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Rennes le château, une affaire paradoxale

 
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En espérant que vous y trouverez toujours de nouveaux éléments pour satisfaire à votre curiosité.

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Dernière mise à jour
le 30 janvier 2010



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Geneviève Zaepffel est apparue lors de mes recherches de Pierre Plantard comme une sorte de mentor qui aurait exercée son influence durand sa jeunesse.

Je lui ai consacré un article dans les actes du colloque de l'ARTBS 2006 (éditions ODS) et dans mon livre.

Son dossier de police, est une excellente source la concernant jusque dans les années 1950. A tout le moins un dossier édifiant ! Car comme le notait Max Dif : seuls les voyants ne peuvent absolument pas croire à la voyance.

 

 A.S. de Zaepffel née Lefeuvre Geneviève - 3 mai 1940


Mme Zaepffel, Née Lefeuvre Geneviève, Marie, Joséphine, le 6 mars 1892 à Paimpont (Ille et Villaine) a épousé le 14 octobre 1921 dans cette localité le nommé Zaepffel René, Alexis, Théodore, né le 27 septembre 1891 à Paris. Elle n’a pas d’enfant.

Depuis Janvier 1939, elle est domiciliée 17, rue Legendre ou elle paie un loyer annuel de 10.000 frs venant du 54, même voie ou elle a habité pendant de nombreuses années.

Mme Zaepfell séjourne depuis juin 1939 dans sa propriété « le manoir du Tertre » à Paimpont ou elle a été élevée et qu’elle fît, en 1934, transformer et aménager en hôtellerie pour « solarium et cure d’air ».

Cet établissement est ouvert au public depuis 1935. Il est fréquenté par de riches touristes.
Mme Zaepffel en assume l’exploitation pendant la saison estivale et en laisse la direction à sa soeur pendant le reste de l’année.

Femme de lettres et conférencière, Mme Zaepffel aurait réalisé une importante fortune à Paris, dans la pratique des sciences occultes. Elle recevait journellement de nombreuses visites à son domicile, 20 à 40 personnes auxquelles elle prédisait l’avenir moyennant des prix très élevés.

A titre de publicité, elle organisait annuellement, sous l’égide du « Centre Spiritualiste de Paris », qui parait n’exister que dans son imagination, plusieurs conférences « prophétiques » à la salle Pleyel, 252 rue du faubourg Saint Honoré devant des auditoires évalués à 3.000 personnes. Dans l’assistance, on aurait remarqué la présence de personnalités politiques influentes et d’ambassadeurs étrangers. Par ailleurs, elle donnait des réunions hebdomadaires à la « salle Mustel », 16, avenue de Wagram, en comités plus restreint.

Mme Zaepffel a fait paraître mensuellement un journal intitulé « bulletin du Centre Spiritualiste de Paris ». Elle a publié également deux livres « mon combat psychique » et «  le livre des prophéties » édités par la maison Baudinière, 27 rue du Moulin Vert à Paris.

Mme Zaepffel aurait émis des opinions pacifistes et préconisé le rapprochement avec l’Allemagne et la France et tenu des propos offrant le caractère d’une véritable propagande anti-française. Elle aurait notamment critiqué publiquement les Gouvernements qui se sont succédés de 1934 à 1939 et se serait dressée contre l’hégémonie anglaise sur le monde en glorifiant les principes hitlériens.

Mme Zaepfell est considérée dans son entourage comme une personne originale, orgueilleuse, voulant surtout « paraitre ».

Son mari, d’origine alsacienne, qui était ingénieur à la « compagnie Westinghouse » à Sevran est actuellement mobilisé comme capitaine dans une compagnie de radiographie du 8ème Génie, secteur postal 110.

Il est gérant du « Bulletin Mensuel du Centre Spiritualiste de Paris » et c’est lui qui, sur scène, présentait sa femme.

Il n’est pas douteux qu’il se soit associé dans une certaine mesure à la propagande francophile (surtapé : francophobe) de sa femme.

M. Zaepffel n’est pas noté aux sommiers judiciaires.

 

Anonyme - 3 décembre 1940


Mme Zaepffel née Lefeuvre Geneviève, Mraie Joséphine, le 3 mars 1892 à Paimpont (Ille et Villaine), est mariée à Zaepffel René, né le 27 septembre 1891 à Paris (17ème), tous deux de nationalité française.

Depuis un an elle est domiciliée 17, rue Legendre (17ème) dans un appartement au loyer annuel de 6.000 francs.

Professeur de sciences occultes, elle est la directrice du « Centre Spiritualiste de Paris » dont le siège est situé à la salle « Mustel », 16, avenue de Wagram. Elle est aussi directrice du « Bulletin Mensuel du Centre Spiritualiste de Paris », organe dudit groupement pour lequel son mari a souscrit, en janvier dernier, une déclaration de gérance. Ce bulletin serait imprimé aux « éditions de la Baudinière », 29 bis, rue du Moulin Vert.

Mme Zaepffel est l’auteur de deux ouvrages ayant trait à des questions de spiritualisme et pour titre : « le livre de mes prophéties 1938, année décisive », mon combat psychique 1939, l’an rénovateur ».

Dans le premier, elle relate qu’à l’âge de sept ans Saint Judicaël, ex-roi de Bretagne, lui est apparu et lui a montré la voie. Elle donne d’autre part quelques prophéties parmi lesquelles la guerre d’Ethiopie, la réoccupation de la zone démilitarisée du Rhin, la guerre d’Espagne, ainsi qu’un prochain conflit sino-japonais.

Dans le second elle retrace les circonstances de sa vie qui ont décidé de sa « mission » et ses espérances en l’avenir.

Avant les hostilités Mme Zaepffel donnait régulièrement salle « Mustel », 16 avenue de Wagram, et « Chopin » puis une fois l’an salle « Pleyel », 252 rue du faubourg Saint-Honoré, des conférences. La dernière qui a eu lieu dans cette dernière salle remonte au 13 mai 1939. Les sujets suivants étaient inscrits au programme : « visions sur la Paix », « le message aux anciens combattants », « le proche avenir de la France ».

Au cours de cette soirée, à laquelle assistaient 3.000 personnes environ et qui a été abondamment commentée par la presse, Mme Geneviève Zaepffel aurait annoncé entre autre : « la guerre, la défaite de nos armées, la mort de M. Chamberlain puis la résurrection de la France ».

Selon les renseignements recueillis elle aurait, en raison de ses prédictions, qui se sont en partie réalisées, une assez bonne clientèle.

Elle s’est rendue en Angleterre et en Amérique ou elle a fait des conférences sur le spiritualisme.

Mme Zaepffel serait sur terre, selon ses dires, pour accomplir une « mission », à savoir « ressusciter les énergies françaises à l’aide de la foi ».

Le 26 septembre 1939, elle a adressé à M. Daladier, alors Président du Conseil des Ministres, un télégramme dans lequel elle le suppliait « de ne pas déclarer une guerre perdue d’avance ».

