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Rennes le château, une affaire paradoxale

 
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Octonovo




Dernière mise à jour
le 30 janvier 2010



Bibliothèque
 

La Vraie
 Langue Celtique
et Le Cromleck de Rennes-les-Bains


Table des matières Avant propos Observations préliminaires
Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3
Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6
Chapitre 7 Chapitre 8 Carte

CHAPITRE VIII.

LES HABITATIONS CELTIQUES LA ROUTE POUR

LES CHARIOTS.

   

Dans la station balnéaire de Rennes, la source thermale, dont les celtes ont le plus fait usage, est celle de la Reine ou de Rennes. En suivant la chaîne des traditions sur l'efficacité des eaux des Redones, les Romains ont estimé qu'ils devaient bâtir leurs thermes à cette source, et alors, des constructions somptueuses, dont il reste encore des vestiges, s'élevèrent dans la vallée de la Sals.

    Bien avant la possession du pays par les Romains, les habitations gauloises n'étaient point, comme aujourd'hui, groupées tout près des sources thermales ; elles étaient bâties sur la pente du terrain nommé les Artigues, hearth (harth), foyer, to eke (ike), perfectionner .

    Le terme de tribé, tribe (traïbe), tribu, peuplade  ; désignant un terrain situé au sud de Montferrand, témoigne bien que le gros de la population habitait le vallon dans lequel coule le ruisseau de la Coume. Le ruisseau d'Alby, hall, habitation, by (baï) à côté , qui se déverse dans celui de la Coume, traversait le village gaulois. Les Celtes profitaient de la déclivité des pentes pour construire en partie dans le sol leurs maisons, auxquelles ils donnaient la forme ronde. Elles étaient, disent les auteurs, fort spacieuses, bâties en bois et en terre, couvertes de chaume ou de paille hachée et pétrie dans l'argile.

    Il est bien possible que les maisons les plus pauvres fussent ainsi couvertes, mais il nous est difficile de croire que les Gaulois ne connussent point l'usage des tuiles, dont ils nous ont laissé le nom dans rajole, rash, éruption, et en dialecte languedocien, écoulement, hole, petit logement , qui désigne aujourd'hui la brique.

    Tout près des Artigues et au dessus du Bugat, une partie du terrain porte le nom de scarrajols, square (skouère), carré, rash, écoulement, hall (haûll), maison . C'est bien là, la tuile carrée à crochets, qui se trouve en quantité considérable, sur plusieurs points, dans le cromleck de Rennes-les-Bains. La tuile à canal se voit aussi au milieu des débris de tuiles à crochets. Sans doute, le Scarajols ne nous indique point l'époque plus ou moins éloignée où l'on fabriquait ces tuiles, mais pourquoi voudrait-on refuser obstinément aux Celtes le degré le plus infime de civilisation et leur attribuer, sans raison et sans motif, une ignorance que leur langage contredit constamment ? Les Numides, au rapport de Salluste, ne couvraient-ils pas leurs mapalia de tuiles à canal ? Il importe peu, d'ailleurs, que le scarrajols fut une tuilerie, ou bien une maison couverte de tuiles, il suffit de constater que les Gaulois pouvaient se servir indifféremment de chaume ou de tuiles pour l'écoulement des eaux pluviales sur le toit de leurs demeures.

    On arrivait au village gaulois par la route tracée au pied de la montage de Cardou et qui s'élève en pente douce jusqu'en face de la station thermale d'où elle va aboutir au centre des Artigues. Ce chemin possédait une largeur déterminée, comme nous l'apprend le nom du Col de Bazel, et les chariots pouvaient ainsi arriver jusque dans l'intérieur du village.

    Des constructions faites de bois et d'argile n'étaient point, à coup sûr, fort coûteuses ; aussi elles existaient nombreuses dans la contée. Au milieu de la pente Est de la montagne qui regarde Rennes-les-Bains, et sur un point assez rapproché du hameau du cercle, on distingue une grande roche, taillée profondément de manière à former trois des côtés d'une maison carrée. Le terrain dans lequel cette roche est comprise, porte le nom de Gléizole, clay (clé), argile, to ease (ize), délivrer, hall (hâull), maison . Cette maison, affranchie de l'argile ordinairement employée dans la construction des habitations gauloises, accuse par sa forme carrée l'époque gallo-romaine.

    Au nord-ouest de la Borde-Neuve, entre Foucilhe, la colline embarrassée, fus (feuss), embarras, hill, colline , et le Roucats, la partie du terrain appelé Siala, to see (si), voir, hall, maison , possédait sans doute, comme l'indique son nom, quelques demeures celtiques. Le mot artigue, affecté aux maisons des Celtes, existe encore dans le dialecte languedocien, et lorsqu'un cultivateur défriche une partie d'un bois, on dit qu'il fait un artigot, quoiqu'il ait aujourd'hui l'intention d'y établir un champ, plutôt que d'y construire une maison.

