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D'autre part j'ai perdu le contact avec la famille DE CHEFDEBIEN

Si quelqu'un pouvait nous remettre en relation.

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Octonovo




Dernière mise à jour
le 30 juin 2005


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Marquis Philippe de Chérisey

L'OR DE RENNES POUR UN NAPOLÉON

Ce petit texte de 1975, est aujourd'hui relativement oublié. Pourtant, il est typique de la production "mérovingienne" d'une certaine époque.

  "Citoyen, dit le petit garçon, voulez-vous m'annoncer au général commandant la place de Paris?"

        Mis en présence de BONAPARTE, le petit garçon déclara que son papa, ci-devant général en chef des armées du Rhin, avait été guillotiné, et que sa maman sollicitait la faveur que l'épée du défunt lui soit rendue.

        Touché de cette demande, BONAPARTE fit en sorte que l'objet soit délivré le soir même à la famille BEAUHARNAIS. Ce fut la première rencontre et il semble que  la jeune veuve ait tardé longtemps à donner des preuves de sa gratitude.

        Cette aventure, sans doute, n'eut pas eu les suites mémorables que l'on sait sans un certain dîner que fit BONAPARTE chez son protecteur, l'abbé SIEYèS.

        Alors que les représentants de la Nation avaient dû, pour se maintenir, afficher des opinions chaque jour plus extrêmes, l'abbé Emmanuel SIEYèS, allant à contre-courant, devait sa progression à une attitude chaque jour plus réactionnaire. Parti d'une fameuse apostrophe : 

       "- qu'est-ce que le Tiers État? 

        - rien 

        - que doit-il être?

        - tout."

        L'abbé SIEYèS, une des figures les plus énigmatiques de l'histoire, n'avait conservé d'audience que dans la mesure où il n'était pas détaché de la vie publique.

        Comme le général évoquait, à la fin du repas, sa bonne fortune chez la BEAUHARNAIS, avec cette lâcheté qui, depuis toujours, caractérise les militaires, un certain DUCOS, avocat, déclara : "BEAUHARNAIS, BEAUHARNAIS, savez-vous que, suivant les recherches de PICHON, cette famille est apparentée aux Mérovingiens? Le citoyen aurait pu avoir la main plus malheureuse!".

        On éclata de rire. Les mérovingiens! Quand déjà les Bourbons s'étaient perdus dans un brouillard sanglant. Mais quand le monde fut retiré, Bonaparte qui était resté seul avec SIEYèS voulut que l'on répétât de sa part à cet avocat DUCOS qu'il était un idiot.

        - A supposer que Joséphine, par son mari, ait pu prétendre au rang d'impératrice des Arcadiens, la belle jambe que cela m'aurait fait de coucher avec elle! Je n'ai pas été le premier, je ne serai pas le dernier.

        - Épousez-la.

BONAPARTE demeure interloqué.

        - Épousez-la, reprit SIEYèS, et vous serez sur la première marche. Nul n'en saura rien, mais si les Bourbons s'avisaient de revenir en France, on leur ferait savoir que nous avons la priorité. Comme je les connais, ils prendraient leur temps pour réfléchir.

        - Vous oubliez la loi salique, dit Bonaparte, elle a un fils de son mari, le petit Eugène qui...

        - Comme si la loi salique avait jamais réglé la succession au trône. Elle stipulait que la propriété de la terre véritablement (vere saliez) ne revenait pas aux femmes par héritage mais seulement par dotation.

        - qu'est-ce que la terre salique?

        - On ne l'a jamais très bien su. Comme la loi date de l'an 417, c'est à dire huit an avant que les francs ne s'établissent en France, il doit s'agir d'un domaine bien particulier situé au delà du Rhin.

        - Les rois agrandissent leur domaine comme ils leur convient.

        - Certes, mais la loi salique a été promulguée au cours d'une assemblée présidée par le capitaine Mérovée, un Sicambre, peut-être un juif émigré d'Arcadie. Un fait certain, la royauté mérovingienne ne s'installe en Gaule qu'en 448, soit trente et un ans plus tard. Cette loi ne concerne ni la royauté de notre pays, ni le droit des gens.

        - Mais enfin, s'écria Bonaparte, si la guerre de cent ans avait reposé sur un contre sens si énorme, quelqu'un ne serait levé pour le déclarer.