En vue de reprendre ses conférences salle « Mustel », « Chopin » et « Pleyel » elle a adressé, au service compétent, une demande d’autorisation qui n’a pas été prise en considération. A la suite de ces faits, elle a sollicité une audience auprès de M. le Général de La Laurencie et l’autorisation des autorités occupantes et elle a été autorisée à tenir une conférence salle « Chopin » le 9 décembre courant.

Arrêtée en novembre 1939 « pour avoir tenu des propos de nature à exercer une influence facheuse sur le moral de l’armée », elle a été condamnée le 19 janvier suivant à deux mois de prison et 1.000 francs d’amende par le tribunal Militaire de Rennes.

Dans « Le Réveil du Peuple » (hebdomadaire dirigé par M. Jean Boissel) du 29 novembre 1940, page 7, on relève un article signé « Anacharsis » dans lequel celui-ci fait l’éloge de Mme Zaepffel et rappelle quelques unes de ses prophéties notamment : la renonciation au trône d’Angleterre d’Edouard VIII, le conflit de septembre 1939 et la ré-élection du Président Roosevelt.

Mme Zaepffel n’est notée aux sommiers judiciaires que pour la condamnation dont il a été parlé plus haut.

 

Anonyme - 11 février 1941


Deux brochures de Geneviève Zaepffel, prophétesse bien connue, viennent de paraitre.
L’une rappelle brièvement son activité et ses prophéties antérieures. (L’auteur oublie toutefois de rappeler qu’elle avait prophétisé « la paix pour 1939 ( ?) ».
L’autre - Prophéties 1941- annonce les évènements de 1941, 1942, 1943 qui peuvent se résumer ainsi :

1941 :-

- L’Angleterre ferait mieux de signer un accord et de rappeler Edouard (Le Duc de Windsor)
- Tempête en Amérique (Etats-Unis), combats sur mer.
- Tragique et inattendue surprise venant de l’Amérique Latine dont le sort sera réglé par le Japon,
- Union de la France et de l’Allemagne,
- Expansion maritime du Japon vers l’Occident,
- Nécessité pour la France de conclure un accord avec l’Allemagne avant le mois de mai,
- Changement de drapeau de la France qui portera désormais les couleurs : or, bleu, blanc,
- Un chef sortira d’un groupe de 20 hommes
- Apparition de l’Europe nouvelle.

1942 :

- Révolution générale dans le monde. Cataclysmes terrestres, tremblements de terre et inondations.
- L’Allemagne, bien que secouée, organise un monde nouveau.

1943 :

- Apparition des Etats-Unis d’Europe avec trois chefs.

Dans les prophéties 1941 figurait primitivement un passage relatif à la Russie qui, après un conflit, de rouge devenait blanche. Pour des raisons d’opportunité, ce passage n’a pas été publié.

 

Note pour Monsieur le Directeur des Renseignements Généraux
Paris, le 11 février 1941


Par la lettre, ci jointe en copie, Mme Geneviève Zaepffel informe l’administration qu’indépendamment des conférences organisées chaque dimanche, salle Mustel, devant 150 à 200 auditeurs, elle compte donner deux autres conférences, les 23 février et 2 mars, à la Grande Salle de la Mutualité, 24 rue Saint Victor.

Ces deux dernières réunions seraient susceptibles de rassembler 2.300 assistants.
J’ajoute que Mme Zaepffel a obtenu des Autorités d’occupation, pour effectuer ses conférences, une autorisation dont traduction jointe également en copie, aux termes de laquelle aucune limitation n’est apportée, quant à la fréquence des réunions et au nombre des auditeurs.

J’ai l’honneur de bien vouloir me faire connaitre votre avis à ce sujet.

 

Anonyme - Le 15 février 1941


Mme Zaepffel née Lefeuvre Geneviève, Marie, Joséphine, le 5 mars 1892 à Paimpont (Ille et Vilaine) est mariée au prénommé René, né le 27 septembre 1891 à Paris (17ème).
Depuis un an environs elle est domiciliée 17, rue Legendre.

« Professeur de sciences occultes », Mme Zaepffel est la directrice-fondatrice du centre Spiritualiste de Paris », dont le siège est situé salle « Mustel » 16, avenue Wagram (ce groupement publie un organe intitulé « Bulletin mensuel du Centre Spiritualiste de Paris », dirigé aussi par Mme Zaepffel).

Avant les hostilités, elle donnait régulièrement des conférences salle « Mustel » et « Pleyel ». La dernière organisée le 13 mai 1939 à la salle « Pleyel » réunit 3.000 personnes et fût assez commenté par la presse. Mme Zaepffel y aurait annoncé notamment la défaite de nos armées, la mort de Chamberlain et la résurrection de la France.

Depuis quelques temps elle a repris ses conférences à la salle « Mustel » devant 150 auditeurs .

Elle a loué pour le 23 février et le 2 mars la salle de l’amphithéâtre de la Maison de la Mutualité 24, rue Saint Victor. Cette salle peut contenir 2.000 places mais il ne semble pas que les conférences de Mme Zaepffel puissent attirer un nombre aussi élevé de personnes.

La conférence du dimanche 23 février a pour sujet : « va-t-on assassiner la France deux fois ? », « Prophéties mondiales ». Elle sera suivie d’une allocution de M. Zaepffel sur « la collaboration d’un point de vue économique et social ».

A celle du dimanche 3 mars, Mme Zaepffel parlera sur « pouvons nous éviter la révolution sanglante ? » et le « groupe collaboration » expliquera les avantages d’une collaboration européenne.

Mme Zaepffel a été arrêtée en novembre 1939 pour avoir tenu des propos de nature à exercer une influence fâcheuse sur le moral de l’armée. Elle a été condamnée le 19 janvier suivant à 2 mois de prison et 1.000 francs d’amende par le Tribunal Militaire de Rennes.

 

Direction Générale de la Police Nationale
Vichy, le 27 février 1941
Référence à la demande d’audience ci jointe présentée au Maréchal Pétain par Madame Zaepffel Geneviève, et à la cote PA. 1201


Il s’agit de :
Zaepffel, née Lefevre Geneviève, Marie, Joséphine, née à Paimpont (Ille et Vilaine) le 5 mars 1892, de nationalité française, femme de lettres, demeurant à Paris, 54, rue Legendre.

Elle est titulaire d’un passeport n° 04358 délivré le 8 février 1937 par le Préfet de Police.
Mme Zaepffel qui a fait en 1937 un voyage aux U.S.A. est directrice fondatrice du Centre Spiritualiste de Paris.

Elle a organisé en accord avec les autorités allemandes à Paris, au Palais de la Mutualité, notamment les 23 février et 2 mars, des conférences dans lesquelles elle s’adresse aux français pour les inciter à chercher le relèvement de la France grâce à leur énergie et à l’aide de la collaboration franco-allemande.

Désirant se rendre auprès des prisonniers de guerre français en Allemagne, elle voulait vers le 19 mars, avant d’entreprendre ce voyage, entretenir le Maréchal Pétain des bonnes dispositions du chancelier Hitler pour la France. Elle prétend en effet avoir l’espoir de rencontrer le führer prochainement.