    Au pied du village celtique des Artigues, et près du ruisseau de la Coume, on aperçoit un emplacement circulaire appelé la Salasse, sale, marché, axe, hache . C'était le marché, la place publique ou se faisaient les échanges ordinaires, les ventes et les achats du commerce intérieur.

    Le Roucats, (to ronghcast), ébaucher , que nous avons cité en parlant du Siala, s'étend jusqu'à la rive droite de la Sals, est rempli de ménirs ébauchés, de tables de pierre superposées les unes aux autres, et fait partie du cercle intérieur renfermé dans le cromleck des Redones. Sur les bords de la Sals et dans le Roucats, on distingue une partie du chemin celtique qui conduisait à Bugarach. On peut aisément mesurer la largeur de ce chemin par les ménirs qui le bordent encore. Au point précis où le chemin, longeant la rivière, pénètre dans le bois du Roucats, on remarque sur deux roches, placées à droite et à gauche de la route gauloise, plusieurs petites croix grecques, couvertes de mousse, et qui font connaître, à n'en point douter, l'importance des nombreux ménirs disséminés sur les flancs de la colline.

II

NOURRITURE DES CELTES. BOISSONS GAULOISES

    Les Gaulois, au rapport de certains historiens, se nourrissaient des fruits de la chasse et de la pêche, auxquels ils ajoutaient les glands du chêne et probablement aussi les faînes du hêtre : ils ne cultivèrent le blé, que lorsque les Phéniciens l'eurent importé dans l'Occident.

    Il serait, croyons-nous, impossible de prouver de pareilles allégations. Les Celtes venaient de l'Asie-Mineure, où le blé, n'était, certes, point inconnu : leurs communications avec l'Orient étaient continuelles par le flot des nouvelles peuplades se dirigeant sans cesse vers le soleil couchant : le Neimheid, ce corps savant qui gouvernait la marche de la migration Celtique, était, en entier, composé de Druides, ce que César n'infirme pas lorsqu'il écrit : " On pense que l'institution druidique trouvée en l'île de Bretagne a été de là transportée dans la Gaule. " (1) Est-il admissible que l'intègre Neimheid, le distributeur du blé, l'aliment essentiel, ait eu la hardiesse de donner aux ménirs, dolmens et cromlecks leurs noms particuliers et distinctifs, pendant que les Gaulois avaient seulement des glands et des faînes pour remplacer le blé et le pain ? Les glands du chêne et les faînes du hêtre ont bien pu servir, autrefois comme de nos jours, de nourriture aux porcs, et il n'y a pas lieu de s'étonner de ce fait ; mais assurer, gratuitement et sans preuves, que ces fruits des forêts sont entrés dans l'alimentation ordinaire des Celtes, c'est méconnaître entièrement les véritables conditions de la vie matérielle de nos aïeux.

    On peut affirmer avec certitude qu'ils cultivaient le blé, puisque cet aliment était l'objet d'une distribution impartiale et la kaïrolo key (ki) clef, ear (ir), épi de blé. hole, creux, petite maison , le grenier et peut-être le silo ou souterrain renfermant la précieuse céréale, existait toujours auprès des centres d'habitations celtiques. Il n'y a guère, en effet, de village qui ne possède un terrain de ce nom : la kaïrolo des Redones était située au sud de Montferrand tout près du chemin conduisant au ruisseau de la Coume et aux Artigues. La production du blé étant même fort abondante dans certaines régions privilégiées, on avait recours à des mains étrangères à ces contrées, afin de moissonner avec plus de célérité. Les Redones n'hésitaient point à louer ainsi leurs bras pour les travaux importants de la moisson, et le nom de Montferrand atteste leurs périodiques voyages à cet effet to mow (), moissonner, to own (ôn), prétendre à, to fare (fère), voyager, hand, main .

