté des emblèmes, l’ordonnance des cérémonies, la régularité de la contexture, l’excellence de la morale qu’ils renferment. Etrangers à tout esprit de prosélytisme exclusif et inconsidéré, ils se sont félicités au contraire de ce qu’il existait d’autres voies ouvertes à l’instruction et à l’amélioration des hommes.
Ils sont bien plus éloignés encore de confondre dans la foule des productions m\ abstruses, les documents d’un Ordre mystérieux et sublime, peu nombreux par une suite de son essence, et qui, sous certains aspects, présente aux yeux de ses Disciples, quelques unes des formes des M\. Sa doctrine et la pratique de ses travaux, appuyés sur des principes vrais, essentiels, inaltérables, universels, permanents, toujours semblables à eux-mêmes et jamais équivoques ne sont point susceptibles d’être changés, tronqués, ou dénaturés par le caprice des hommes, par l’audace ou l’impéritie des novateurs. Les lumières et les actes de cet ordre étant fondés sur une base vraie autant qu’immuable, il ne résulterait de toute altération en ce genre, qu’erreur, mensonge et néant. C’est vraiment ici que tout charlatanisme est pris en défaut ; ici se fait l’application juste de la sentence sans appel : a fructibus eorum cognoscetis eos(2) ; puisque ce n’est pas par un vain étalage de phrases et de titres, mais par des faits, qu’il faut prouver et sa mission  et sa puissance.
Les FF\ anciens ont également pris en considération, mais sous un aspect moins favorable, ces Régimes exclusifs qui refusent de reconnaitre dans leurs rivaux, leurs émules, tout ce qu’eux-mêmes s’arrogent, sans être toutefois mieux fondés dans leurs prétentions ; ces Rits qui critiquent avec amertume, la coordination, l’enseignement, le plan fiscal des autres, et qui ne se donnent pas le soin de voir que ces reproches seraient mieux placés vis-à-vis d’eux ; ceux encore qui feignent de rejeter, de proscrire certains prétendus grades, et qui néanmoins, sous les auspices de quelque variante, en font le but principal de leur culte, et le but définitif de leurs travaux.
Enfin, ils ont apprécié ce que valent les Régimes qui, profondément plongés dans leurs formes, leur hiérarchie, leurs costumes, confessent implicitement, et sur-tout sans même s’en apercevoir, que leurs M\ ne sont guère puissants, ni en paroles, ni en œuvres.
Quoi qu’il en soit, il est certain que les FF\ anciens du R.P. n’ont rien négligé pour pénétrer dans le dédale des connaissances dites m\. Mais quelques succès qu’ils aient eu dans leurs recherches, ils auraient savouré avec peu de douceur les fruits qu’ils en ont recueillis, si, pour prix de leurs soins, de leurs travaux, de leurs sacrifices, ils n’avaient pas acquis le droit, ou plutôt contracté le devoir de sauver leurs fils, leurs neveux, leurs parents, leurs amis, du danger où ils s’étaient exposés de parcourir la même route d’une manière toute aussi pénible, tout aussi dispendieuse, et peut être sans parvenir jamais aux mêmes résultats.
C’est pourquoi les FF\ anciens n’ont pas dû hésiter à professer d’un franc-courage, que l’ordre ou société des Francs-Maçons du Rit primitif, avoue et reconnait pour première base de sa réunion et de sa propagation, l’esprit de sociabilité exprimé par l’adage bien connu :  homo sum ; nihil humani a me alienum puto (3); qui tend à faire de tous les hommes un  peuple de frères ; et pour la seconde base, l’esprit d’humanité et de secours mutuel, qui découle du même principe, et revendique le même adage pour son expression. D’où il suit que le véhicule du rapprochement des hommes sous forme m\, a été, généralement parlant, le désir de gouter ensemble le plaisir qui résulte de leurs réunion, lorsqu’ils y portent libéralement et mutuellement, l’aménité, l’urbanité, les grâces, les manières qui caractérisent les personnes bien nées. La conséquence de ce rapprochement est, en outre des plaisirs de société proprement dis, le plus pur de tous sans doute, celui d’exercer d’une manière plus active , plus fréquente, plus efficace, des actes de bienfaisance envers tous les hommes malheureux, sans distinction ; et plus spécialement encore, envers les FF\ atteints par l’infortune.