Le 13 février, par l’entremise du Dr Feil, Conseiller à l’Ambassade d’Allemagne à Paris, Mme Zaepffel s’est fait remettre un ausweis N°34592 pour se rendre à Vichy, il est valable jusqu’au 28 février. Elle doit donc rentrer en zone occupée avant demain soir. Elle est rentrée à Moulins le 26 février.

Mme Zaepffell qui entretient de très bonnes relations avec les autorités d’occupation affirme que la Maréchal Pétain jouit d’une grande estime en Allemagne et principalement auprès du Chancelier Hitler. Elle certifie aussi que sans l’intervention personnelle de ce dernier, les autorités allemandes d’occupation se montreraient beaucoup plus dures pour notre pays.

 

Direction Générale des Services de Police Administratives
Vichy le 8 mars 1941


Comme suite aux notes 1201 du 21 février et 1326/2 du 27 février relative à la nommée Zaepffel Geneviève qui avait demandé audience à M. le maréchal Pétain, on fait connaitre :

Mme Zaepffel née Lefebvre est descendue à l’hôtel Majestic le 26 février 1941 et en est repartie le 27 février 1941, n’ayant séjournée qu’une seule nuit dans cet établissement.
Des renseignements recueillis auprès du cabinet civil de M. le Maréchal, la demande d’audience sollicitée par la dame Zaepffel n’a pas été retenue et celle-ci a quitté Vichy sans avoir été reçue par le Maréchal.

Nous joignons les deux brochures de la « prophétesse » l’une « prophéties 1941 » et l’autre consacrée à Geneviève Zaepffel. Cette dernière a été distribuée lors de ses conférences à la salle de la mutualité de Paris, les 23 février et 2 mars.

 

Direction Générale des Services de Police Administratives
Vichy le 28 mars 1941


Il y a lieu de tenir pour suspecte au point de vue national, Mme Geneviève Zaepffel, présidente du « Centre Spiritualiste de Geneviève Zaepffel » prophétesse bien connue dans les milieux évangélistes et protestants.
Elle a tenu une réunion à Paris le 23 février dernier dans le but d’inviter les Français à adhérer au « Plan de reconstruction de l’Europe ». A la fin de son exposé qui a été antibritannique et germanophile, elle a déclarée qu’elle allait se rendre prochainement à Vichy pour prendre contact avec le Maréchal et le supplier d’accentuer la collaboration « avant qu’il ne soit trop tard ».
Mme Geneviève Zaepffel, dont on ignore la nationalité exacte, est l’épouse d’un certain « Capitaine Zaepffel ». Pendant la guerre elle se trouvait dans sa propriété de Coëtquidan (Bretagne) ou elle s’exhibe généralement en costume de druidesse.

 

Extrait des conférences de Geneviève Zaepffel
Salle Mursel - Avenue de Wagram


DECEMBRE 1940 : Je suis la missionnaire envoyée de DIEU pour sauver la France ; le CHRIST est venu à moi et m’a dit : « Il faut que tu aides ton pays à se sauver ». Je lui en fait le serment ; je viens ici pour rénover mon pays.

La France n’a plus de Chef. Nous en avons bien un : le Maréchal, direz vous, mais que voulez vous qu’il fasse ; il est mal entouré, mal conseillé et trompé. J’irai trouver le Maréchal, seul, sans témoin, je lui parlerai et lui dirai ce qu’il faut faire ; mes guides spirituels me conduiront à lui.


JANVIER 1941 : Cette année sera terrible en février, mars. Il y aura une guerre civile tellement atroce que chaque pavé de PARIS sera un tombe, les rues rouges de sang ; on jettera les femmes et les enfants par les fenêtres.

FEVRIER 1941 : La révolution sanglante approche mais vous, vous serez protégés car je serai là, à PARIS, avec mes guides.

On dit que ce sont les allemands qui vous affament, ce n’est pas vrai ; je puis vous l’affirmer car je vois souvent leurs chefs. Ce sont nos dirigeants français, par leur incurie qui empêchent tout ravitaillement ; toutefois ils réservent les meilleures parts pour eux même. Les chefs allemands vous aiment beaucoup et voudraient que vous soyez heureux comme les leurs chez eux ; ils font tout pour améliorer votre existence ; ainsi, il n’y a pas de morue en ce moment, ils m’ont dit : « Mme Geneviève, faites le nécessaire et nous vous aiderons » et c’est ainsi que tous les parisiens ont eus de la morue, à cause de moi qui m’en suis occupé.


MARS 1941 : J’ai demandé aux autorités occupantes de faire installer des cantines dans les gares pour les enfants et les indigents ; j’ai eu aussitôt l’autorisation de m’en occuper et je puis vous dire que bientôt on distribuera des tasses de chocolat pour Fr. 0,50.

J’ai aujourd’hui une mauvaise nouvelle à vous apprendre, il faut que vous le sachiez et que vous le disiez à tout le monde, que vous m’aidiez ensuite. J’ai appris avec certitude que l’Entraide d’Hiver est une escroquerie, les dirigeants français mettent une grande partie dans leur poches et les malheureux n’ont rien ou presque, aussi je vous demande d’écrire à la Maréchale pour l’en avertir, il faut que vous lui écriviez cette semaine, mardi prochain sans plus tarder.


AVRIL 1941 : Je suis allée voir le MARECHAL à VICHY ; j’en reviens bien tourmentée, j’ai appris tant de choses, mais je ne puis rien vous dire, c’est un grand secret que je ne dois pas révéler. Apprenez seulement que notre Maréchal est bien mal entouré, des chefs autour de lui qui ne s’accordent pas ; tous voudraient commander, des ambitieux, des juifs, des franc-maçons, des jésuites, toujours. Je puis vous certifier aujourd’hui que mes guides m’ont promis de donner à la France le chef qu’elle mérite et que vous le vouliez ou non, ce chef sera un étranger. Du reste, le Chancelier m’a promis de la protéger, car j’ai vu le chancelier ; c’est un homme très droit, très bon, que vous avez calomnié ; il aime beaucoup les français et le peuple surtout et ne veut que votre bonheur. Il ne vous en veut pas et ses soldats, voyez comme ils sont gentils avec vous ; cependant vous les avez affamé pendant près de vingt ans ; ce n’est pas tout à fait de votre faute si vous ne les aimez pas, on vous avait appris à les détester, tous jeunes.


MAI 1941 : J’ai une grande nouvelle à vous annoncer : j’ai reçu l’autorisation du Chancelier et aussi d’accord avec nos chefs militaires français, d’aller chercher un million de nos prisonniers, le mois prochain, je reviendrai avec eux ; il y a déjà une personnalité française qui en a ramené quelques mille : Monsieur SCAPINI, mais j’avais beaucoup appuyé sa demande auprès des autorités allemandes ; je reviendrai donc fin mai avec nos prisonniers et nous défilerons avenue des Champs-Elysées, en tête du cortège sera le Maréchal, le Chancelier Hitler et votre servante ; aussi quelle joie et quel honneur pour moi et mon mari.

Après la chute du gouvernement actuel, après la révolution sanglante, il y aura un nouveau chef entouré d’une vingtaine de jeunes hommes - dans la salle se trouvait un homme de 30 ans, le désignant du doigt, G.Z. lui dit : « Vous ferez partie de ses jeunes hommes, futurs chefs de la France », je suis Russe répond-il ; je le sais, vous serez arrêté, relâché ensuite, vous n’aurez qu’à penser à moi, cela vous sauvera.