        L'abbé SIEYèS raconta comment la mort de Louis X le Hutin plaçait sur le trône son fils Jean alors au berceau. Mahaut, comtesse d'Artois, s'arrangea pour soudoyer la nourrice. Une longue aiguille enfoncée dans le crâne du bébé libéra le trône en faveur de Jeanne de Navarre, soeur du petit mort. C'est alors que, pour la première fois, l'on exhiba la loi salique. Comme cela se passait en famille puisque Mahaut voulait casser son gendre Philippe, frère de Louis X le Hutin, la chose se passa discrètement. Le nouveau roi (Philippe V de Valois) dût faire quelques cadeaux à son entourage et à sa belle-mère dont il avait apprécié le zèle.

        Jamais on n'aurait reparlé de la loi salique si, par un juste retour des choses, elle ne s'était renversée contre la royauté même. Philippe V en mourant ne laissait que des filles.

Trois prétendants surgirent : 

        1) Philippe, Comte d'Évreux. Ayant épousé Jeanne de Navarre, celle contre qui avait joué cette fameuse "loi salique", il était le plus proche du trône.

        2) Édouard III, roi d'Angleterre. Son frère, Édouard II ayant épousé Isabelle, fille de Philippe le bel, il avait un degré d'antériorité sur les filles de Philippe V.

        3) Philippe VI de Valois, fils du frère de Philippe le Bel, ayant un degré d'infériorité sur le roi d'Angleterre.

        C'est ce dernier qui emporta la couronne. La "loi salique" avait fait jurisprudence et l'on ne pouvait plus empêcher Philippe VI d'occuper le trône sans reconnaître du même coup que Philippe V était encore un usurpateur.

        - Selon vous, dit BONAPARTE, les prétentions du roi d'Angleterre étaient supérieures à celles de Philippe VI.

        - Certainement, mais dans cette histoire, celui qui me fascine, c'est ce Philippe d'Évreux, premier candidat. On dit qu'il combattit parfois aux côtés du roi de France... cela est forT possible, mais croyez-moi, sa position dans le débat me persuade qu'il a joué un rôle immense et que nous n'en saurons jamais rien. Il est le type même de ceux que recrute le parti mérovingien tout au long de cette pantalonnade qu'on appelle le cortège des rois de France. Il existe une noble société qui ne peut pas ne pas s'être fondée, mais qui n'est pas du tout un groupement de mécontents. Le vrai royaume existe toujours quelque part... Tenez, élargissant le débat, c'est le rôle des femmes qui frappe dans cette histoire, et le rôle qu'elles ont eu dans tous les temps. Vous pourriez plus mal faire qu'épouser Joséphine.

        -Êtes-vous certain que ce PICHON ait fait une étude sérieuse.

        - La thèse de PICHON est la suivante: "Je puis établir que cinquante mille français sont plus proche du trône de France que l'actuel comte d'Artois. Il ne suffit pas de dire que les Capétiens ont usurpé aux Carolingiens qui ont eux-même usurpé aux Mérovingiens, mais savoir en combien des sous usurpations se décomposent les usurpations." Quand nous aurons fini de dépouiller les archives royales qui sont entre nos mains, n'importe qui pourra dire aux Bourbons : pourquoi vous?

        - Je n'aime pas cette démarche.

        - Renversez-la. Mettez-vous en état de déclarer "Pourquoi pas moi?"

        BONAPARTE demeura pensif. Quand le dialogue reprit, ce fut sur le ton prophétique qui vient avant le sommeil à la fin d'une longue soirée.

        - Quand même, SIEYèS, le pouvoir royal se confond avec la possession de la terre, c'est la règle.

        -Il me semble, au contraire, que la royauté est une circulation. S'il est traîné sur un chariot pas des boeufs, le roi peut dormir, sa présence est l'image de la Reine dans la ruche. Sans la reine il n'y a plus de ruche. Or la ruche représente la nation laborieuse. La possession de la terre est une entrave. Souvenez-vous que l'Abeille est libre de butiner sur la terre de sa convenance. Tout le drame des Capétiens vient delà : se voir chaque jour un peu plus roi de France, un peu moins roi des Français. Si moi-même je me suis détaché de la Révolution, c'est pour l'avoir vu s'engager dans la même erreur. Malgré les exemples que nous montrons à l'univers sur le socialisme, le fruit est pourri. La nation se confond sans cesse un peu plus avec le territoire. Cela va finir par se savoir.