    Les troupeaux de bêtes à laine étaient fort nombreux dans le village des Redones. La Campbelle = to camp, séjourner, bell, clochette =, la Berke = to bay (), bêler, aboyer, to heark (herk), prêter l'oreille =, le Grauzilhou = to graze (grèze) brouter l'herbe, mener paître, hill, colline =, dénotent assez la présence des troupeaux dans la campagne. A défaut de ces preuves écrites sur le sol lui-même, il reste encore dans l'idiome du Languedoc, une expression affirmant la possession de bêtes à laine chez les Gaulois. La chair de la brebis était même leur nourriture la plus ordinaire, car la chasse et la pêche ne pouvaient suffire à alimenter une population nombreuse. La brebis, en dialecte languedocien, est désignée par l'expression fedo, to feed (fid) nourrir  : cette nourriture était convenable, et ils la qualifiaient sans doute de gros morceau, puisque le terme chick, marquant la petite dimension d'un morceau dans le même dialecte, correspond en langue celtique à chick (tckick) poulet, maigre portion, en effet, pour l'appétit de ces hommes à taille gigantesque.

    La mythologie grecque avait remarqué dans Hercule, personnification du peuple Celte, une certaine voracité et l'avait surnommé mangeur de boeufs. Elle raconte que les Argonautes faisant voile vers la Colchide pour conquérir la toison d'or, avaient pris tout d'abord Hercule avec eux ; mais lorsqu'ils furent témoins de son robuste appétit, ils le forcèrent à quitter le navire, redoutant de le voir dévorer, à lui seul, toutes leurs provisions. Elle rapporte encore que le héros mangea, dans un seul repas, un boeuf enlevé à un laboureur. Quelle piteuse mine eût donc fait Hercule en face de misérables glands de chêne pour apaiser sa faim !

    La nourriture des Gaulois n'était pas plus à dédaigner que leur boisson, et les Allobroges nous disent leur délicatesse sur ce dernier point. Au reste, dans tout le pays celtique, la fabrication des boissons particulières à la contrée, est gravée dans le nom de diverses cités. Le cidre de Normandie ne date point d'hier, et Rotomage (Rouen) en fait foi to rot, se gâter, to owe (ô), devoir, to mash (mache), écraser, mêler, Rotowemash – ; la cité de Vindomage, chez les Volkes Arécomiques, n'ignorait point la manière de faire le vin, wine (ouaïne), vin, to do (dou), faire to mash, écraser , et les mouvements bizarres des fouleurs de raisins sont fort exactement reproduits dans Sostomage (2), petite ville peu éloignée de Toulouse, to soss, se dandiner, to do (dou), agir, faire une action, to mash (mache), fouler, écraser .

    Les Gaulois du Languedoc avaient même poussé l'art de faire le vin à un degré remarquable, puisqu'on trouvait des fouleurs de raisins réunis en corporation, tout près de Carcassonne, dans une localité dont les habitants exercent encore de nos jours la même profession. Ce village est appelé par ses propres habitants Bilomacho, to will, désirer, vouloir, to mash (mache), écraser, mêler , et il est connu en français sous le nom de Villemoustaussou, simple traduction en langue romane du celtique Willmash.

III

LA GHASSE AU SANGLIER

    La chasse était pour les celtes une distraction en rapport avec leur activité corporelle, plutôt qu'une occupation nécessaire pour subvenir d'une manière absolue à leur subsistance. Les Gaulois se servaient dans leurs chasses d'excellents chiens courants, indispensables pour suivre et harceler les fauves de leurs forêts. La Coume das hounshound (haound) chien de chasse, chien courant, et la fontaine das houns, garants de cette assertion, sont situées au nord de l'Haum moor, fort près des deux roulers du cromleck de Rennes-les-Bains. Les habitants du pays, quelque peu celtibériens, n'avaient point perdu l'habitude de la chasse à l'ours, comme l'indique le clot das hourcés, fort rapproché de la Borde-Neuve, et appelé aujourd'hui la Loubatière. Cependant, cette bête sauvage devenue assez rare, ne faisait point l'objet de la chasse favorite des celtes. Les préférences gauloises étaient réservées au sanglier, très répandu dans tout le pays celtique et dont la chasse présentait de sérieux dangers.

    Le sanglier, inoffensif lorsqu'on ne l'attaque point, devient redoutable dès qu'il reconnaît l'agresseur, et se retourne contre lui avec furie. Le sentiment de sa force le rend confiant, et il fait face hardiment au péril. Il prend la fuite cependant lorsqu'il sent l'impossibilité d'une résistance victorieuse, réservant sa vengeance pour le moment où, serré de près par une meute vigoureuse, il lui tient tête, perce ses rangs pour se précipiter vers le chasseur et le frapper de son terrible boutoir. Malgré le nombre des chasseurs, et les meutes aguerries employées à la chasse de cet animal, les accidents ont toujours été fréquents. L'arme celtique de la chasse au sanglier était l'épieu, et cette arme, assez courte, mettant le chasseur face à face avec la bête fauve, devait l'exposer à toute sa rage.

