OCTONOVO : Vous êtes
le maire du village d'origine de la famille SAUNIÈRE.
Quel souvenir a laissé cette famille dans votre village
.
M. FROMILHAGUE : On ne
reparle de cette famille que depuis 30 ans. Les deux
frères étaient intelligents et entreprenants, mais depuis
1900, plus personne ne parlait d'eux.
89 : Le père a été un
notable.
AFR : C'était il y a
longtemps, et là encore c'était oublié depuis longtemps.
C'étaient des bourgeois, probablement parce qu'ils avaient
un niveau d'instruction supérieur à la moyenne de l'époque.
89 : Bérenger SAUNIERE
a donc laissé assez peu de souvenirs dans son village
natal.
AFR : Tout a fait. Les
gens le connaissaient, lui et ses constructions mais
après sa mort, personne ne parlait plus de cette histoire.
On savait qu'il avait travaillé avec M. BOT, qu'il avait
dépensé une fortune mais avant le tapage autour de cette
histoire de trésor, cela avait été largement oublié.
89 : Vous avez des informations
sur M. BOT.
AFR : Ce que sait tout
le monde. Il a fait des travaux pour l'abbé, Gérard
de Sède en parle.
89 : Alfred SAUNIERE,
le frère de l'abbé de Rennes-le-Château était curé lui-aussi.
Il a eu une existence assez curieuse...
AFR : Il était prédicateur
à Narbonne.
89 : Il est revenu à
Montazels en 1904, où il a eu une existence qui a marqué.
AFR : Il a fait un peu
la java. Il invitait des gens et tous aimaient bien
boire. Cela a débouché sur quelques scandales. La coutume
voulait que chacun fasse son vin chez soi, et ceci fait,
tous faisaient la tournée des maisons du village pour
déterminer qui faisait le meilleur. Les gens du village
se souviennent qu'un jour, fin saoul, il s'était mis
sur la terrasse et pissait dans la rue en dessous. Il
y a d'autres histoires, mais je ne sais pas s'il serait
correct d'en parler ici.
89 : On raconte aussi
que fin saoul, un jour il est rentré dans l'église pendant
la messe pour insulter le curé durant son prêche.
AFR: Je n'en ai jamais
entendu parler. Cela m'étonne que personne ne s'en souvienne.
89 : Il avait de l'argent
lui aussi?
AFR : Je ne sais pas.
A Narbonne, il bénéficiait de beaucoup d'intention de
messes, dont il redonnait une partie à son frère Bérenger.
C'est lui qui avait organisé ce système, et lui avait
donné toute son efficacité. A Carcassonne, il sortait
dans de bons restaurants et il vivait bien.
89 : J'ai cherché la
tombe d'Alfred SAUNIERE dans le cimetière, je ne l'ai
pas trouvée, où se trouve t'elle?
AFR : Le cimetière a
été déplacé dans les années 1980. Il faut dire que le
terrain était en pente, les tombes sans dessus dessous,
et l'ensemble très abîmé. L'ancienne municipalité a
décidé son déplacement. Seule la grande croix a été
remise dans le nouveau cimetière. Les restes qui ont
pu être récupérés ont été mis dans l'ossuaire.
89 : La maison des SAUNIERE
porte au fronton la date de 1880. C'est eux qui l'ont
fait construire?.
AFR : Non, la date marque
une restauration. La maison est plus ancienne que cela
et était déjà celle des SAUNIERE bien avant 1880. C'est
d'ailleurs ma maison natale, et j'y ai vécu plus de
30 ans. Ma mère a tenu l'épicerie qui se trouvait à
l'époque au rez-de-chaussée. Mais durant ces 30 ans,
nous n'y avons trouvé aucun parchemin ni aucune pièce
d'or, je peux vous le garantir.
89 : Les SAUNIERE ont
beaucoup construit à Rennes-le-Château. Et à Montazels?
AFR : Rien de remarquable.
89 : La commune de Rennes-le-Château
a été parfois durement affectée par cette affaire, à
cause des fouilles, forages etc.... Vous avez subi des
nuisances à Montazels?
AFR : Aucune. Par contre
cela amène des touristes qui se comportent très bien
et gentiment. Rien de commun avec ce qui se passe là
haut.
89 : J'ai deux questions
que je pose traditionnellement. La première est: pour
vous, le trésor de Rennes-le-Château c'est quoi?
AFR : Des parchemins
trouvés dans l'église.
89 : La question que
vous auriez aimé que je vous pose?
AFR : Pourquoi l'abbé
est-il allé à Paris?
89 : A votre avis?
AFR : Justement, c'est
une question à laquelle j'aimerais bien voir apporter
une réponse précise et véritable.
Avec tous mes remerciements.
OCTONOVO 2001
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