Je sais tout ce qui se passe et tout ce qui se dit sur moi et les Allemands, j’ai ma police blanche qui me renseigne sur tout et chacun ; je puis donc déjouer toutes les mauvaises choses, les mauvais fluides qu’on peut m’envoyer pour me nuire, ainsi qu’à mon mari. Je ne crains personne et je n’ai peur de personne ; je puis faire retomber tout le mal sur ceux qui veulent me nuire.

 

Une conférence de Mme Geneviève Zaepffel à la salle Pleyel
27 juin 1941


Mme Geneviève Zaepffel qui annonçait le 12 mai 1939 que le Chancelier HITLER irait délivrer la Russie, a répété hier soir à la salle Pleyel, cette prophétie qui prend à présent une singulière acuité.
Elle a en outre affirmé la victoire de l’Allemagne sur l’Angleterre et prédit la grande révolution mondiale qui hâtera le rapprochement des peuples.

 

M. ZAEPFFEL René sollicite l’autorisation de donner une soirée à la salle Pleyel
3 juillet 1942


M. Zaepffel René, Alexis, Théodore, né le 27 septembre 1891 à Paris (17°) de Théodore, Henri et de Clémence Girard, a épousé Mme Lefeuvre Geneviève, Marie née le 5 mars 1892 à Paimpont (I&V).

Depuis Avril 1939 il est domicilié 17, rue Legendre ; antérieurement il habitait 54, même voie, depuis plus de vingt ans.

Incorporé en 1912 avec sa classe, M. Zaepffel est resté sous les drapeaux jusqu’en mai 1919, époque de sa démobilisation. Il a été libéré avec le grade de sous-lieutenant télégraphiste et décoré de la Croix de Guerre avec deux citations. Mobilisé à nouveau le 24 aout 1939 avec le grade de capitaine radiotélégraphiste de réserve. Il a été libéré le 15 aout 1940.

M. Zaepffel a été fait chevalier de la Légion d’Honneur à titre militaire en 1937.

Ingénieur électricien, il est employé depuis 1919 à la Compagnie des Freins Westinghouse à Frainville (S&O) ou il occupe un poste important.

D’autre part, M. Zaepffel est le gérant des publications éditées par le Centre Spiritualiste de Paris, 16 avenue de Wagram, fondé et dirigé par sa femme, Mme Geneviève Zaepffel, prophétesse spiritualiste bien connue.

Ces publications se réduisent actuellement à une petite rebue mensuelle intitulée « Le Centre Spiritualiste » et un périodique irrégulier : « l’Arche Nationale ».

Depuis plusieurs années les époux Zaepffel donnent des conférences basées sur le spiritualisme ; ces réunions sont suivies par un assez grand nombre d’auditeur.

M. Zaepffel présente en général la conférence et fait un exposé sur une question sociale traitée du point de vue spiritualiste. C’est ainsi qu’au cours de l’année dernière il traita successivement les sujets suivants : « les franc-maçons et les juifs », « la Révolution Nationale », « La France devant son devoir » etc. En novembre dernier, il a déclaré lors d’une de ces causeries : « les juifs et les franc-maçons continuent de gouverner notre pays par personnes interposées ».

De son coté, sa femme parle du spiritualisme et fait des prédictions assez fréquentes, dont quelques unes ont trouvé parfois un large écho dans la presse et ont eu un certain retentissement.

D’autre part, Mme Zaepffel a créé l’an passé sous le nom de « l’Arche Nationale » une œuvre destinée à encourager le retour des jeunes à la terre. Cette organisation est installée dans le domaine que sa fondatrice possède à Paimpont (I&V) et qui se compose d’un château et de deux grandes exploitations agricoles.

De confession catholique, M. Zaepffel ne figure pas sur les listes de recensement israelites.
Il n’a jamais attiré l’attention d’un point de vue politique.

Son nom n’est pas noté aux archives de la Police Judiciaire. Il est inconnu aux Sommiers Judiciaires.

 

Le commissaire de la Police Nationale
Chef du Service des Renseignements Généraux
Montmorillon le 18 juillet 1942


Objet : opuscule de 6 feuillets, intitulé prophéties 1941-1946

J’ai l’honneur de vous rendre compte que les messageries Hachette ont mis en vente  en exemplaires très restreints, un opuscule de 6 feuillets, intitulés « Prophéties 1941-1946 ».
Cet opuscule a pour auteur Geneviève Zaepffel, Directrice fondatrice du Centre Spiritualiste de Paris et a été imprimé à Paris, 13 rue des bourbonnais, chez P. Boll.

Cet ouvrage conclut à la victoire Allemande, à l’instauration d’une ère de bonheur « c’est une apothéose sur notre continent » mais après des souffrances « je vois une échelle teintée de rouge. On a beaucoup perdu partout ».

Cette brochure n’a eu aucun succès dans le public. Elle semble d’inspiration allemande et son prix 12 francs pour 6 pages, non seulement est prohibitif, mais frise l’escroquerie.

 

A/S. de Geneviève Zaepffel
1943


Madame Geneviève Zaepffel demeurant 17 rue Legendre à Paris, fréquente assidument la princesse et le prince BEQUICHEFF 47, avenue de Courcelle et leur bonne, Mlle NICOLAS Colette ainsi que Von BEGUSH Constantin 36 avenue Hoche (mention manuscrite : Gestapo ou Socka)

 

Direction de la Police Judicaire
Paris le 26 mars 1945


La nommé Zaepffel Geneviève, Marie, Joséphine, née le 5 mars 1892 à Paimpont (Ille et Vilaine), de Jean-Marie et de Anne-Marie Levêque est de nationalité française par filiation.
Elle est mariée, sans enfant, au nommé Zaepffel, René, né en 1891, ingénieur, officier de réserve, qui écrivait dans le bulletin mensuel du Centre Spiritualiste de Paris, dont sa femme était directrice fondatrice.

Elle demeure depuis 1939, rue Legendre n°17, ou elle occupe un appartement au loyer annuel de 10.000 francs.

Au mois de juin 1939, elle part en Bretagne, dans son manoir (Manoir du Tertre) à Paimpont (Ille et Vilaine) et revient à Paris en 1940, après l’exode.

Pendant cette période qu’elle a vécut en Bretagne, elle a été emprisonnée pour défaitisme et jugée à Rennes.

Auparavant, elle habitait, depuis 25 ans environ, au n°54 rue Legendre à Paris (17°). Depuis 1927, elle est directrice fondatrice du Centre Spiritualiste de Paris, 16 avenue de Wagram à Paris (17°).

Elle a fait de nombreuses conférences à Paris, à la salle Pleyel et à la salle Mustel, ainsi qu’à l’étranger et a publié, outre le bulletin Mensuel du Centre Spiritualiste de Paris, des livres et opuscules de prophéties et d’ordre psychique.

