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Dernière mise à jour
le 30 juin 2005


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EXCURSION AUX RUINES DU CHATEAU DU BÉZU (1)

le 10 Septembre 1926

 

 Le Syndicat d'initiative de Rennes-les-Bains organisa le 10 septembre 1926 une excursion aux ruines de l'antique château du Bézu qui dominent, à 832 mètres d'altitude vers le nord, les vallées de La Blanque, de la Salz, Rennes-les-Bains vers le sud la petite vallée qui, du village de Saint-Just et du hameau du Bézu, se dirige de la vallée de l'Aude vers Saint-Louis-de-Parahou et le Roussillon.

Sous la direction de M. Abadie, secrétaire général du Syndicat d'initiative, avec M. Baron fils, propriétaire de la campagne du Mas, comme guide, nous affrontons, vers 6 heures du matin, l'ascension du rocher qui supporte les ruines du château du moyen-age. En moins d'une heure, contournant vers l'Est l'éperon sur la partie dominante duquel était bâtie la, forteresse, nous arrivons au pied de la citadelle, et l'on distingue de là les vestiges informes des vieilles murailles qui constituaient l'enceinte et le donjon.

Les parements sont en pierre taillée. Un dernier effort permet de gravir la pente un peu rapide du pic du Bézu, et en quelques minutes on atteint sans grands efforts. la plate-forme, limitée vers le Sud par des pans de murs à appareillage réguliers de 1m. à 1m60 d'épaisseur, interrompus de distance en distance par des vestiges de tours carrées, aux angles fort artistiquement établis au moyen de moellons taillés, et dont on peut constater, par ce qu'il en reste, la forme et la solidité.

Vers le Nord, c'est une ligne naturelle de rochers qui est percée d'une ouverture artificielle.

Cette dernière fait communiquer la plate forme du château avec des ouvrages avancés, une tour carrée entre autres dont on trouve les vestiges et dont les fondations s'appuient sur la roche taillée à pic qui surplombe d'une centaine de mètres de hauteur les pente qui dévalent vers la rivière de la Blanque.

Il n'est pas sans intérêt de rappeler que, le château du Bézu fut pris en. 1210 par une armée de. Simon de, Montfort sans qu'il fût opposé à ces soldats la moindre résistance.

" Cant saubo per la. terra que Terme an forçat, Tuit li melhor castel foran dézamparat. Donc fo près Albézu que no foc asetjat. Los garnisos del comte quel castel en laichat, no cuja (n) c'a lor bida mais i vengo crozat. "

" Quand on sut par la terre que les Croisés ont pris Termes, tous les meilleurs, châteaux furent abandonnés. Alors fut pris Albézu sans être assiégé (2). Les garnisons du comte (de Toulouse) qui ont quitté, le château ne pensent pas que de leur vie les croisés y reviennent. "

Telle est la traduction que donne Meyer de ce passage de la chanson de la Croisade. Mais au lieu de Albezu- il écrit dans le texte roman AIbigès et traduit par Albi.

Mais si l'on considère que la place forte de Termes, au coeur même de la Corbière, une fois prise en 1210, les soldats de Simon de Montfort sont venus mettre le siège devant le château de Podioviridi (Puivert), comme le rapporte Pierre de Vaulx-Cernay, ces derniers ne pouvaient arriver devant ces remparts qu'en suivant deux chemins le premier, par le col du Paradis, Arques et Coustaussa dont le château fut pris sans coup férir (Pierre de Vaulx-Cernay), le second par Tuchan, la vallée du Verdouble, Cucugnan, Quéribus, Pierre Pertuse, le col du Linas, Bugarach, le Bézu (Albedunum-Albêzu) et Saint-Just il n'est donc pas téméraire de remplacer dans le texte de la chanson Albigès par Albézu. La prise d'Albi (Meyer, Fauriel) ou d'Albas (dom Vaissette) n'auraient aucun sens.- Albézu au contraire devait arrêter une armée venant de Termes et se rendant vers le Razès et Puivert.

La forteresse, une fois détruite, ne fut jamais reconstruite tandis que furent rebâties au-contraire les cinq filles de la Cité de Carcassonne : Aguilar, Quéribus, Pierrepertuse, Termes et Puylaurens.

Le Bézu, démantelé, était trop éloigné de la frontière Aragonaise et devenait inutile. Aussi s'est-il éfrité au point de ne présenter aujourd'hui que des ruines informes, et de constituer un simple souvenir d'une épisode de la guerre des Albigeois.