Cette notion vraie de l’essence de la M\, transmise par les FF\ anciens, des uns aux autres, est susceptible de la démonstration la plus rigoureuse ; mais, dans cette esquisse, il suffira d’exposer deux passages extraits d’un ouvrage : (The constitutions of etc.. 1767), que les M\ doivent considérer comme classique, et qui en est à sa quatrième édition.
P. 194, “Mean While, ingenious men of all faculties ans stations, being convinced that the cement of the L. was love and friendship, earnestly request to be made Masons, affecting this amiable fraternity more than other societies, then often disturbed with warm diputes.” Alors, des gens d’esprit de toute sorte d’état et de condition, convaincus qu’une familiarité décente et amicale était le ciment des LL\, demandèrent avec empressement d’être faits maçons ; préférant cette confraternité douce et paisible à toutes ces associations qui étaient en ce temps là fréquemment le théâtre de disputes scandaleuses.
Le second passage, encore plus développé, s’exprime ainsi, p. 195 : « now, Mry. Flourished in harmony, reputation and number ; many noblemen and gentlemen of the first rank, desired to be admitted into the fraternity; besides other learned men, merchants, clergy-man and tradesmen, who found a Lodge to be safe and pleasant relaxation from intense study, of the hurry of business, without politiks or party.” La M\ fleurit en ce moment, et s’accrut en nombre, harmonie et réputation. Bien des hommes de qualité et des gentils-hommes du premier rang voulurent être admis au nombre des frères ; de même que beaucoup de gens de lettres, de négociants, d’ecclésiastiques et et d’artistes distingués, qui trouvaient tous que dans la L\ ils se délassaient avec sécurité et agréablement, de leurs études profondes, et du tracas de leurs diverses occupations, sans aucun mélange de discussions politiques ou d’esprit de faction.
Il doit donc rester pour constant, qu’à cette époque fameuse, ou les coteries les plus bizarres et les plus bruyantes s’étaient multipliées indéfiniment, et s’étaient donné une vogue qui avait fixé l’attention et mérité les sarcasmes du célèbre Addison et de ses imitateurs ; les personnes de goût, en cédant à la nécessité de payer leur tribut à la mode des coteries, donnèrent cependant la préférence à celle ou elles étaient assurées de rencontrer des mœurs douces et un délassement agréable ; et réciproquement, le choix de cette position a dû déterminer l’affluence des prosélytes, et faire survivre enfin cette coterie à toutes les autres.
On doit tenir également pour constant et avéré, que cette simplicité primitive de but et de forme ne se maintint pas longtemps. La seconde base fût bientôt accueillie généralement, et devait l’être : mais on alla plus loin. Aiguillonné par divers motifs, des M\ se sont plus à propager, sous le manteau de la f\m\, à peu près toutes les doctrines possibles. Si dans le nombre on en trouve qui méritent peu de considération, il faut convenir aussi qu’il y en a de très intéressantes, auxquelles bien des FF\ n’auraient peut être fait aucune attention, si elles n’eussent pas été comme encadrées dans les formes m\, ce qui a aussi contribué à l’invasion de ces nuées de grades, de dignités de régimes, sou l’encombrement desquels les deux bases  fondamentales de l’institut sont bien souvent méconnaissables.
Les FF\ qui, malgré l’entrainement presque irrésistible de l’exemple, auront la constante fermeté de s’en tenir aux deux base m\, donneront en cela une preuve de jugement bien sain et d’un goût délicat. Ils n’auront à cueillir dans les jardins de la fraternité, que des roses dépourvues d’épines.
Ceci toutefois ne doit répandre aucune défaveur sur les FF\ à qui l’exercice habituel de l’étude, le désir de connaitre tout, d’approfondir tout, et même, disons le, une curiosité inquiète fera souhaiter de voir par eux-mêmes tout ce que la f\m\ recèle dans son sein. D’un autre coté, les FF\ qui voyagent peuvent espérer de trouver quelques agréments dans les LL\ dites de hauts grades des O\ qu’ils visiteront ; peut être aussi est il bon de les prémunir contre les pièges séduisants et adroitement ménagés que l’on pourrait tendre à leur curiosité. Enfin, il ne faut pas se dissimuler que les sages professeurs de certaines connaissances singulièrement intéressantes, ont jugés à propos de considérer les LL\ M\ comme des espèces de conservatoires et de séminaires, ou la diversité des formes et d’objet déploie à leurs yeux exercés, l’aptitude d’esprit et le fond du caractère des FF\ qu’ils destinent à devenir leurs disciples. Les FF\ anciens ont trouvé bon, juste et prudent, de pourvoir à l’utilité, à l’avancement et à l’agrément des FF\.