Elle a été arrêtée, le 22 aout 1944, par les F.F.I. et conduite au commissariat du 18° arrondissement pour avoir eu des rapports avec la Gestapo. Elle a été internée par la suite par arrêté de M. le Préfet de Police et se trouve à l’heure présente en liberté ; toutefois elle a quitté son domicile sans laisser d’adresse.

Au cours de cette enquête, divers témoignages ont pus être recueillis notamment celui de :
M. George RUL, Directeur du service Libe-Presse, faubourg Poissonière, dans la clandestinité M. Georges Luri, qui a procédé à son arrestation, au mois d’aout 1944 et qui déclare dans sa déposition jointe au rapport :

Je soussigné Georges Rul reconnait avoir arrêté, après dénonciation et enquête, le 22 aout 1944, la dénommée Zaepffel, Geneviève, demeurant 17 rue Legendre.

Après perquisition et interrogatoire, elle a été remise, le 23 aout, au poste de police de la rue du Mont Cenis à Paris (18°).

Le dossier comprenant :

1°) textes de ses conférences
2°) opuscules de propagande
3°) Environs 500 photos (officiers et soldats allemands)
4°) lettres personnelles (la remerciant de son attitude collaborationniste)

A été remis au poste de police de la rue du Mont Cenis, avec le motif de la demande d’incarcération.

Dans tous ses écrits ou textes de conférences, la pythonisse voyait dans le destin la grande victoire d’Hitler en qui elle reconnaissait une super divinité. Etait également antisémite.
M. Rul déclare également qu’il la juge responsable de l’influence qu’elle a put avoir auprès des personnes de toutes classes qui se sont laissées attirer par ses prophéties et prêchant en même temps la collaboration ; son influence peut être considérée comme néfaste sur un bon nombre de personnes.

A son ancien domicile, 54 rue Legendre, le concierge déclare : « depuis qu’elle est partie c’est un bon débarras. C’était un défilé ininterrompu de visiteurs qui venaient deux fois par semaine et je la considère comme une excentrique. »

« Pendant son séjour en Bretagne, j’ai entendu dire qu’elle aurait eu des relations avec des aviateurs allemands ».

Mme Firmin, Jeanne, 40 ans, concierge de l’immeuble 17 rue Legendre nous déclare :

«Elle est arrivée dans l’immeuble en Janvier 1939. Au mois de juin de la même année, elle est partie en Bretagne dans son manoir et n’est revenue à Paris qu’en 1940 après l’exode ».

« Etant Directrice Fondatrice du Centre Spiritualiste de Paris depuis 1927, elle a continué son activité pendant l’occupation ; elle faisait des conférences à la salle Mustel, avenue de Wagram (sujets spiritualistes) et écrivait un à deux livres par an à caractère prophétique et collaborationniste ».

« A la salle Pleyel, elle faisait deux grandes séances par an, ainsi que tous les premiers lundi du mois à la salle Chopin ».

« J’ai assiste à une ou deux de ces conférences qui étaient suivies par un nombreux public ;elles avaient un caractère collaborationniste et dans l’ensemble de ses conférences, Mme Zaepffel prêchait un rapprochement franco-allemand ».

« A mon point de vue elle est surtout responsable au point de vue social ; c’est une femme qui est très habile et de nombreuses personnes de toutes conditions ont été influencées de par sa profession et par son éloquence ».

« Pendant l’occupation, j’ai aperçu 4 ou 5 allemands lui rendre visite à son domicile ».

« En dehors de son domicile, il est certain qu’elle avait des relations parmi l’armée occupante, ne serait ce que pour l’autorisation de faire ses conférences ainsi que l’édition de ses livres ».
« Quelques temps avant le débarquement des alliés, vers le début de l’année 1944, elle avait l’intention d’ouvrir un foyer pour les gens malheureux. Ce foyer devait être situé 4, place du Palais Bourbon dans un immeuble qui avait été mis à sa disposition par Laval. Après quelques travaux qu’elle a fait effectuer, cet immeuble a été pris par le Ministère des Finances ».

« A ma connaissance, elle n’a jamais nui à des français et je sais qu’elle est intervenue à plusieurs reprises en faveur de nos compatriotes pour leur éviter de partir en Allemagne. Elle est partie avec son mari depuis le 13 courant et n’a pas laissée d’adresse ».

Mme Gauthier Valentine, gardienne de l’immeuble, 20 rue Legendre à Paris (17°), déclare :

« Mme Zaepffel avait des idées de collaboration ; d’ailleurs les livres qu’elle a publiés en donnent la preuve. Elle avait des relations avec le gouvernement de Vichy pour la raison suivante :

« L’immeuble dont j’ai la garde appartient à un ressortissant argentin qui est dans son pays. Au début du mois de mai 1944, Mme Zaepffel s’est présentée à moi en me déclarant qu’elle voulait instituer un centre spiritualiste et que l’immeuble allait être réquisitionné. Devant mon refus de la laisser pénétrer et d’écouter plus longtemps sa conversation, elle me déclara qu’elle avait des amis au Palais Bourbon, qu’elle coudoyait Mme Laval et que l’immeuble serait quand même réquisitionné ».

« A ma connaissance, je n’ai jamais vu d’allemands en sa compagnie ».

Dans son entourage elle est représentée comme étant en faveur de l’Allemagne et sa mise en liberté est considérée comme injuste.

Il résulte de cette enquête que la nommé Zaepffel a su de par sa profession et son éloquence, en s’entourant d’un certain mysticisme, se présenter comme missionnaire de Dieu.

Paraissant dans ses conférences vêtue de la robe blanche des Essenienset revêtant pour prophétiser l’ample cape blanche druidique et parée des emblèmes sacrés des prophétesses, elle a influencé et abusé son auditoire, complétant son oeuvre par l’édition de ses livres, opuscules et bulletins mensuels du Centre Spiritualiste.

Toutes ses conférences et ses livres, dont certains exemplaires ont été recueillis au cours de l’enquête ont un sens de collaboration et il est certain que pour faire ses conférences et être autorisée à faire publier ses livres, la nommée Zaepffel a eu des relations avec les autorités allemandes. Ces livres ou opuscules prêchant la collaboration ont également un sens anti-alliés et antisémites.

Dan son livre 1943 Espoir, à la page 48, elle parle d’un message à Hitler dans lequel elle déclare :

« Ah ! Si tu voulais Hitler, si tu le voulais vraiment de tout l’entêtement de ton être , comme tu pourrais réaliser de grandes choses auxquelles ton nom resterait à jamais uni, comme à la page la plus heureuse de l’histoire européenne ! »

« Ce qu’attendent de toi toutes les âmes qui nous unissent à distance, c’est que tu parviennes à réaliser l’union de la France et de l’Allemagne : tu le peux ! »
« Tu le peux et pouvant tu le dois ! 
»

« A trois reprises, j’ai vu, de par tes ordres, cette union se sceller. Ayant réalisé cela, tu apporteras à ton peuple et aux autres nations, une telle vie de prospérité que, plus tard, les hommes s’inclineront en prononçant ton nom ».

« Je te vois planer sur les capitales, non pas en conquérant mais en messager de l’union, en apôtre des nécessaires collaborations entre les peuples ».