    " Jacques du Fouilloux, qui écrivait au seizième siècle et qui était un brave chasseur, ne paraît pas trop rassuré quand il traite des sangliers. Il assure en avoir chassé un qui à lui seul massacra, en quelques instants, quarante chiens sur cinquante. En somme, il ne conseille pas de faire courir à une bonne meute de " telles sortes de bestes ; car, dit-il, si les autres espèces esgratignent ou mordent, il y a toujours moyen de remédier à leur morsure ; mais au sanglier, s'il blesse un chien de la dent au coffre du corps, il n'en cuidera jamais eschapper. " Et néanmoins il ajoute plus loin : " Si une meute de chiens est une fois dressée pour le sanglier, ils ne veulent plus courir les bestes légères, parce qu'ils ont accoustumé de chasser de près, et avoir grand sentiment de leur beste. " (3).

    La prédilection des Gaulois pour la chasse au sanglier était connue des anciens Grecs, et, suivant leur habitude de personnifier les qualités de la nation gauloise dans Hercule, ils ont inscrit, parmi les douze travaux de ce héros, son combat contre le sanglier d'Erymante. Ce que rapporte la mythologie grecque au sujet d'Hercule est trop instructif pour n'en pas citer quelques traits. On y peut remarquer la terreur indicible que la nation celtique inspirait à la Grèce.

    " Eurysthée, roi de Mycènes, jaloux de la réputation d'Hercule, le persécuta sans relâche, et eut soin de lui donner assez d'occupation hors de ses états pour lui ôter le moyen de troubler son gouvernement. Il exerça son grand courage dans des entreprises également délicates et dangereuses : c'est ce qu'on appelle les travaux d'Hercule. On dit qu'Hercule devint si redoutable à Eurysthée, que, malgré l'empire qu'il avait sue ce héros, il n'osait paraître devant lui, et qu'il avait préparé un tonneau d'airain pour s'y aller cacher en cas de besoin. Il ne faisait point entrer Hercule dans la ville : les monstres qu'il apportait étaient laissés hors des murs, et Eurysthée lui envoyait ses ordres par un héraut. " (4).

    Erymanthe, montagne d'Arcadie, était l'asile d'un sanglier dont la fureur remplissait d'effroi la contrée entière. Eurysthée demande à Hercule de délivrer le pays de cet hôte redouté. Hercule poursuit le sanglier, le prend vivant, et le charge sur ses épaules pour le porter à Eurysthée. Celui-ci est saisi d'une telle frayeur, qu'il va se cacher sous sa fameuse cuve d'airain.

    L'histoire du sanglier d'Erymanthe est la peinture fabuleuse des chasses au sanglier si chères aux Gaulois.

    Le Neimheid n'a pas laissé dans l'ombre le souvenir de ces chasses dangereuses, et dans toutes les montagnes couvertes de bois profonds, pouvant servir de retraite sûre aux sangliers, on trouvera des terrains appelés pijole ou pijoulet, pig, porc, to jole, heurter avec la tête . Le Pijole de Rennes-les-Bains a sa place au Serbaïrou, au sud des deux roulers ou roches tremblantes.

    Malgré la vigueur des Gaulois, la lassitude et l'abattement envahissaient leurs membres robustes, surtout lorsque les accidents multipliés du sol, dans un pays montagneux, ajoutaient leurs difficultés aux fatigues d'une chasse pénible par elle-même.

    De retour au foyer domestique, ils prenaient un repos tout à fait indispensable sur un tas de feuilles desséchées qui leur servait de lit. D'après les assertions ordinaires des historiens, ce tas de feuilles sèches aurait été la seule couchette des Celtes. Nous n'osons pas croire toutefois que les Gaulois aient poussé jusque là leur indifférence pour la santé et la vigueur du corps. Nous connaissons dans le canton de Limoux, une montagne cultivée en partie, et traversée par un chemin conduisant du village de Saint-André à Chalabre, montagne décorée du nom de Mataline, to mat, couvrir de nattes, hall, salle, to inn, loger dans une auberge . Le sol de l'appartement où les voyageurs s'installaient pour prendre du repos dans l'hôtellerie de la Mataline, était donc couvert de nattes. Peut-on imaginer que ce fut là un fait isolé et particulier à une maison bâtie sur une montagne, dans un pays d'ailleurs fort pauvre et peu fréquenté des voyageurs ? C'est plutôt l'indication exacte de l'usage des nattes et des paillassons pour le repos de la nuit dans les demeures de nos ancêtres, les bancs et les sièges adossés aux murailles servant seulement pour les repas.