Pour accomplir l’ensemble de leurs vues, tout en ménageant la pureté des deux bases primitives, ils ont dans ces temps modernes, adopté l’organisation des quatre sections d’association, et de deux échelles d’instruction, avec leurs subdivision respectives.
La première section, qui forme plus spécialement ce que l’on nomme la L\, est composée de FF\ dont les manières polies et l’éducation libérale, les rendent propres à gouter et pratiquer les principes de la première base m\, et dont la fortune leur permet de concourir aux actes de bienfaisance qui constituent la seconde base.
La seconde section, occupée par la L\ dite d’adoption, est composée des FF\ membres de la L\, et des épouses, mères, filles, sœurs, nièces ou cousines de ces FF\. De cette intéressante réunion, résulte le complément de la première base, et peut être aussi une activité plus énergique pour l’accomplissement de la seconde base. La délicatesse qu’exige tout ce qui touche cette section invite à répéter ici ce qui est très expressément porté aux règlements généraux, chap. I. tit. 3, sect. 4§ 2., que « les M\ isolés ne sauraient être membres d’une L\ d’adoption, et que les dames et demoiselles qui n’ont pas un parent proche, du moins au troisième degré, au nombre des membres de la L\, ne doivent point y être admises. »
La troisième section, sous la dénomination de philanthropique, composée de FF\ et SS\, s’occupe essentiellement de tout ce qui tend à rendre moins pénible la situation des infortunés, et même plus commode et plus agréable celle de tous les hommes. Quoiqu’il ne soit pas interdit aux autres sections d’exercer des actes de bienfaisance, la troisième est à proprement parler, le comité bienfaisant de l’ensemble ; et, dans ce sens, il est spécialement consacré au culte de la première base m\.
La quatrième section, dite de l’harmonie, uniquement destinée aux jouissances constructives de la première base, a pour objet la musique, la poésie, les autres parties des beaux arts, et les fêtes que leurs réunions embellit et rend plus complètes.
L’économie de l’instruction et des dépenses des quatre sections est nécessairement confiée à des FF\ qui, ayant la connaissance et l’habitude de l’ensemble et du rapport réciproque de ces deux objets ; sont plus en mesure de diriger le cours et la distribution de l’un et de l’autre. Chaque section a donc un conseil d’économie qui administre spécialement tout ce qui concerne l’enseignement et les frais particuliers à chacune d’elles ; et les quatre conseils se réunissent en conseil général, pour les affaires ou objets quelconques, communs à la totalité de l’établissement.
Il est sans doute à propos d’exposer avec quelque détail le développement du mode d’enseignement m\ qu’il a fallut adapter au R.P., pour que ses FF\ fussent en mesure de visiter les ateliers des autres Régimes, lorsqu’on leur fera la faveur de les y admettre. Ce qui sera dit pour la L\ des FF\ est également applicable à la L\ d’adoption, sauf les différences que l’éducation les moyens physiques, et la destination dans la vie civile et profane, doivent mettre dans les grades propres aux FF\ seuls, ou aux FF\ et SS\ réunis.
On n’a point perdu de vue que bien des FF\ auront le tact assez délicat pour s’en tenir aux deux bases fondamentales. Pour ceux-ci, le système d’enseignement est renfermé dans une échelle à trois divisions simples, nommées classes. La première comprend les FF\  qui apprennent les manières et les formes m\ ; la seconde est composée de ceux qui ont appris ; et la troisième, de ceux qui, en s’étant affermis dans la théorie par la pratique du travail, doivent être en état d’instruire les FF\ de la première classe, et de diriger ceux de la seconde(4).
Au reste, si après avoir reçu le premier essai d’initiation m\, sans lequel il ne saurait être membres de l’association, ces FF\ ne dépassent pas ce premier degré, ils ne seront point en contradiction avec leur vocation ; puisqu’il suffit que la première formule les ait séparés du profane vulgaire, pour qu’ils aient le droit comme tous les autres FF\, de cultiver les deux bases m\.