A la page 62, au paragraphe « soir des prophéties », à la Grande Salle Pleyel, 19 décembre 1942, elle écrit :

« Voici le signe de ralliement qui sauvera la France ».

« Vous agirez en Français, en humains parce que vous aurez un point de ralliement ; et ce point de ralliement, je vais vous le montrer. C’est notre nouveau drapeau comme il nous me fût montré en vision. (La prophétesse présente le drapeau formé de deux bandes bleu ciel encadrant une bande blanche sur laquelle se détache la Croix du Sud surmontée d’étoiles et de deux épis d’or) ».

« Vous avez compris ! Sous ce signe, la France va renaitre. Croix Gammée, Croix du sud ! »

A la page 94, dans une vision, elle écrit :

« Comme à travers un léger brouillard, les drapeaux disparaissent, laissant un sillage lumineux, lequel, à son tour, forme un brasier jetant une lueur flamboyante sur le drapeau français le plus grand. Puis, tout à coup, ce drapeau, le nôtre, semble changer de couleur et une main invisible, mais rapide, tissais la croix gammée dans les replis des trois couleurs. Symbole, sans doute, d’une union solide et durable entre les deux pays et de cette union doivent naitre aussi les Etats-Unis d’Europe ».

A la page 2 des feuillets dactylographiés, concernant la soirée prophétique du 12 mai 1942 ou 1943, elle écrit :

« Tout est fini. Nous sommes en 1943. La France à ce moment marche côte à côte avec l’Allemagne ».

« Bientôt l’Europe prend tout son essor ; elle a comme architecte le chef de l’Allemagne. Les usines se construisent avec une rapidité étonnante. Les ouvriers métamorphosés sont plus heureux ».

A la page 4, elle écrit :

« J’ai vu tous les soldats. J’ai vu tous nos prisonniers descendre la grande avenue des Champs Elysées. Notre Maréchal et le Chancelier marchaient à leur tête ; ils étaient là ; un soleil éblouissant illuminait Paris et tous les français semblaient enfin reconnaitre qu’il s’était passé quelques chose de surhumain dans l’âme d’un chef ».

Joints au rapport :

- Livre 1943 Espoir,
-  Mon combat Psychique »,
- « Le livre des mes prophéties »,
- Pages dactylographiées de la soirée prophétique du 12 mai 1942 ou 1943.
- Déposition de M. Georges Rul.

Elle est inconnue aux Archives Centrales de la Direction des Renseignements Généraux.
Elle est inconnue aux Archives de la Police Judiciaire.
Son nom n’est pas noté aux Sommiers Judiciaires

 

Anonyme - 29/6/1946


Zaepffel, née Lefeuvre Geneviève, Marie, Joséphine, le 5 mars 1892 à Paimpont (Ille et Vilaine), a épousée Zaepffel René, né le 27 septembre 1891 à Paris (17ème).

Depuis plusieurs années, elle est domiciliée 17 rue Legendre (17ème) dans un appartement au loyer annuel de 10.000 francs, régulièrement acquitté. Actuellement, elle réside le plus souvent dans son manoir de Paimpont.

Mme Zaepffel a fondé en 1927, le « Centre Spiritualiste de Paris », qui avait son siège 16, avenue de Wagram (17ème) et dont les réunions avaient lieu salle Mustel, même adresse. En outre, Mme Zaepffel a donné durant l’occupation, plusieurs conférences à la salle Pleyel, 252 rue du Faubourg Saint-Honoré (8ème), au cours desquelles elle a prédit la victoire de l’Allemagne.

Déjà partisan d’un rapprochement franco-allemand avant 1939, le « Centre Spiritualiste de Paris » est devenu par la suite, sous l’impulsion de sa directrice, un groupement nettement collaborationniste.

Mme Zaepffel était membre du « Cercle Européen » (1) depuis 1942 (carte d’adhérent n°685) et ne cachait pas ses sympathies pour le régime nazi. Profitant de l’ascendant qu’elle prenait sur ses fidèles assistants de ses séances de spiritisme, elle leur faisait propager les plus invraisemblables fausses nouvelles, dans le but évident de jeter le trouble dans les esprits.

Mme Zaepffel a été arrêtée le 22 aout 1944 par les Forces Françaises de l’Intérieur et a été conduite au camp d’internement de Drancy, puis à celui de Noisy le Sec le 5 janvier 1945.  Par la suite elle a été incarcérée à la prison de Fresnes sous mandat de dépôt de M. Angeras, juge d’instruction. Elle a été libérée le 3 novembre de la même année.

Mme Zaepffel est connue aux archives de la Direction des Renseignements Généraux et des Jeux (Dossier A.C. 15.169), comme directrice fondatrice du Centre Spiritualiste de Paris, professeur de Sciences occultes, et pour avoir donné, pendant l’occupation, des conférences sur des sujets relatifs à la collaboration française avec l’Allemagne.

Aux archives de la Police Judiciaire, elle a un dossier n° E 335.248, relatif à son arrestation et à son internement à Drancy.

Elle est notée comme suit aux Sommiers Judiciaires :

  • 2 mois – 1.000 francs sursis – Tribunal Militaire Rennes – 19 janvier 1940. Propos de nature à exercer une influence fâcheuse sur le moral des armées.

 

Conférence de Geneviève Zaepffel à la salle Pleyel à Paris
19 janvier 1948


La prophétesse Geneviève Zaepffel annonce de prochains et terribles cataclysmes ! - Mais elle proclame : « ne vous tourmentez pas". Par Alexandre Lenotre.

Elle est petite, avec des cheveux flous en auréole et une cape blanche de druidesse. Seule, au milieu de la scène, elle pourrait être écrasée par les dimensions de la grande salle Pleyel. Elle ne l’est pas. Elle se recueille. Elle attend ses visions et ses voix. Elle va parler...

Etrange personnage que cette Geneviève Zaepffel. Avant la guerre, elle anonçait qu’elle voyait « la croix gammée sur nos trois couleurs ». Pendant l’occupation, elle prédisait « une Allemagne coupée en quatre ». A la fin de l’occupation, elle annonçait à ses disciples (Ne fonda t’elle pas le centre spiritualiste de Paris ?) : « vous allez me perdre un certain temps, mais je reviendrai ». Et à la libération, Geneviève Zaepffel passa près de un an en prison et gouta du camp de concentration. La voici pourtant revenue et reprenant sa « mission », c'est-à-dire ses prophéties publiques, à des dates qui, parait-il, lui sont indiquées en songe. Que va-t-elle nous dire cette fois ? Elle va parler, elle parle, la voix est très émue, les images et les métaphores se mélangent, de soudains silences s’étalent, tandis qu’elle croise ses mains et semble souffrir de ce qu’elle voit... Ecoutons !

France NE BOUGE PLUS !