Le coup d'oeil panoramique est vraiment splendide du  haut du rocher du Bézu. La vue s'étend. vers le Sud-Ouest du col de Coudoms jusqu au Saint-Barthélémy et Monsségur. Il embrassera la plaine de Nébias et le château de Puivert.

Vers le -Nord, la montagne Noire s'estompe au loin; vers l'Est se dresse le géant des Corbières: le pic de Bugarach (1. 231m); la route de Rennes-les-Bains à Tuchan déroule son ruban sur les pentes verdoyantes du col de Linas à travers lequel s'étend, le regard, jusqu'à la plate forme rocheuse qui supporte à 797 m. d'altitude le donjon de Saint-Jordy, citadelle de la forteresse de Pierrepertuse; plus près et tout autour, sur des mamelons que la distance efface, l'on aperçoit toute cette partie de l'ancien Razès avec les villages de Rennes-le-Château (Reddae, sa capitale) Antugnac, la Serpent, Rennes-les-Bains, Montferrand, le village de Bugarach et tout au fond de la vallé, coule la Blanque qui va grossir, avant d'arriver aux Bains, la si intéressante rivière de la Salz. Vers le midi et Paralèllement rochers du Bézu s'étend cette crête de rochers et ces pentes boisées qui délimitent la petite vallée où l'on reconnaît, quand on la parcourt, une voie romaine qui, sur certains points, a encore conservé son dallage antique.

Un esprit averti peut, du haut de la plate forme de la citadelle (832,m.), constater; que le rocher du Bézu et son château sont en communication visuelle très apparente avec les fortersses de Pierrepertuse (797 m.) et de Puivert (583m) dont le rôle fut très important au moyen âge et même jusqu'à la Révolution.

Vers l'ouest, on reconnaît, à l'il nu, les fortifications de l'ancien Podio-viridi, et vers l'Est, on distingue le donjon de Pierrepertuse. Le Bézu servait donc de trait d'union entre ces deux forteresses, et des signaux pouvaient être échangés entre les trois places fortes. La distance entre le Bézu et Pierrepertuse d'un côté, le Bézu et Puivert, de l'autre n'est guère supérieure à 15 ou 20 kilomètres à vol d'oiseau. Si, d'un autre côté, on considère que- Pierrepertuse pouvait avoir des signaux avec Perpignan par Quéribus et Tantavel, que le Bézu est visible vers l'Ouest, de ,Puivert et de Montségur, on-se rend compte que toutes ces forteresses; tenue et défendues par des vassaux du roi d'Aragon, avaient le pouvoir d'échanger des. signaux aériens.

Nous effectuâmes notre, retour vers le Mas par les Tipliès dont nous avons vainement cherché les restes des tourelles mentionnées par Fédié dans son "histoire du Comté du Razès."

M. Abadie nous signale à quelques centaines de mètres, sur le trajet de la voie romaine, le hameau de. la Jacotte, au milieu duquel gisent les ruines d'une ancienne auberge, où racontent les, gens du pays, on détroussait les voyageurs soupçonnés de porter sur eux des sommes importantes. La voie romaine, par Saint-Just, le Bézu, la Jacotte, était le chemin le plus fréquenté du Roussillon à la. Vallée de l'Aude, depuis les temps les plus reculés.

Le petit village du Bézu et sa modeste église romane se trouvent sur le trajet.

Au col du Bézu on redescend la pente vers le Mas par les métairies des Gabignaud et des Baruteau.

La matinée nous suffit pour effectuer cette ascension du Bézu et cette- randonnée que nous -signalons à tous les visiteurs de Rennes, comme une. des excursions les plus, intéressantes au double-point de vue touristique et archéologique.

Docteur COURRENT Président de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude.

(1)  Gavoy. Excursion. Bulletin Soc. Et. Sc. de l'Aude, 1907.

J. Guiraud. Cartulaire I, Introd. CCLIX.

L. Delisle. enquêtes. Recueil des hist. XXIV. 580C, 587C.

 (2) "Quo facto, statim nunciatur comiti quod castrum quoddam; nomine Albedunum, in diocesi Narbonensi, ab ejus domino -recessisset; quo dum pergeret comes, dominus castri venit obviam ei et se et castrum ejus tradidit voluntati." (Petri Vallium Sarnan Monachi Hystoria Albigensis). (Publié par Pascal Guebin 'et Ernest Lyon.  Tome 1er page 285).

 



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