Si néanmoins, dans des instants d’absolu désœuvrement, ils éprouvent la velléité de porter un regard plus ou moins distrait sur les autres parties de l’enseignement m\, ils y sont admis selon les formules propres à chaque degré ; et ensuite les FF\ qui ont eu l’inclination de mettre plus de soin à ce genre d’études, se sont fait un plaisir de faciliter leurs paisibles travaux, par des extraits ou des analyses de ce qui mérite le plus de leur inspirer quelqu’intérêt.
Quant aux FF\ que leur situation profane met en mesure de voyager, ou même quant à ceux que leur sang bouillant et phlogistiqué, rend avides d’approfondir tout, de dévorer tout, de connaitre l’Art jusqu’à ses dernières limites ; une seconde échelle d’investigation, composée de trois grandes divisions, comme la première, mais subdivisée ensemble en dix échelons ou degrés d’étude, renferme à-peu-près toutes les notions et les connaissances que divers Maitres ont pris plaisir d’amalgamer aux formes de simple reconnaissance et de confraternité, que les premiers Francs-Maçons lettrés et gens du monde, en un mot, de bonne compagnie, ont empruntées des Francs-Maçons mercenaires constructeurs, à chaux et à sable, d’édifices matériels.
Quoique ces connaissances et ces notions ne soient pas tellement propres et inhérentes à la franche-maçonnerie, que l’on ne puisse pas les apprendre ailleurs, il est cependant vrai de dire que plusieurs FF\ ont pris du gout pour certaines bonnes connaissances, précisément parce qu’on leur a présentées revêtues des couleurs m\, tandis qu’ils n’auraient attaché aucun prix ; ou même les ont repoussées cent fois, en les rencontrant dans des livres profanes. I n’est point douteux en effet, qu’à l’exception de ces espèces de Rits qui ne rendent leur culte qu’aux écorces, c'est-à-dire aux ameublements, cordons, bijoux, décorations, dénominations emphatiques, et dignités superlatives merveilleusement entassées sur la tête d’un frêle individu, qui n’en est pas moins un infortuné Maçon égaré de sa voie, réduit à la chercher à tâtons et dans les ténèbres ; tous les vrais rits m\ quelle que soit leur dénomination, leur co et sub-ordination ; quel que soit le but apparent offert aux méditations de ceux-mêmes qui, dans chaque L\, croient posséder les plus hautes connaissances, tous, en dernière analyse, ont un seul et même but. Tous conduisent enfin leurs fidèles disciples avec plus ou moins d’adresse et d’habileté, par des routes plus ou moins directes, attrayantes ou fleuries, vers le sanctuaire de la vraie science m\ primitive, ou du moins vers les connaissances qui en rapprochent.
Sous ce rapport, les Maitres qui ont disséminé des notions intéressantes de divers genre précieux et relevés, en les propageant sous le voile d’une anagrammatologie perpétuelle, imité, tant bien que mal, de l’antique Theurma (5); en dénaturant ainsi la M\, ont cependant été utiles à bien des FF\. Dans ce sens, ils ne recevront aucun blâme de la part des FF\ du Rit primitif ; et c’est en quelque sorte par ce motif, que les archives contiennent un amas énorme de cahier de grades de toutes couleurs, de toute profession, on oserait presque dire de toute religion, dont un certain nombre mérite quelqu’estime, mais dont la grande majorité, superfétation informe d’un enthousiasme exagéré, ou fruit adultérin de diverses passions, est au moins absolument étrangère à la M\ fondamentale et primitive.
Pour faciliter la marche des FF\ qui auront une curiosité assez active, et une patience assez éprouvée pour vouloir fouiller dans l’immense nuit des prétendus grades des F-M\, les FF\ anciens ont classé toutes ces productions sous trois divisions principales, ainsi qu’il a déjà été dit : ensuite ils ont rapprochés et mis en un même tas les cahiers qui ont entre eux une analogie évidente, et ne diffèrent que par quelques nuances insignifiantes. Ils ont enfin assigné à chaque subdivision le nom du grade qui parait donner le ton à ceux de la même espèce, ou bien un nom caractéristique relatif à la nature des matériaux renfermés dans les cartons de la subdivision. Et si on a employé sur le tableau des LL\ les dénominations de quelques grades connus, c’est moins pour honorer les FF\ dont les noms correspondent aux titres desdits grades, que pour indiquer que ces FF\ ont été mis à portée d’apprécier ces mêmes grades et tous ceux qui, n’en étant que des modifications, se trouvent rangés naturellement sous la même bannière.
