Vous trouverez ci après la reproduction
de trois documents antérieurs à l'arrivée de Béranger SAUNIERE
témoignant de l'état de l'église du village de Rennes-le-Château.
Rapport d'architecte-1845
Rapport de l'architecte de la ville de Limoux
sur l'état de l'église de Rennes.
Nous, architecte de la
ville de Limoux soussigné, déclarant avoir procédé le 6 du
mois courant à la vérification de l'église de la commune de
Rennes, sur l'invitation à nous faite le 23 du mois dernier
par M. le Maire et plusieurs membres du conseil municipal
de la dite commune et avoir reconnu qu'aucune partie de l'édifice
ne menace ruine comme paraissait le craindre l'autorité locale
de la commune.
Nous pensons que la réparation
de la toiture qui est dans un état complet de délabrement
suffira pour garantir l'intérieur de l'église des gouttières
qui se sont formées par le laps de temps à travers la voûte
qui recouvre la nef et le choeur de l'église.
Notre opinion sur la solidité
de l'édifice est basée sur l'état des murs qui sur aucun point
n'ont perdu leur aplomb et sur l'état de la voûte ou l'on
ne remarque nulle part aucun mouvement.
Nous pensons encore que
pour la conservation de la tour carrée servant de clocher,
il est urgent d'en réparer la toiture et de le crépir sur
les quatre faces extérieures avec du bon mortier.
Au moyen des réparations
que nous venons d'indiquer et avec les réparations d'entretien
nécessaires nous sommes d'avis que le bâtiment servant d'église
aura une durée pour le moins aussi longue que celle qu'il
a eue jusqu'à ce jour. Nous devons dire cependant, que toutes
ces réparations ne sauraient jamais modifier l'intérieur de
l'édifice dont la forme est disgracieuse et irrégulière surtout
quant à la voûte.
Fait à Limoux le 25 Mars
1845.
Rapport d'architecte-1853
Rapport sur l'état actuel de l'église
de Rennes.
Nous,
Guiraud CALS, inspecteur des édifices diocésains à
Carcassonne, déclarons nous être rendu sur les lieux pour
y examiner et vérifier le susdit édifice sur l'invitation
à nous faite le 21 Octobre dernier par Monsieur le Préfet
du Département de l'Aude.
L'église de Rennes ne
se trouve point dans un état de dépérissement tel qu'il nous
a été signalé. Cet édifice présente, il est vrai une physionomie
dangereuse mais le danger n'est que superficiel, nous ne devons
pas par conséquent nous en préoccuper.
La voûte est irrégulière
sur tous les sens, c'est à dire qu'elle présente des grands
affaissements tant sur la coupe longitudinale que sur sa coupe
transversale. Nous nous sommes scrupuleusement assuré de cet
état de choses, et, nous avons reconnu que toutes ces sinuosités
proviennent des tâtonnements qui accusent une grave ignorance
de procédés de l'art de bâtir à cette époque. Cette construction
est fort ancienne, nous pensons qu'elle remonte au VIII ou
IX siècle. La pratique et l'intelligence manquaient aux ouvriers
de cette époque, et principalement à ceux des villages reculés
comme celui de Rennes. Aussi nous sommes nous portés à croire
que toutes ces irrégularités proviennent de la mauvaise conjection
des cintres. La preuve en est évidente, puisque le mur du
Nord a gardé son aplomb primitif et qu'on ne remarque aucune
lézarde sur toute la surface.
Le mur du midi est en
surplomb de huit centimètres et quoiqu'on y remarque deux
énormes contreforts postérieurs à la construction de l'église,
nous croyons que ce mur a été construit tel qu'il est aujourd'hui
puisque on ne voit aucune dislocation ni sur la voûte, ni
sur le mur. Nous trouvons donc que cet édifice ne présente
pas des dangers sérieux pour la sécurité publique.
Nous reconnaissons que
l'église est trop petite pour une population de 500 âmes que
contient la commune de Rennes. Quant à l'agrandissement, la
disposition de l'église ne nous permet point d'ouvrir des
baies pour y pratiquer ni chapelles ni bas cotés, le seul
moyen d'agrandissement serait la construction de la tribune
projetée, mais nous ne l'approuvons pas. L'église de Rennes
présente non seulement des affaissements à la voûte mais encore
une disposition d'un plan tout à fait irrégulier et bizarre.
La tribune, les plâtrages et les crépissages qu'on se propose
d'y faire ne modifieront jamais la physionomie irrégulière
que présente l'intérieur, à ce point de vue seulement nous
serions d'avis d'annuler toute sorte de projet d'agrandissement
et d'embellissement et d'attendre que la commune eût assez
de fonds pour parer à la construction d'une nouvelle église
dont les dépenses pourraient s'élever à la somme de 4500 francs
environs.
Dressé par l'inspecteur
diocésain soussigné à Carcassonne le 9 Novembre 1853.
Evêché-1883
Nous, évêque de Carcassonne,
Vu en date du 1er
Avril 1883, une délibération du conseil de fabrique de l'église
de Rennes-le-Château, qui constate le mauvais état du clocher
de l'église paroissiale, et qui, en l'absence de toute ressource
pour le réparer, conclut à recourir au conseil général, de
concert avec les membres du conseil municipal;
Vu en date du 11 Février
1883, une délibération du conseil municipal de la dite commune,
qui reconnaît non seulement l'urgence de la réparation du
clocher lézardé sur les 4 faces mais encore celle que nécessitent
les toitures du presbytère et de l'église;
Vu que dans la délibération
précitée du 11 Février 1883, le conseil municipal a approuvé
à l'unanimité chaque article de ce devis et la proposition
de M. le Maire de recourir au conseil général afin d'en obtenir
un secours qui permit de d'exécuter ces différentes réparations
et que serait de 697 francs, la commune s'étant en 1882, imposée
une somme de 250 francs pour le même objet et ne pouvant aller
au delà;
Constatant l'accord existant
entre les deux conseils de la commune et de la paroisse pour
appliquer un prompt remède au mal qu'ils signalent;
Considérant que la situation
exceptionnelle de cette localité assise sur un plateau élevé
et aride la réduit à une pauvreté inévitable;
Considérant qu'une contribution
de 250 francs a déjà été votée par le conseil municipal pour
commencer ces réparations urgentes;
Sommes d'avis que le conseil
général de l'Aude accueille favorablement la demande à lui
adressée par les représentants légaux de Rennes-le-Château.
Fait à Carcassonne, le
17 Août 1883.
Pour Monseigneur, l'Évêque
absent, Le Vicaire Général. |