        - Si un roi pouvait régner sur toute la planète, on abolirait le problème sur la possession des terres. Il faudrait faire la guerre, encore la guerre, et pour faire la guerre il faut de l'or...

        L'abbé SIEYèS garda le silence.

        - Non, dit BONAPARTE, la royauté sous sa forme anciennes fait à son temps dans son principe même. On n'y reviendra plus.

        - Les Romains nous montrent pour l'éternité l'exemple d'une république gouvernée par un Empereur. On oublie trop facilement qu'Empereur est un titre républicain.

        - Il n'est pas héréditaire.

        - Il peut le devenir, si l'on n'est pas Empereur de France, mais Empereur des Français. Quand on arrive au quatrième stade où l'on est "Empereur" des Français, c'est comme si l'on était roi.

        - L'empire peut-t-il être un passage à la royauté?

        - Un très lent passage, mais on peut l'accélérer. Il suffit, par exemple, que l'Empereur héréditaire dote ses enfants de titres royaux. C'est incohérent me direz-vous, mais l'histoire des rois de notre pays montre que le peuple n'est pas sensible à l'incohérence si l'on sait être couvert par le spirituel. Vous connaissez le couronnement de Charlemagne? Il faisait ses dévotions dans la basilique Saint Pierre de Rome, le jour de Noël de l'an 800. Il était entré là, par hasard. Et, par hasard, le pape s'y trouvait aussi. Il s'approcha à pas de loup derrière Charlemagne et lui déposa la couronne sur la tête, comme une plaisanterie de collégien. Charlemagne donna les signes d'une grande stupéfaction.

        BONAPARTE fit la grimace.

        - Oui. Oh, bien sur il y a toujours, dans le sacre d'un Empereur, l'élément de surprise, car le plus chrétien des chrétiens sait bien, qu'au fond, le Pape ne représente pas, à lui seul, l'intervention du spirituel sur la terre. Cet élément de surprise est le fond succédané de la grâce, le substitut de la colombe.

        BONAPARTE jura que s'il était Empereur, ce n'était pas lui qui ferait le voyage de Rome pour y quérir son droit divin, et que la couronne ne lui descendrait pas subrepticement sur le derrière de la tête, mais qu'il l'arracherait plutôt des mains du pape, et à la face du peuple. Là serait la surprise.

________

        On sait comment BONAPARTE accéda à l'Empire par la voie consulaire. Fasciné par SIEYèS, il le relégua dans une superbe sinécure pour n'avoir plus à le rencontrer. La question mérovingienne semblait reléguée au second plan, mais SIEYèS admirait comment le premier consul, voulant envahir l'Angleterre, avait choisi Boulogne de préférence à Calais ou Dunkerque qui eussent mieux fait l'affaire. Par la magie qu'exerçait ce lieu d'où avait ressurgi la vieille race des rois de Jérusalem, sans doute l'Aigle espérait la réussite de son projet. Cela était d'autant plus vraisemblable qu'en cette même ville il distribuait ses premières légions d'honneur. Certains s'étaient formalisés, disant que la Légion d'Honneur rétablissait d'une manière détournée les vieux ordres de Chevalerie. Ils n'avaient pas absolument tort ; on n'avait qu'à regarder sur quoi il était assis ce jour-là : sur le trône Dagobert

        - Si les Bourbons n'ont pas compris, répétait SIEYèS, si les Bourbons n'ont pas compris...

        La mort du duc d'Enghien montra que les Bourbons avaient fort bien compris.

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        Début d'avril 1804, BONAPARTE revint chez SIEYèS qui l'attendait depuis quelques mois. Le premier consul demanda où en était le réquisitoire contre la monarchie capétienne. SIEYèS répondit que le travail jugé désormais superflu avait été arrêté. Le premier consul demanda que l'on reprenne, et que cet abbé dont il avait oublié le nom établisse la généalogie mérovingienne des BEAUHARNAIS. SIEYèS tomba des nues comme s'il avait tout oublié de cette histoire. Puis feignant se souvenir : 

        - PICHON dont avait parlé DUCOS? Mais le chanoine est décédé depuis le 22 avril 1802, ses manuscrits? Disparus de son domicile du Près Saint Thomas du Louvre de Paris. Nous avions un peu bu ce soir-là. Roger DUCOS, pouvait-il deviner que vous deviendrez ce que vous êtes, et ce dont nous riions alors, voUs n'en ririez plus.

        - C'était une plaisanterie!