« Ne vous interrogez pas sur la date d’un prochain conflit ; mais retenez ce mois de juillet - Je ne vois rien, mais j’entends des choses véritablement étranges - Non, ce n’est pas aussi grave que je le pensais - La Suisse est pour demain le meilleur rempart - Ne pensez à rien - Je vois 5 hommes dont 2 seront chefs dans moins de deux mois. Ils sont dans l’erreur la plus absolue. Sur les cinq, trois vont mourir - Une fois encore tous les soldats partent mais ça ne sert à rien - Ne vous frappez pas : les évènements tragiques dureront à peu près 4 mois - Je vois un tableau de la terre. Le cadre s’efface. Au milieu le visage d’un officier mort. Autour de ce visage, une inscription lumineuse : « France, ne bouge pas !... » La Russie se métamorphose. Les soldats reviennent déjà. La France semble calme. Tout ce que les hommes prévoient est une erreur - Tout sera si rapide, si foudroyant, que rien de ce qu’on prépare ne servira - Retenez bien cette vision : une maison flotte dans l’air. De cette maison émane une fumée. Tous ceux qui sont dans le rayonnement de cette fumée tombent et meurent - L’Amérique flotte sur un océan de feuilles - Si, avant cinq mois, les nations n’ont pas réalisées un entente définitive, toutes y perdront sauf la France. Aucun chef, quelque soit la nation, ne survivra au trouble qu’ils vont engendrer… Que les évènements sont rapides ! Ce n’est pas la guerre. C’est un anéantissement, une asphyxie, la terre qui s’ouvre - Coulée d’or d’un genre nouveau. Avant deux ans il fera très bon vivre. L’argent aura une autre forme et une valeur réelle - Les musulmans vont nous surprendre. Mais ne vous tourmentez pas. Et retenez pour la France ce prénom qui s’inscrit devant moi en lettres d’Or : « Louis ».


Prophéties individuelles

Et la prophétesse se retire, tandis que les spectateurs se regardent. Les uns sont atterés, les autres sourient. Ceux-ci estiment que jamais prophéties ne furent aussi claires. Ceux là proclament qu’on n’y comprend rien. Une dame sourde, qui n’a presque rien entendu, s’en va tout à fait rassurée sur l’avenir. Quant aux fidèles, ils assiègent la table ou Geneviève Zaepffel, revenue à la vie réelle et au monde positif, signe son dernier livre avec des prophéties individuelles pour chacun.

« Bah ! S’écrie un philosophe, elle nous a dit, bien sûr, des choses qui ne sont pas très drôles. Mais il est toujours loisible de ne pas y croire...

 

Direction des Renseignements Généraux
28 janvier 1948


Vu les instructions de M. le Commissaire Divisionnaire Marc Berge et le dossier joint, mandons et entendons Mme Geneviève Zaepffel qui sur interpellations successives, nous fait la déclaration suivante :

Je me nomme Zaepffel, née Lefeuvre Geneviève, Marie, Joséphine, le 5 mars 1892, de Jean-Marie et de Anne Marie Levêque.

Mariée le 15 octobre 1922 à Paimpont avec Zaepffel René, je n’ai pas d’enfant. Mon mari est comandant de réserve et Chevalier de la Légion d’Honneur.

Elevée à Paimpont, je n’ai pour ainsi dire pas fait d’études, mais je sais lire et écrire. Je tiens à préciser que mon savoir est d’ordre psychique.

Aussitôt après mon mariage, je suis venue à Paris ou j’ai habité depuis au 54 puis au 17 rue Legendre, ou je suis encore actuellement.

Depuis 20 ans, je parle en public. J’ai écrit 9 ouvrages et fait maintes conférences, traitant de spiritualisme et de prophéties.

Par ailleurs, j’ai créé en 1928 le Centre de Spiritualisme de Paris, 16 avenue Wagram ou sans interruption, jusqu’à maintenant, j’ai poursuivi ma mission. Mais j’affirme n’avoir jamais eu aucun contact ni aucun appui de personnalités politiques ou autres.

Je n’ai non plus eu aucun rapport avec les services de renseignements ou de propagande français ou étranger.

S.I. (sur interrogation) : Il est exact que pendant l’occupation, j’ai continué à faire des conférences pour prêcher. J’ai également édité un opuscule intitulé « Prophéties 1941-1946 ». Pour les conférences que j’ai tenues à la salle Mustel, j’ai demandé à la presse de les diffuser ou plus précisément de les annoncer mais seul M. Nunau Varilla(3) a accepté une fois de le faire.

J’estime que dans les comptes rendus dont vous me donnez connaissance, mes paroles ont été mal interprétées et ma pensée déformée. Il est exact que j’ai fait des prophéties qui peuvent paraitre maintenant contradictoires ; ceci provient du fait que j’ai eu le tort de donner des dates alors que mes prédictions devaient s’étendre sur au moins dix années.

En ce qui concerne les allusions à la victoire ou à la défaite de l’Allemagne, il y a également un simple décalage de date.

Au sujet de mon voyage à Vichy pour voir le Maréchal, en février 1941, j’ai obtenu l’ausweiss nécessaire par M. de Brinon. Je n’ai aucun souvenir d’une entrevue avec le Dr Feilh et j’affirme ne m’être jamais rendue à l’ambassade d’Allemagne.

Je n’ai d’ailleurs pas pu voir le Maréchal Pétain, car dès mon arrivée à Vichy, la Police est intervenue et m’a reconduite au train.

Le but de ma visite au Maréchal était d’obtenir l’autorisation de porter des chaussettes de laine, confectionnées par mes fidèles, aux prisonniers de guerre en Allemagne.

J’affirme encore une fois, n’avoir eu aucun rapport avec un service de renseignement ou de propagande allemande.

A la libération, j’ai été arrêtée à Paris par les F.F.I. et détenue pendant 6 mois à Drancy, arrêtée de nouveau 6 à 8 mois après, j’ai été détenue, une nouvelle fois pendant 6 mois à Fresnes.

Le juge qui a instruit mon affaire est M. Lévy Valensi. Une autre information a été ouverte contre moi par le Tribunal Militaire de Rennes qui a rendu un non-lieu.

Renvoyée devant la Chambre Civique de la cours de Justice de la Seine, j’ai été frappée de 10 ans d’indignité nationale.


S.I. : La conférence que j’ai tenue le 19 janvier 1948 à la salle Pleyel a été régulièrement autorisée par la Préfecture de Police.

 

Le Commissaire Divisionnaire
A
M. le Directeur de la justice Militaire
Le 31  janvier 1948


J’ai l’honneur de vous faire connaitre ce qui suit :

Durant la période d’occupation, j’ai eu personnellement à m’occuper de l’activité de Mme Geneviève Zaepffel et de constituer un dossier sur son compte. Ce dossier avait été enterré au moment de l’invasion de la Zone Sud par les Allemands.

Cette personne prônait alors la victoire allemande et entretenait des rapports avec les services allemands, faits pour lesquels je l’ai alors signalée aux organisations de résistance avec lesquelles j’étais en rapport.

Geneviève Zaepffel ayant de nouveau attirée l’attention sur elle en tenant le 19-I-1948 une conférence ou elle a évidement fait des prophéties diamétralement opposées, j’ai procédé à son examen de situation et recueilli ses explications par procès-verbal n°11 que je vous transmet ci-joint.

Bien que Geneviève Zaepffel ait déjà été condamnée à 10 ans d’Indignité Nationale, je vous transmets néanmoins ce dossier, étant donné qu’il ressort que cette personne a travaillé pour le Service de propagande de l’ennemi.