La première grande division de la seconde échelle est composée de sept échelons ou degrés formés par les principaux grades de la M\ dite symbolique, dont le dernier est un Rose-Croix, dit dHérédon, que bien des maçons révèrent comme le mot de l’énigme de tous les grades symboliques en nombre plus ou moins étendu, dont il a plu à quelques Régimes de le faire précéder ; que quelques uns, entrainés par l’acceptation ordinaire et moderne du mot, regardent sans autrement y penser, comme la commémoration ou le simulacre d’un grand évènement religieux, dont il n’appartient pas à toutes les bouches d’en discourir ; que d’autres au contraire qui ont appris de leurs études profanes ou m\, l’emploi fréquent et distingué que les anciens Egyptiens faisaient de la figure de la croix dans leurs emblèmes hiéroglyphiques, plusieurs siècles avant le commencement de l’ère chrétienne, considèrent comme le voile et l’allégorie dogmatique de certains procédés philosophiques, aliment éternel de leurs vaines espérances ; tandis qu’une quatrième classe de maçon croit savoir le fin mot, en reconnaissant dans le discours qui suit communément ce grade, une transition naturelle entre la maçonnerie appelée symbolique et les solutions historiques sur lesquelles sont basés certains autres grades, qui, jusqu’à présent, sont un peu moins répandus parmi le vulgaire des Maçons.
L’intérêt bien entendu des FF\ les plus empressés de s’instruire, exige que l’on retrace ici ce passage extrait des Règlements généraux, Chap IV., livre I, §6. « Le grade d’Apprenti est celui qui convient le mieux à l’homme dans sa situation présente ; c’est celui qu’il doit prendre habituellement pour texte de ses méditations m\ ; c’est enfin celui dont les instructions, les emblèmes et les allégories sont les plus propres à lui rappeler les moyens de sa réintégration. Il serait bien à désirer que les FF\ ne connussent pendant longtemps que le grade d’Apprenti ; ils le méditeraient avec réflexion et sous toutes ses faces ; ils saisiraient ainsi les vérités qu’il cache, et celles qu’il présente sans voiles ; ils deviendraient Maître sans s’en apercevoir ; et leur avancement maçonnique serait d’autant plus avantageux pour eux, et d’autant plus solide, qu’ils ne le devraient qu’à leur propre travail. »
La seconde division de la seconde échelle ne comprend que deux échelons ou degrés, dont le premier, sous la dénomination de R-C\ de la T.R., réunit les connaissances des grandes notions historiques que les documents du septième échelon semblent montrer du bout des doigts ; qui sont, pour plusieurs Régimes, le complément, la fin, le but, l’origine, en un mot, l’explication incontestable de toutes les formules symboliques de la Maçonnerie ; qui enfin comme il a déjà été dit, et sous l’égide de certaines petites modifications, sont en dernière analyse, le but de prédilection de ceux la même qui affectent de dire anathème à ce fameux but, lorsqu’il parait sous son nom propre. Le second degré de cette division, sous le nom de R-C\ de la T. d’E., offre aux adeptes qui ont le loisir et le gout de s’en occuper, une collection précieuse de documents philosophiques théoriques et pratiques, dont une étude constante et réfléchie peut seule mettre en mesure d’apprécier tout le mérite.
La troisième grande division, composée d’un seul échelon, le dixième et le complément de tout le système, indique la haute importance de son objet, par le caractère même de son titre. En effet, c’est là le Modeste Chapitre des disciples du Grand Rosaire, amateurs de la Vérité, Frères R+ de la T. du Banquet des Sages, Mages, Théosophes. On sent que toute définition, toute analyse serait déplacée ; le titre en dit assez. . Ce serait en vain qu’on en dirait d’avantage aux autres.