        - Pas tout à fait, car PICHON, de son vrai nom François DRON, fut un remarquable généalogiste, il possédait même une riche collection de monnaies, dont 2 pièces en or de Sigebert IX, portant mention du Pagus Redensis, lieu où se trouve le coffre-fort des mérovingiens.

        - Quoi, prétendriez-vous maintenant qu'il existe un trésor dont dispose les descendants mérovingiens!

        - Comment, vous ignorez leur réserve de Rennes-le-Château, dans le Languedoc, des millions de francs- or  briques de ce métal et objets wisigoths- de quoi construire plusieurs empires...

        - L'or des Wisigoths ou des Mérovingiens?

        - Le trésor provient des wisigoths, les détenteurs sont les mérovingiens, car leur ancêtre Dagobert II, épousa Gisèle de Rhédae, fille de Béra, nièce ...

        - D'HAUTPOUL! D'HAUTPOUL! Sa mère n'est-elle pas cette Angélique Le NOIR, ex-maîtresse du comte d'Antraignes, amie de Joséphine?

        - Très justement, c'est l'épouse de J. M. Alexandre D'HAUTPOULque vous avez amnistié fin 1802...

        - Quoiqu'il en soit - déclara BONAPARTE - poursuivez cette enquête, mais avec la plus grande discrétion. Que, ni Eugène, ni Hortense, ni leur mère, ne soient informés. Je veux cet atout dans ma main, même si je ne dois pas le jouer.

        Sieyès assura le premier consul qu'il en serait comme on voulait.

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        Le 18 mai 1804, les Français apprirent que le gouvernement de la République était confié à un Empereur des Français, et que la dignité impériale serait héréditaire dans la descendance directe, naturelle et légitime, de mâle en mâle, à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leurs descendants.

        Étourdis par quinze ans de vitesse politique, les Français furent incapable de saisir le comique de cette proclamation. A plus forte raison, comment se seraient-ils demandé pourquoi l'Empereur n'ayant pas eu d'enfants, avait ressuscité la loi salique.

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        Certaines images du sacre sont dans toutes les mémoires. On sait comment Napoléon, ayant ôté la couronne des mains de sa Sainteté, prétendit lui-même s'en coiffer ainsi que l'Impératrice. Ce geste qui fut mis sur le compte d'un tempérament bouillant, avait été répété soigneusement que le couronnement subreptice de Charlemagne. Les premières esquisses du peintre David sont antérieures au sacre et montrent le geste dans toute sa grandiloquence. 

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        Autres clichés moins connus : SIEYèS offrant malicieusement à l'Empereur le fragment de la sainte ampoule qui avait échappé au talon de son confrère sur le pavé de la cathédrale de Reims. Refus de Napoléon de l'huile qui a servi aux Capétiens. L'onction sera faite à l'huile du Saint-Père.

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        Les abeilles impériales agrafées sur le manteau rouge proviennent du tombeau du mérovingiens Childéric. L'abeille, premier emblème de ce que l'on croit être l'origine de la fleur de lis. Un règlement de police interdit aux Français de chanter en public ou d'imprimer les vingt deux couplets du "Bon Roi Dagobert" .

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        L'achat à l'Archiduc Charles en juillet 1809 de la victoire de Wagram, s'explique peut-être mieux, si l'on sait qu'en 1837 on retrouva à Pétroassa en Roumanie, des objets du trésor Wisigoth provenant du Razès. Napoléon avait-il eu plus de chance que Monsieur de Colbert en 1692, puisque celui-ci échoua avec une compagnie dans sa recherche du trésor à Rennes-les-Bains près du Roc Nègre. Sous la Restauration, comme la nouvelle royauté amnistiait les révolutionnaires survivants, l'Abbé SIEYèS fut âprement recherché pour crime de régicide. L'on en voulait, semble-t-il, beaucoup moins à sa personne qu'à certain dossier BARRAS dont il était le dépositaire. Non seulement l'écrit et les documents de l'ex-membre du Directoire détruisaient la légende dorée de l'empereur, mais aussi dévoilaient l'étrange tractation de la restauration.

        Quand Louis-Philippe, fils du régicide monta sur le trône, SIEYèS put revenir en France. Ses rares amis l'appelaient Ise-Yse, anagramme de son nom. Une sorte d'humour empêchait qu'on le méprisât.

LIÈGE, LE 6 DÉCEMBRE 1975

Imprimé par l'auteur

37 rue de St Lazare - Paris IXe

 

      



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