 

A.S. de la Nommée Zaepffel.
Signalée comme suspecte
19 mars 1948


A la suite d’une information en date du 19 janvier 1948 émanant d’un nommé Pactat Pierre, demeurant 10, rue de Belfort (11ème), exploitant un cabinet de prédictions, 3 place Boulnois, ou il s’occupe de Hautes Etudes Esotériques (Alliance Spiritualiste)(2) et signalant une certaine Zapffel, qui serait susceptible d’être une espionne au service de l’Allemagne, il a été procédé à une enquête qui a donné les résultats suivants :

Zaepffel et non Zapffel, née Lefeuvre Geneviève, Marie, Joséphine, le 5 mars 1892, à Paimpont (Ille et Vilaine), de Jean, Marie et de Anne Lévêque, s’est mariée à Paimpont le 15 octobre 1922, avec René, né le 27 septembre 1891 à Paris (18ème) ; tous deux sont de nationalité française ; ils n’ont pas d’enfant.

Elle est domiciliée avec son époux 17 rue Legendre à Paris, dans un appartement au loyer annuel de 11.000 frs régulièrement acquitté ; précédemment ils ont demeuré 54 même voie. Ils résident également dans une villa située à Paimpont, qui appartient à Zaepffel Geneviève.

Zaepffel René est ingénieur.

Il a été mobilisé en 1945, pendant 6 mois, au ministère de la Guerre - Direction des Transmissions - Il est commandant de réserve et Chevalier de la Légion d’Honneur.

Il assiste son épouse au cours des conférences que celle-ci fait.

Zaepffel Geneviève a fondé, en 1928, le « Centre de Spiritualisme de Paris », dont le siège est situé 16, avenue de Wagram ; en outre elle a donné, pendant l’occupation plusieurs conférences à la salle Pleyel, 252 rue faubourg saint-Honoré au cours desquelles elle prônait la victoire allemande ; elle a édité un opuscule intitulé « prophéties 1941-1946 ». Elle avait demandé, à cette époque, à la presse de diffuser ses conférences et seul Brunau-Varilla a accepté une seule fois de le faire.

Il semble qu’elle ait été propagandiste des théories hitlérienne, ceci sous des formes déguisées. Elle était déjà partisan d’un rapprochement franco-allemand avant 1939 et, par la suite, sous son impulsion, le « Centre Spiritualiste » est devenu un groupement à tendance collaborationniste.

Au surplus, Zaepffel Geneviève était membre du Cercle Européen depuis 1942 (carte d’adhérent n°685).

En février 1941, elle a obtenu un ausweiss par De Brinon, afin d’effectuer un voyage à Vichy pour voir le Maréchal Pétain et lui demander parait il l’autorisation de porter aux prisonniers de guerre en Allemagne des chaussettes de laine confectionnées par ses fidèles ; elle n’aurait d’ailleurs pas pu voir le Chef de l’Etat car dès son arrivée à Vichy, la police est intervenue et l’aurait reconduite au train.

Le 23 février 1941, elle a tenu une réunion à Paris dans le but d’inviter les français à adhérer au « Plan de Reconstruction de l’Europe » et, à la fin de son exposé qui avait été anti britannique et germanophile, elle a déclaré qu’elle allait se rendre prochainement à Vichy pour prendre contact avec le Maréchal et « le supplier d’accentuer la collaboration avant qu’il ne soit trop tard ». Le 27 juin 1941, elle affirma la victoire de l’Allemagne sur l’Angleterre et prédit la grande révolution mondiale qui hâtera le rapprochement des peuples.

En juillet 1942, les Messageries Hachette ont mis en vente, à exemplaires restreints, un opuscule de 6 feuillets intitulé « Prophéties 1941-1946 », qui a été imprimé chez P. Boll, 13 rue des bourbonnais ; cet ouvrage qui semblait d’inspiration allemande concluant à la victoire allemande et l’instauration d’une ère de bonheur sur notre continent. Le prix de cet opuscule était de 12 francs, prix qui semble prohibitif et fraisant l’escroquerie.

En 1943, Zaepffel fréquentait assidument la princesse et le Prince Béquicheff, 47 avenue de Courcelle, ainsi que Von Begush Constantin, 36, avenue Hoche, qui appartenait à la Gestapo, avenue Foch.

Ses prophéties 1941-1946 peuvent se résumer ainsi :

- « 1941 : l’Angleterre ferait mieux de signer un accord et de rappeler Edouard (duc de Winsor) - tempête en Amérique, combats sur mer. Tragique et inattendue surprise venant de l’Amérique Latine, dont le sort sera réglé par le Japon.

- « Union de la France et de l’Allemagne »

- Nécessité pour la France de conclure un accord avec l’Allemagne avant le mois de mai (1941 ?) Changement de drapeau de la France qui portera désormais les couleurs : or, blanc, bleu. Un chef sortira d’un groupe de 20 hommes. Apparition de l’Europe Nouvelle.

- 1942 : Révolution générale dans le monde. Cataclysmes terrestres, tremblement de terre. L’Allemagne, bien que secouée organise un monde nouveau.

- 1943 : Apparition des Etats Unis d’Europe avec 3 chefs.

Le 19 janvier, l’intéressée fait un conférence à la salle Pleyel ou elle dit en substance : « ne vous interrogez pas sur la date d’un prochain conflit, mais retenez ce mois de juillet - je ne vois rien - mais j’entends des choses véritablement étranges. Je vois 5 hommes, dont deux seront chefs dans moins de deux mois - Ils sont dans l’erreur la plus absolue. Sur les cinq, trois vont mourir. Une fois encore, tous les soldats partent mais cela ne sert à rien - Les évènements tragiques dureront à peu prêt quatre mois.

 

A.C. 15.169


Mme Zaepffel est née Lefeuvre Geneviève Marie Joséphine le 5 mars 1892 à Paimpont (Ille et Vilaine) – mariée – sans enfant.
Domiciliée 17 rue Legendre à Paris (17ème) et par intermittence dans une villa lui appartenant, située à Paimpont (Ille et Vilaine).
Spirite bien connue – fondatrice en 1928 du centre de spiritisme de Paris – siège 16, avenue de Wagram (17ème)
Connue :

- A organisé, à la salle Pleyel, une réunion le 16 avril 1951, à laquelle assistait 1.200 personnes environ.
- Pour son activité collaborationniste durant l’occupation.
- Son mari, René Zaepffel, commandant de réserve, Légion d’honneur, Croix de Guerre, l’assite pendant ses séances de spiritisme.

 

 


(1) Emanation du Cercle français de collaboration économique, fondé en octobre 1941, pour promouvoir l'entente franco-allemande. Classé « Ultra collaborationniste » « Association pronazie française ».
(2) Mouvement d’inspiration théosophique. Les théosophes avaient été poursuivis au même titre que les franc-maçons durant la guerre et leurs réunions interdites dès 1940.
(3) Directeur du journal « Le Matin », M. Maurice Bunau Varilla avait choisit les voies de la collaboration dès 1940. « Le Matin » sera interdit à la libération.

 



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