Probablement on ne commettra pas la méprise de ne voir dans ce mode d’enseignement, que trois classes, ou que dix degrés, pour conclure de là que les Régimes ou Rits qui comptent les grades, classes ou degrés par douzaines, ont donc des connaissances fort supérieures à celles des FF\ du Rit Primitif. Les maçons instruits et observateurs discerneront très bien, que les titres des classes ou degrés ne sont pas des désignations de tel ou tel grade, mais qu’ils sont des dénominations de collections qu’il suffirait de dérouler autant qu’elles en sont susceptibles, pour en faire jaillir un nombre presqu’infini de grades intéressants. Ils ne méconnaitront point le motif du choix préfixe de dix degrés, puisqu’ils n’ignorent point que le nombre philosophique 10 est le tableau des merveilles de l’univers(6) ; que le premier dénaire générateur enveloppe le germe plastique de tous ses multiples sans exception ; que si, en cohobant tous les zéro dont l’imagination humaine peut concevoir la série, le résultat définitif les réunit tous dans un seul zéro, second membre du dénaire, on peut aussi, par l’acte inverse, en développant et en dédoublant à l’infini cet unique zéro, rétablir dans son étendue, le prototype, la matrice et le véhicule de tous les zéro possibles, rétablir dans toute son étendue, et même au-delà la file sans fin de 0000000000 qui avait été le sujet de la première opération : et ceci leur sert d’exemple ou d’explication du système successif, et à volonté, de concentration ou de déroulement des cahiers maçonniques que le Rit Primitif a joint aux deux bases primordiales de la Franche-maçonnerie.
D’ailleurs, tous les maçons remarqueront sans doute, que, en outre des six premiers degrés, dont les collections sont très nombreuses, le premier chapitre de R-C\ possède les connaissances qui, dans quelques Régimes, fixent le culte maçonnique, et la vénération d’une foule de Frères. Le second Chapitre de R-C\ est dépositaires de documents historiques très curieux par leur espèce, leur rapprochement et leur variété. Le troisième Chapitre de R-C\ s’occupe de toutes les connaissances maçonniques physiques et philosophiques, dont les produits peuvent influer sur le bonheur et le bien être matériel et moral de l’homme temporel. Le quatrième et dernier Chapitre des FF\ R+ du Grand Rosaire, fait son étude assidue de connaissance particulières d’ontologie, de psychologie, de pneumatologie ; en un mot, de toutes les parties des sciences que l’on nomme occultes ou secrètes, parce que, au dessus de la portée de la multitude, elles sont même étrangères au vulgaire des gens instruits ; leur objet spécial étant la réhabilitation et réintégration de l’homme intellectuel,  dans son rang et ses droits primitifs.(7)
Il n’y a donc pas lieu de douter que les Maçons d’un certain ordre concevront à merveille la fertilité de ce système d’instruction, et que tous les grades m\ possibles, faits ou à faire, sont censés lui appartenir, puisqu’ils doivent nécessairement et naturellement s’encadrer dans quelqu’une de ses subdivisions. En effet, l’échelle dénaire élémentaire d’investigation du Rit Primitif comporte dans ses formes un nombre presqu’indéterminé d’échelons ou de degrés d’étude, dont la classification permet de les contracter à volonté, ou de les dérouler presqu’à l’infini, sans en déranger la série ; et donc la coordination magnifique invite d’en adapter un à chacun des jours de l’année solaire ; d’en réserver de plus marquants pour le jour intercalaire du système Gelaluddaulé-Melicxa ; quelques autres pour la grande période dionysienne et les autres grands cycles du temps ; sans perdre jamais de vue, qu’il restera toujours un échelon ineffable à monter en ce jour auguste et solennel, ou la matière ayant finit son temps, et l’homme terminé son épreuve, les cieux seront ébranlés, la mer franchira ses limites, les planètes se froisseront dans une conjonction désordonnée, les éléments brouillés et confondus, rentreront pour toujours dans la nuit du chaos, LA PAROLE DE CELUI QUI EST retentira encore une fois dans les voutes incommensurables de l’abîme ; et l’univers temporel, consumé par un déluge de feu, s’évanouira dans le sein de l’IMMENSITE.
J. XIII. 34.

(1) FF : Frères, AR : Art Royal, RP : Rit Primitif, O : Orient, lieu de réunion, M : soit maitre, soit maçon, maçonnique, L : Loge, local maçonnique,

 

 


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