    Les Celtes, doués d'une nature généreuse, n'étaient point enclins au vol et au brigandage, et ils étaient peu nombreux ceux qui se rendaient coupables de pareils méfaits. Du reste, la justice était prompte et sévère, et le Fangallots des Redones to faint (fént) disparaître, Gallows (Galleuce), potence, gibet, rappelait aux habitants de la région, que la pendaison était la juste punition des criminels.

    Les noms des divers terrains, dans le cromleck de Rennes-les-Bains, n'évoquent point le souvenir des funérailles celtiques, parce qu'elles sont déjà écrites dans le pays des Sordes, à Caucoliberis et Illiberis. Jules César en loue la magnificence extrême. La croyance inaltérée à la vérité de l'immortalité de l'âme, conduisait les Celtes à déployer une grande pompe religieuse dans les derniers devoirs rendus à leurs parents et à leurs amis. Ils ensevelissaient les morts dans des tombeaux formés de terre et de pierres, élevés en cône et connus sous le nom de barrow, barrow (barrô), tombe, tertre

IV

LES ROMAINS ET LA SOURCE THERMALE DE LA REINE.

LA CROIX DANS LE CROMLECK DES REDONES.

    On a vu par l'explication des monuments celtiques des Redones du sud de la Gaule, quelles étaient les croyances religieuses des Celtes. Lorsque les étrangers, sous le voile du commerce et de l'alliance, ont foulé le sol gaulois, ces croyances ont commencé de s'affaiblir dans l'esprit de la population. Les chefs des diverses tribus, en s'affranchissant de l'autorité suprême du Neimheid, ont avancé la décadence, et quand la nation, vaincue par César, a fait désormais partie de l'empire romain, les anciennes et pures croyances religieuses enseignées par les Druides, ont fait place au culte idolâtrique propagé par les vainqueurs. Les temples des faux dieux ont souillé ta terre celtique, et le peuple perverti s'est abaissé à adorer Teutatès, Belenus et Ogmius ou Oghan.

    Nous ne pouvons nous résoudre à étudier les noms de ces fausses divinités et les croyances idolâtriques des Gaulois dégénérés. L'abîme dans lesquels on les a entraînés est trop horrible pour qu'on puisse s'attarder à le sonder.

    A cette époque misérable qui précédait la venue nécessaire et immédiate du Sauveur attendu par les nations, la signification vraie et religieuse du cromleck disparaît de tous les souvenirs. Le pays des Redones méridionaux faisait depuis longtemps déjà partie de la Provincia, et les Romains avaient bâti un temple dans la vallée de la Sals, et des thermes à la source de la Reine. Un nouveau village fut construit sur le plateau de Villanova qui domine les thermes du côté nord-est.

    Les Romains ont laissé des traces nombreuses de leur séjour prolongé dans le cromleck, médailles et monnaies d'or, d'argent et de bronze, depuis le triumvirat d'Antoine, Octave et Lépide, jusqu'au règne de l'empereur Gratien, amphores entières, débris de statues taillées dans le marbre blanc, chapiteaux et socles de colonnes sculptés, inscriptions consulaires gravées dans la pierre.

    Les Redones du sud ont passé un temps relativement court dans les superstitions insensées du paganisme. Le proconsul Sergius Paulus, disciple de l'apôtre St-Paul était venu porter l'Evangile dans le midi de la Gaule et avait fixé son siège à Narbonne. Les missionnaires chrétiens envoyés par l'illustre et saint Evêque pour conquérir à la vérité les esprits et les coeurs des Gaulois de la Narbonnaise, comprirent, en pénétrant dans le cromleck des Redones, que les respect dont on entourait ces pierres taillées ou levées, était un respect devenu idolâtrique, et ils firent graver des croix grecques sur tous les points de ce cercle de pierres, à l'entrée du Cromleck, aux Crossés, au Roukats, au Serbaïrou, sur la crête du Pla de la Coste et de las Brugos et au Cugulhou du couchant.

    Alors, à l'arête du cap dé l'Hommé sur le haut d'un ménir, en face du temple païen, converti en église chrétienne détruite plus tard par l'incendie, fut sculptée une belle tête du Sauveur regardant la vallée, et dominant tous ces monuments celtiques qui avaient perdu leurs enseignements. La croix, victorieuse du paganisme, n'a pas discontinué de régner dans le cromleck de Rennes-les-Bains, et maintient toujours, gravés dans le coeur religieux de ses habitants, les préceptes de vie donnés au monde par l'Eternelle Vérité.

(1) De bell. Gall. lib. VI. 13.
(2) Castelnaudary, (Aude).
(3) Magasin Pittoresque Année 1834
(4) Dictionnaire de la Fable par Fr. Noël Paris, 1803.


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